Bruit au Bistro 633: «c'est du pur harcèlement»

Le restaurateur Luc Viens compte déposer sous peu... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Le restaurateur Luc Viens compte déposer sous peu une plainte pour harcèlement par le biais de ses avocats. Celle-ci viserait le groupe de plaignants qui lui ont valu jusqu'ici une quinzaine de constats d'infraction pour nuisance.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) La saga entourant les spectacles extérieurs au Bistro- 633 se poursuit. Un groupe de citoyens résidant à proximité du restaurant du Vieux-Village continue de mettre de la pression pour que cessent les prestations musicales sur la terrasse arrière du commerce. Au grand dam du propriétaire, Luc Viens, qui cumule à nouveau les contraventions pour nuisance depuis le début de la saison chaude. Il fait aussi face à une plainte à la Régie des alcools, qui pourrait avoir d'importantes répercussions sur les activités de l'établissement.

Luc Viens a reçu 13 constats d'infraction pour bruit excessif en quatre mois en 2016, totalisant près de 6000 $. Il affirme avoir écopé de quatre nouvelles contraventions au cours des dernières semaines. Alors qu'il s'apprête à entamer une discussion avec les plaignants, de concert avec la Ville et un médiateur, le restaurateur estime que le groupe de citoyens ne démontre « aucune ouverture » dans le dossier­ en agissant de la sorte.

« Une des dernières plaintes a été enregistrée par les policiers à 6 h 30 [soir] le 7 juin. Mais mon événement "Whisky découverte" a commencé 30 minutes plus tard. On m'a collé un constat d'infraction de 442 $, soi-disant parce que les gens sur la terrasse parlaient trop fort. C'est du pur harcèlement. J'ai le droit de faire des événements à l'extérieur et il n'y a pas eu de débordements. Absolument pas », a-t-il clamé. 

Luc Viens compte d'ailleurs déposer sous peu une plainte pour harcèlement par le biais de ses avocats. Celle-ci viserait le groupe de plaignants qui lui ont valu jusqu'ici une quinzaine de constats d'infraction pour nuisance. 

Rappelons que le commerçant a ajouté en 2015 une terrasse à l'arrière de son établissement de la rue Shefford pour que des musiciens locaux s'y produisent durant la saison estivale. Il avait au préalable obtenu un permis de la Ville. Peu de temps après le lancement des spectacles extérieurs, des plaintes ont été enregistrées au service de police, principalement par les couples formés de Lise Gagné et André Côté ainsi que Florence Hupin et Christopher Heldt. 

En fait, l'article 5.01 du règlement municipal sur les nuisances stipule : « Constitue une nuisance le fait, en tout temps, par toute personne, de faire ou de causer, provoquer, permettre que soit causé, permettre que soit provoqué, incité à causer, incité à provoquer du bruit de manière à nuire au confort et au bien-être d'une ou plusieurs personnes du voisinage ou des passants. » Ainsi, pour chaque récrimination d'un Bromontois, un constat est émis par les policiers.

Impasse

Appelée à commenter l'évolution du dossier, Florence Hupin estime qu'il « tourne en rond ». « Depuis que [les prestations extérieures] ont recommencé, ça nous dérange autant, a déploré la résidente du Vieux-Village. Il y a un peu de développement avec la Ville, mais on n'est pas vraiment optimistes. [...] M. Viens dit qu'il va faire des travaux, qu'il va faire de nouveaux tests de son. Ça va prendre au moins deux mois, la saison sera terminée et on aura enduré le bruit tout l'été. »

En ce sens, pas question d'arrêter de déposer des plaintes à la police. « En ce moment, le mur n'est pas construit au bistro, mais les spectacles continuent. C'est ça que l'on trouve difficile à avaler, a-t-elle mentionné. C'est normal qu'il reçoive des tickets parce que ça brime notre quiétude. »

Selon Florence Hupin, ce dossier divise les élus municipaux. « Du côté de la Ville, on nous dit que des conseillers veulent que le nombre de décibels acceptés soit augmenté, alors que d'autres souhaitent­ le contraire. »

Par ailleurs, lors de la séance du conseil de juin, les élus ont entériné une demande du commerçant concernant la construction d'un mur comportant des panneaux acoustiques « afin de diminuer l'impact du bruit provenant de la terrasse ». 

De son côté, la mairesse de Bromont­, Pauline Quinlan, espère que la rencontre avec le médiateur, en l'occurrence un représentant de l'organisme Rues Principales, permette­ de dénouer l'impasse.

« On a une règlementation. Les spectacles au Bistro 633 peuvent continuer tant que ça respecte les normes. [...] On espère que [les deux parties] vont s'asseoir ensemble pour trouver des compromis », a-t-elle indiqué, précisant que la Ville étudie ce qui est accepté dans d'autres municipalités « en terme de décibels », possiblement pour amender son propre règlement.

La Régie des alcools, des courses et des jeux s'en mêle

Outre la kyrielle de contraventions que conteste Luc Viens, une plainte a été déposée par écrit par des citoyens auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux, de même que des rapports d'événements transmis par la police lors de l'émission de constats, a confirmé la responsable des communications de l'organisation, Me Joyce Tremblay.

« Il s'agit d'un dossier de contrôle pour la tranquillité publique », a-t-elle indiqué. Une audience des deux parties devant la Régie était prévue le 19 juillet. La date de la séance pourrait toutefois être revue, car une demande de report signifiée par le restaurateur est à l'étude. 

Selon la porte-parole de l'organisme gouvernemental, le commerçant s'expose à trois types de décisions de la part de la Régie : la non-intervention, la suspension ou la révocation du permis d'alcool. « Ce genre de dossier va par gradation. [...] Les régisseurs peuvent demander que le "système de son" soit barré ou que les caisses acoustiques soient enlevées de la terrasse, a cité en exemple Me Tremblay. Il y a plusieurs engagements que le titulaire [du permis] peut prendre pour assurer la quiétude du voisinage. »

En parallèle à cette éventuelle comparution, Luc Viens entend faire valoir ses droits par le biais de ses avocats. « Je suis de bonne foi dans tout le processus. Je tente de trouver des solutions avec des ingénieurs de son. Mais de l'autre côté, j'ai ces gens qui tentent par tous les moyens de nuire à mes affaires, et par le fait même à l'économie de Bromont. Je ne peux plus tolérer ça. Je vais déposer une plainte pour harcèlement. »




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