Les chevaux de bataille de Lisée

« Il y a eu une grande amélioration de... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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« Il y a eu une grande amélioration de la situation linguistique depuis la Loi 101 pendant une dizaine d'années, puis un plateau, et ensuite un déclin », a dit Jean-François Lisée, présent au congrès des membres du PQ de l'Estrie, en vue de la campagne électorale de 2018.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Samuel Leblanc, stagiaire à la voix de l'Est.
Samuel Leblanc
La Voix de l'Est

(Bromont) Jean-François Lisée a présenté son plan d'action en vue des prochaines élections, lors du congrès des membres du Parti québécois de l'Estrie, samedi matin à Bromont. Ses priorités : rendre obligatoire une bonne connaissance du français par les nouveaux arrivants et une application massive de la Loi 101 dans les PME et les entreprises- à charte fédérale.

« On va pouvoir appliquer des mesures d'une audace... des mesures que jamais les gouvernements du Parti québécois n'ont prises depuis la Loi 101 », a déclaré le chef péquiste devant les membres estriens de son parti, dans l'hypothèse où il sera élu premier ministre. 

Il fait de la situation de la langue française le pôle principal de son plan, laissant planer la possibilité d'un référendum lors d'un deuxième­ mandat. 

« Il y a eu une grande amélioration de la situation linguistique depuis la Loi 101 pendant une dizaine d'années, puis un plateau, et ensuite un déclin », explique Lisée. Et selon lui, les démographes attribuent cette chute de la situation linguistique du français au Québec à la composition de l'immigration. « Quand les libéraux ont décidé de faire passer de 30 000 à 50 000 par année le nombre d'immigrants, et que la moitié d'entre eux ne pouvait pas commander un café en français quand ils arrivaient, c'était quasiment de faire exprès de nuire à la majorité », croit-il, accusant de fait le parti de Philippe Couillard.

Voici la nouvelle proposition du PQ : 100 % des nouveaux arrivants devront parler français avant d'immigrer en sol québécois. Les travailleurs qualifiés devront démontrer et faire reconnaître leurs compétences, avant de devoir démontrer qu'ils possèdent une connaissance intermédiaire ou avancée du français, dit Lisée. « Ça, ça veut dire écrire un mémo qui a de l'allure », précise Lisée. « Et si vous ne passez pas le test, prenez votre temps, continuez d'étudier le français et repassez le test l'an prochain ». La mesure serait valide pour les conjoints et conjointes également. 

Pour ce qui est des réfugiés, ils devraient suivre des cours intensifs avant d'entrer sur le marché du travail. « De toutes les mesures à prendre, c'est la plus importante­ », juge Lisée. 

L'unilinguisme anglophone qui progresse à Montréal est également dans la mire du chef péquiste. « Dans les cégeps et les universités, on a des étudiants brillants, qui sont excellents dans leur domaine d'étude, mais qui n'ont pas une capacité du français suffisante pour avoir une carrière au Québec », dit-il. « Leur donner un diplôme de Dawson, sans les outiller pour qu'ils puissent travailler en français, par exemple, c'est comme leur donner un diplôme et un billet d'avion pour Toronto en même temps », image-t-il. 

La proposition du PQ : ne pas donner de diplôme si l'étudiant ne démontre pas les capacités de travailler en français dans son domaine au moment de l'obtention­ du diplôme.

En outre, il souhaite faire appliquer la Loi 101 dans toutes les PME de la province, ce qui forcerait plus de 40 000 personnes à passer de l'anglais au français dans leur milieu de travail, ainsi que dans les entreprises à charte fédérale, ce qui représente, selon Lisée, entre 100 000 et 200 000 personnes.

Redéfinition du Parti québécois

L'indépendance n'étant plus au centre du débat, le Parti québécois se redéfinit. Lisée livre sa vision du parti de René Lévesque. « Nous on croit à la Nation et à l'État. On ne croit pas que l'État doit être amoindri. On pense qu'il doit être plus efficace. On veut qu'il donne des services aux enfants, aux ainés et aux patients. On veut affirmer la laïcité, et prendre des mesures d'intégration et de luttes contre le racisme. On croit au progrès de l'environnement. Nous allons tout mettre en oeuvre pour que le pipeline d'énergie Est ne voie jamais le jour. On est indépendantiste, mais il n'y aura pas de référendum dans le premier mandat. Parce qu'on veut réussir l'indépendance. On ne gagne pas la coupe Stanley en quart de finale », répond-il.

Un possible angle pour la campagne à venir pourrait également être d'associer une réalisation passée du PQ avec une proposition actuelle, dit Lisée. « Le Québec­ qu'on aime, c'est le Québec­ que le PQ a construit ». Il rappelle que son parti est la raison d'être de la CSST, de l'assurance médicament, de l'assurance auto, de la loi de protection du consommateur et du ministère­ de l'Environnement.




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