Le projet du Cercle des Cantons suscite la controverse

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De nombreux résidents du Cercle des Cantons se disent inquiets de la poursuite des travaux des nouvelles phases du vaste projet domiciliaire, notamment en ce qui concerne le déboisement.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le projet domiciliaire du Cercle des Cantons a monopolisé la majeure partie de la période de questions de la séance du conseil de Bromont, lundi. L'initiative en développement, pilotée par le Groupe Lobato, a soulevé grogne et vives inquiétudes de la part de nombreux résidents du secteur.

« On ne peut pas laisser un promoteur improviser en déboisant à droite et à gauche sans penser aux conséquences. On a acheté des propriétés ici à cause de l'environnement. Et là, on se pose de sérieuses questions à propos de ce qui s'en vient », a indiqué en entrevue Jean Crépeau, président du conseil d'administration de la phase I du Cercle des Cantons.

Près d'une quinzaine de propriétaires de résidences du projet domiciliaire, sis entre le chemin de Gaspé et les pentes de Bromont, montagne d'expériences, assistaient à la séance du conseil, lundi. Une dizaine d'entre eux ont tour à tour évoqué, tantôt leur ras-le-bol, tantôt leurs inquiétudes concernant la poursuite des travaux sur le vaste site. 

Suzanne Perreault a été la première à prendre la parole devant les membres du conseil. « La déclaration de copropriété divise relative au projet Cercle des Cantons [...] garantit que le promoteur déploiera ses meilleurs efforts pour conserver le boisé le plus près possible des bâtiments. Ce qui est loin d'être le cas depuis la construction des phases III et IV par le groupe Louis Lefebvre inc., repris par la suite par le Groupe Lobato », a-t-elle lu en substance après avoir déposé officiellement une copie du document étoffé. 

« J'estime que la planification et la réalisation de ces dernières phases ont été une grave erreur dans le contexte initial du projet. L'implantation du projet a nécessité par dynamitage le nivellement presque complet de la zone incluant l'abattage de la majorité des arbres [...] des places de stationnement dont plusieurs à usage privé ne laissant que peu de place pour le reboisement en ne conservant que quelques surfaces de gazon tel qu'on le retrouve dans les rues banlieusardes, ce qui est très loin du paysage qui précédait. »

Selon Mme Perreault, le promoteur aurait « refusé systématiquement de communiquer ses intentions » aux résidents du secteur en ce qui concerne la phase V du projet domiciliaire. La Bromontoise a finalement dû faire une demande d'accès à l'information auprès de la Ville pour obtenir le plan présenté par le Groupe Lobato. 

Or, les élus ont rejeté, lors de la séance du conseil du 5 juin, la demande de modification du projet déposé par le promoteur. « Selon un des critères du PIIA (NDLR : programme d'implantation et d'intégration architecturale), les bâtiments devraient être implantés en respectant les constructions voisines tout en favorisant un dégagement à son pourtour pour le maintien du couvert boisé. [...] L'implantation devrait être réfléchie en fonction de la protection des paysages, du maintien de la topographie naturelle et de la qualité de l'environnement (conservation du couvert boisé). Ces critères ne sont pas atteints et la construction de 13 résidences multifamiliales de 4 logements nécessite davantage de déboisement que le projet initialement prévu dans ce secteur. L'architecture des bâtiments devrait être revue pour être mieux adaptée aux pentes naturelles du terrain. »

Rencontre

De nombreux résidents du Cercle des Cantons ont évoqué la nécessité de tenir une rencontre avec la Ville et le promoteur pour remettre les pendules à l'heure. « Ça va prendre beaucoup plus de transparence de la part du Groupe Lobato. Quand on regarde ce qu'ils ont fait jusqu'ici, on a raison de craindre pour la sauvegarde des forêts autour de nos propriétés. Il faudra que la Ville surveille de près les travaux qui seront effectués par le promoteur au cours des mois à venir », a mentionné à La Voix de l'Est Mme Perreault. 

La conseillère municipale Diane Perron, membre du comité consultatif d'urbanisme, a tenu à se faire rassurante à ce sujet. « Le promoteur ne peut plus déboiser plus que ça [zone restante], a-t-elle indiqué. On lui a demandé de faire ses devoirs sur l'architecture, sur l'implantation des bâtiments pour respecter la topographie des terrains. Tant que ce ne sera pas fait, aucun projet ne sera accepté. »

Son collègue Louis Villeneuve, représentant du district lac Bromont où se trouve le projet domiciliaire, a pour sa part voulu remettre les choses en perspective. « Dans le dossier, la seule chose qu'on peut faire, c'est regarder en avant. On a rencontré M. Lobato aujourd'hui (lundi). Les questions ont été directes de la part des membres du conseil. Vous pouvez être assurés que notre intention est de faire en sorte que les choses se fassent comme il faut. Et autant que faire se peut, en vous impliquant dans le processus. »

La mairesse Pauline Quinlan a abondé dans le même sens en ce qui concerne une éventuelle rencontre des trois parties concernées.

Le promoteur se dit ouvert à discuter

Appelé à commenter l'évolution du dossier du Cercle des Cantons, le promoteur José Lobato estime faire preuve d'une « grande ouverture », tant auprès de la Ville que des propriétaires d'habitations dans les phases existantes.

« Si des résidants [du Cercle des Cantons] bloquent le projet, ils se nuiront à eux-mêmes. Il faut travailler ensemble pour regarder quelles sont leurs inquiétudes et voir comment on peut avancer. [...] Depuis le jour un, j'ai toujours été ouvert à rencontrer tous les gens concernés par le projet », a fait valoir en entrevue le promoteur.

Plusieurs propriétaires d'habitations du vaste projet ont soutenu, lors de la séance du conseil de Bromont, lundi, que l'homme d'affaires faisait la sourde oreille à leurs doléances. Ce qu'a réfuté M. Lobato, affirmant qu'aucun résident des premières phases du projet domiciliaire ne lui avait mentionné ses inquiétudes à propos des travaux à venir ou en cours, ni même à un des membres de son équipe.

Le promoteur a par ailleurs concédé que les futures phases du Cercle des Cantons ne sont pas du tout calquées sur les précédentes, principalement pour des raisons de viabilité financière du projet. Il mise donc davantage sur l'étalement d'unités que sur leur regroupement. 

« La grosse densité comme ils ont dans le PIIA, je ne préconise pas ça, a-t-il dit. Ça ne fonctionne pas au Québec. Ça fait trois promoteurs qui s'essaient avec le Cercle des Cantons. Moi, je vais le réaliser. Je préconise de petits bâtiments avec plus d'aires d'agrément pour conserver le pourcentage de foresterie que [la Ville et les citoyens] veulent garder. »

Or, la plus récente mouture du projet déposée à la Ville a été rejetée en juin dernier, car elle ne respecte pas les critères de la municipalité en plusieurs points, notamment en ce qui a trait à l'abattage d'arbres. M. Lobato dit avoir corrigé le tir. «

 Ce qu'on a fait dans notre présentation, c'est calculer les mètres carrés protégés par la Ville aujourd'hui. On est à 30 % de non-déboisement. Exactement ce que les propriétaires avaient lorsqu'ils ont acheté [des unités] dans les premières phases. »




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