À la chasse aux diamants

Le pilote granbyen Guy Berlinguette et le président... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

Agrandir

Le pilote granbyen Guy Berlinguette et le président de l'entreprise A@Z Aviation- Alain Guillemette. On voit ici les deux complices devant un Piper Navajo- bimoteur ayant servi à la recherche de gisements de diamants dans le Grand Nord.

Alain Dion, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Faire des affaires en or avec des diamants. C'est ce qu'espèrent le pilote Guy Berlinguette et le président de A@Z Aviation Alain Guillemette, partenaires dans la recherche de gisements de pierres précieuses dans le Grand Nord canadien. Tout cela à des milliers de kilomètres de l'aéroport Roland-Désourdy de Bromont, auquel le duo est affilié.

Guy Berlinguette a quadrillé durant 62 jours un vaste... (fournie par Guy Berlinguette) - image 1.0

Agrandir

Guy Berlinguette a quadrillé durant 62 jours un vaste territoire en périphérie de Yellowknife.

fournie par Guy Berlinguette

Filant à plus de 300 km/h et à très basse altitude aux commandes d'un Piper Navajo bimoteur, Guy Berlinguette et son copilote n'ont pas droit à l'erreur. Une fausse manoeuvre avec l'aéronef équipé d'appareils de géophysique de grande valeur et c'est la catastrophe. La toundra recouverte d'un tapis blanc et aux reliefs ac­cidentés est impitoyable. « Ça prend des nerfs solides pour voler dans le Grand Nord. Les dangers sont bien présents. Il y a des hélicoptères, des vents "rabattants", parfois des [bancs d']oiseaux. Ça te prend toujours un plan B pour parer à toute éventualité », raconte Guy Berlinguette­, soulignant du même souffle que la sécurité figure en haut de la liste des priorités.

« Il y a aussi le "white out" qui rend le pilotage plus difficile, reprend-il. Là-bas, il n'y a pas d'horizon. Seulement une grande étendue blanche, sans arbres, qui se fond avec le ciel. C'est le genre de mission qui te tient sur le qui-vive. Qui te donne de l'adrénaline, un ingrédient indispensable­ en aviation. »

Le pilote granbyen chevronné a quitté Bromont pour un premier périple de 62 jours ce printemps afin d'arpenter un vaste territoire dans le secteur de Yellowknife. C'est sans hésiter qu'il a accepté de s'envoler pour entamer cette « chasse aux diamants ».

« L'aviation, c'est comme une drogue. Une fois que tu as la piqûre, tu restes accroché pour la vie, confie celui qui cumule plus de 4000 heures de vol. Après avoir fait de "l'exécutif", des vols nolisés, c'est une facette du métier que je n'avais pas touché. Alors, je me suis dit que tant qu'à prendre un contrat dans le secteur minier, aussi bien viser les diamants ! D'ailleurs, avant que je parte, ma femme m'a demandé de lui en ramener », lance-t-il en riant. 

Le repérage de cette pierre précieuse incrustée dans le sous-sol de la Terre nécessite des équipements à la fine pointe de la technologie et d'une précision chirurgicale. « À 1000 mètres d'altitude, les ap­pareils de géophysique [à ondes magnétiques] ont une précision de 8 mm », mentionne M. Berlinguette.

Le vétéran pilote aurait-il permis de débusquer le prochain Klondike­ lors de sa première expédition ? « On a bel et bien localisé des gisements potentiels de diamants, lance-t-il, sourire en coin. Je ne peux pas me prononcer quant à la quantité, mais à voir la réaction de l'équipe de prospection, ça semblait­ plutôt prometteur. »

L'union fait la force

Se lancer dans un tel périple de prospection ne se fait pas seul. Les avions que pilote M. Berlinguette appartiennent notamment à Eon Geosciences, une compagnie spécialisée dans les études géophysiques à partir des airs. C'est cette entreprise qui a reçu le contrat gouvernemental de recherche de diamants dans les intérêts du lobby minier. Elle a alors approché A@Z Aviation, implantée à l'aéroport de Bromont, puisque c'est là que sont entretenus ses aéronefs.

Le chef de l'entreprise, Alain Guillemette­, possède également un avion ayant servi à la mission en périphérie de la capitale des Territoires­ du Nord-Ouest. Ce bimoteur est opéré par Géosphair­, une compagnie localisée à Bromont­, qui épaule les équipes relevant les phénomènes physiques naturels du sous-sol terrestre.

« Le récent contrat dans le Grand Nord est un bel exemple de partenariat gagnant pour tout le monde, fait valoir M. Guillemette. Et ça a des retombées concrètes ici. Ça bouge à l'aéroport de Bromont. Ce sont nos équipes qui préparent les avions et qui sont ensuite sur le terrain pendant­ et après les vols. »

Marché cyclique

Le marché des pierres précieuses fluctue au gré des soubresauts économiques. Les missions de prospection de gisements suivent la même tangente. Bien qu'elle ne soit pas fulgurante, la demande de diamants est actuellement dans une courbe ascendante, indique Khaled Moussaoui­, à la tête de Eon Géosciences­. Importante dans le secteur minier canadien, l'entreprise gravit les échelons, se positionnant au troisième rang mondial des producteurs du plus dur des minéraux naturels.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer