Deux ans de prison pour une ex-éducatrice en garderie

Véronique Lalonde, 29 ans, a calmement pris le... (archives La Voix de l'Est)

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Véronique Lalonde, 29 ans, a calmement pris le chemin de la détention après que le juge Serge Champoux ait rendu sa sentence.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le tribunal a rendu sa sentence, mardi, contre une ex-éducatrice en garderie de Sainte-Cécile-de-Milton reconnue coupable d'avoir secoué un bébé.

Reconnaissant que sa décision découle d'un « exercice difficile », le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a condamné Véronique Lalonde à deux ans de prison pour son geste commis en avril 2012. La femme de 29 ans a calmement pris le chemin de la détention.

Comme elle conteste son verdict de culpabilité pour voies de fait graves, elle pourrait être remise en liberté en attendant que la Cour d'appel se prononce sur son dossier.

Le juge a souligné que le crime était « un des plus graves du Code criminel », d'autant plus qu'il s'agit de mauvais traitements à l'égard d'un enfant d'un an et que l'accusée était en position d'autorité. 

« Il m'apparaît qu'un étranger a une culpabilité morale plus grande qu'un parent », a ajouté le juge. Mme Lalonde avait choisi de prendre garde de l'enfant « volontairement et pour des raisons monétaires ».

Inanimé

Véronique Lalonde opérait une garderie en milieu familial depuis peu quand l'infraction a été commise. Selon la preuve présentée, elle aurait secoué l'enfant au point où il ne bougeait plus et ses yeux étaient révulsés. La mère du poupon a été appelée, puis les secours.

Hospitalisé à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal, l'enfant a été vu par les médecins qui ont conclu au syndrome du bébé secoué. Il se porte relativement bien aujourd'hui, hormis un léger bégaiement et un manque de motricité fine.

Ses parents ne sauront jamais si ces symptômes sont naturels ou dus au geste posé, a dit le juge Champoux. « Les blessures étaient sérieuses et ont assurément mis sa vie en danger. »

D'autre part, Véronique Lalonde « ne présente pas les traits typiques d'une criminelle », a souligné le tribunal. Elle n'a pas d'antécédent criminel, pas de dépendances, pas de mauvaises fréquentations et a toujours étudié ou travaillé. 

« Articulée, réservée et rationnelle », elle s'est recyclée en adjointe juridique. En consultant la jurisprudence fournie par les parties, le juge a conclu qu'une peine de deux ans de prison, comme le demandait la poursuite, était adéquate.

« La valeur la plus importante est celle de la santé et de la sécurité de nos enfants, qui sont l'avenir de notre société », a dit le magistrat.

Dénouement

La défense, représentée par Me Roger Paquin, suggérait plutôt une peine de 90 jours de prison à purger les week-ends, des travaux communautaires, un don et une probation de trois ans pour la jeune femme, qui est aussi mère.

Sa cliente doit de plus verser 25 000 $ aux parents de la jeune victime à la suite d'un recours civil, avait rappelé Me Paquin lors des observations sur la peine.

La mère de la victime, qui ne s'est pas adressée aux médias, est satisfaite du dénouement du dossier, a commenté Me Marie-Line Ducharme, du ministère public. « C'est ce que je demandais, ça rentre dans les barèmes de la jurisprudence », a-t-elle précisé.




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