Une intersection jugée dangereuse à Stanbridge East

Sylvain Dussault, Nancy St-Onge et Jean Leboeuf exigent... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Sylvain Dussault, Nancy St-Onge et Jean Leboeuf exigent que le MTQ abaisse de 90 à 50 km/h la vitesse maximale sur la route 202 à Stanbridge East.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Stanbridge East) Nancy St-Onge ne peut chasser de son esprit l'horrible nuit qu'elle a passée samedi dernier. Elle entend encore les cris et les pleurs des enfants recueillis sur son perron, revoit encore les visages ébranlés de leurs parents. « Ça t'arrache le coeur de voir ça », dit-elle.

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Après l'impact, la camionnette dans laquelle prenait place la petite famille s'est retrouvée devant la maison de Mme St-Onge.

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Quelques minutes plus tôt, la camionnette dans laquelle la petite famille prenait place s'est retrouvée sur le terrain de Mme St-Onge et de son conjoint à Stanbridge East. Le véhicule venait d'emboutir violemment une automobile qui traversait la route 202 en direction du petit village. Aucun blessé grave, seulement des chocs nerveux. La jeune femme parle d'un miracle. Il s'agit d'un avertissement, croit-elle. « Ça va se produire encore », prédit-elle.

Depuis près de 15 ans maintenant, des citoyens de Stanbridge East réclament que le ministère des Transports réduise de 90 à 50 km/h la vitesse sur la route 202 dans le secteur où la route 237 la croise. Le feu clignotant jaune ne fait pas le travail, selon eux. « C'est une limite de 90 km/h, mais presque personne ne respecte ça. Les gens roulent plus vite. Il faut que le MTQ fasse quelque chose », soutient Jean Leboeuf, qui habite de l'autre côté de la route 202.

Membre retraité des Forces canadiennes, M. Leboeuf est intervenu plusieurs fois en cours de missions pour secourir des personnes blessées. Près de la porte de son garage, il a déposé ses bottes de sécurité, un dossard de sécurité et une puissante lampe de poche. Lors d'un accident, le temps compte, dit-il pour expliquer toute cette organisation. « On entend souvent les véhicules freiner, les bruits des pneus qui glissent. On attend l'impact. Des fois, il n'y a rien. D'autres fois, on sait que c'est grave. »

Les problèmes à l'intersection des routes 202 et 237 sont multiples, souligne M. Leboeuf. Du côté est de la route 202, une courbe se trouve à environ 150 mètres. La végétation dense de ce côté obstrue aussi la vision des conducteurs arrêtés au panneau d'arrêt du côté nord de la route 237. Il est difficile, en s'arrêtant aux lignes d'arrêt des deux côtés de la route 237, de voir les véhicules qui s'amènent des deux côtés de la route 202.

Le MTQ songerait à modifier la configuration de l'intersection, a appris La Voix de l'Est. M. Leboeuf rejette cette solution. « Pourquoi dépenser des milliers de dollars alors que réduire la vitesse à 50 km/h ferait le travail ? En roulant moins vite, ça laisse le temps aux conducteurs de bien réagir. Ce n'est pas sorcier. »

Prisé des touristes

La route 237 fait le lien avec le village, indique Mme St-Onge. Considérant que le secteur est de plus en plus prisé des touristes, que cette artère se trouve sur la Route des vins et qu'elle est très fréquentée par des cyclistes, il y a lieu d'améliorer la sécurité à l'intersection, selon elle. Seule une réduction de la limite de vitesse permise permettra d'atteindre cet objectif, croit-elle.

L'intersection a été le théâtre de maints accidents au fil des ans, a dit Mme St-Onge, qui habite à Stanbridge East depuis cinq ans. L'an dernier, elle a installé une caméra au deuxième étage de sa maison. On y voit très bien l'intersection. Elle a filmé plusieurs séquences au cours desquelles des collisions sont évitées de justesse (voir vidéo). « C'est incroyable qu'on n'ait pas plus d'accidents. C'est vraiment une intersection dangereuse. »

Le 27 juin 2016, un accident en tout point semblable à celui de samedi a coûté la vie à une femme de 76 ans, rappelle Mme St-Onge.

Le problème de cette intersection est bien connu du MTQ, affirme M. Leboeuf. « Comment se fait-il que rien n'ait encore été fait ? C'est clair qu'on ne prend pas ça au sérieux. »

Le MTQ met la patience des citoyens à rude épreuve, avertit M. Leboeuf. « Je me demande comment réagiraient les gens du MTQ en entendant des cris et des pleurs d'enfants. Ça ne semble pas les intéresser de faire de cette intersection une priorité. »

Malgré la violence de la collision, le conducteur... (fournie) - image 3.0

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Malgré la violence de la collision, le conducteur du VUS s'en est sorti sans blessures­.

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Longue démarche au Ministère

La direction de l'Estrie du ministère des Transports a installé une caméra en juillet 2016 pour évaluer la vitesse des véhicules arrivant de l'est sur la route 202 à Stanbridge East, ainsi que le comportement des conducteurs. Bien que l'organisme affirmait à l'époque que les résultats des relevés de vitesse allaient être communiqués à la municipalité, le rapport n'a toujours pas été complété. 

L'analyse des données est terminée, explique Numba Danielle, porte-parole du MTQ en Estrie. Toutefois, les conclusions n'ont pas encore été faites, a-t-elle expliqué jeudi. « On nourrit une réflexion à savoir quelles mesures pourraient être mises en place pour avoir une meilleure sécurité à cette intersection. »

Sans dire que l'intersection est dangereuse, Mme Danielle a reconnu qu'elle « était une source de préoccupation », pour le MTQ.

Le rapport final devrait être déposé aux autorités municipales « dans les prochaines semaines », a dit Mme Danielle.

Le dossier interpelle également la MRC Brome-Missisquoi. Au terme d'une intervention remarquée mardi de M. Leboeuf lors du conseil des maires, quelques-uns ont encouragé les citoyens à maintenir la pression sur le MTQ. « Il y a certainement une problématique de sécurité avec cette intersection », soutient Francis Dorion, directeur général adjoint de la MRC.

M. Dorion dit emprunter souvent la route 202 à Stanbridge East. Il a maintes fois constaté les problèmes soulevés par les citoyens. « On appuie la municipalité dans ce dossier. On appuie aussi les citoyens et on constate qu'ils ont de la misère à avoir l'écoute du Ministère. On est là pour les aider à faire bouger les choses. »

Une rencontre est prévue entre des responsables du MTQ et des dirigeants de la municipalité dans les prochaines semaines, a-t-il dit. « On nous a dit au MTQ qu'ils prennent acte de la demande de la municipalité et des citoyens. On a l'intention aussi d'être là pour les aider à faire le tour de la question. »




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