La prison, un don et des travaux pour un trafiquant de cocaïne

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Natale Tursi vendait de la cocaïne à partir de sa résidence de la rue Dumoulin, à Granby.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) C'est pour payer sa propre consommation que Natale Tursi vendait de la cocaïne à partir de sa résidence de la rue Dumoulin, à Granby. L'endroit abritait aussi une garderie en milieu familial opérée par sa conjointe.

L'homme de 57 ans au lourd passé criminel est aussi père d'une jeune fille, s'occupe de son père malade et souffre d'un cancer du côlon. Et il possède en plus sa propre entreprise de navette entre la ville du zoo et l'aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, à Montréal.

Pour ces raisons, le tribunal a accepté mardi la suggestion de la défense, représentée par Me Franco Schiro, de condamner M. Tursi à 90 jours de prison à purger de façon discontinue, soit deux jours par semaine. Il devra aussi faire 240 heures de travaux communautaires, verser 1500 $ à un organisme de charité et rester sous probation pendant trois ans. De son côté, la Couronne demandait neuf mois de prison.

Acquis

« Ceux qui choisissent de s'enrichir avec le trafic de drogue doivent s'attendre à être jugés sévèrement », a d'abord déclaré le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec. Mais une longue peine de prison « lui ferait perdre son gagne-pain et l'empêcherait de prendre soin de sa fille et de son père » tout en lui faisant « perdre ses acquis », a-t-il ajouté.

Le rapport avant-sentence démontre que M. Tursi a fait plusieurs démarches, dont une thérapie, pour se libérer de sa toxicomanie. « Il a appris à chercher de l'aide plutôt qu'à intérioriser ses problèmes et à chercher à s'évader avec la drogue », a dit le juge Champoux. 

« Il exprime beaucoup de remords et est conscient du péril qu'il a fait courir à sa famille en vendant de cette drogue dure », une substance « extrêmement nocive qui fait des ravages ».

L'essentiel

Si la liste des antécédents criminels de M. Tursi est longue - menaces, vol, méfaits, complot, recel, introduction par effraction, voies de fait armées, bris de condition, conduite dangereuse, possession d'outils de cambriolage, possession de cocaïne et contrebande de tabac -, le juge a reconnu que « l'essentiel des infractions » remontait aux années 1980 et 1990, alors qu'il habitait Montréal, et que « pratiquement toute sa criminalité est issue de sa toxicomanie ».

Il consommait plusieurs drogues à l'époque et avait récidivé au moment de son arrestation à Granby, en janvier 2014, parce qu'il était « déprimé et épuisé », notamment à la suite du décès de sa mère. Ce jour-là, les policiers avaient saisi, dans le bureau de M. Tursi, 62 g de cocaïne placée dans différents sachets, du matériel informatique et de pesée, un téléphone cellulaire ainsi qu'une liasse d'argent comptant. Selon le tribunal, l'accusé agissait à l'insu de sa conjointe, dont la garderie baptisée Les amis de Mickey Mouse est aujourd'hui fermée.

Le fruit de la saisie sera détruit, hormis l'argent comptant qui fait toujours l'objet d'un différend entre les parties. Me Schiro soutient qu'il s'agissait d'un montant que son client avait retiré pour des vacances et que, par conséquent, il doit lui être remis. Ce à quoi Me Élise Côté-Lebrun, du ministère public, s'est objectée. Cette question sera débattue en septembre.




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