À Montréal, Obama assure que l'ordre international survivra

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Barack Obama a livré une allocution d'une trentaine de minutes au Palais des congrès de Montréal, mardi en début de soirée.

La Presse, André Pichette

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Stéphanie Marin, Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

Si l'ancien président américain Barack Obama a réitéré sa déception face au retrait, la semaine dernière, des États-Unis de l'accord de Paris sur les changements climatiques, il s'est voulu rassurant, soulignant que bien des avancées en environnement survivront à cette décision car les entreprises les ont déjà intégrées à leurs façons de faire.

«J'ai eu beaucoup de réconfort la semaine dernière en voyant des États américains, des villes, des universités, des entreprises qui ont fait savoir clairement qu'ils continueront à faire progresser les choses dans l'intérêt des générations futures», a-t-il lancé dans son allocution. 

Cet optimisme était à l'image de son discours livré à son public québécois mardi : un message d'espoir.

Lors de son allocution devant plus de 6000 personnes réunies au Palais des congrès de Montréal, mardi soir, M. Obama a abordé bon nombre de sujets, de l'économie aux attaques contre la démocratie en passant par les effets pervers de l'internet.

Préférant des sujets de plus longue vision que l'actualité des derniers mois, le 44e président a affirmé qu'il était «normal» et «inévitable» que certains pays - dont le sien - choisissent de s'isoler en ces moments de bouleversements, marqués par les attentats terroristes, l'économie changeante et les changements climatiques qui mènent certains à opter pour le protectionnisme et des mouvements nationalistes.

«La peur doit être remplacée par l'espoir», a-t-il déclaré.

Le 44e président des États-Unis a choisi de parler de justice économique et du besoin criant de réduire les inégalités dans la société. Elles peuvent être éliminées, selon lui, si le système s'adapte à la transition rendue nécessaire par l'évolution technologique et économique. Il a cité en exemple les professeurs, qui devraient être mieux payés, selon lui, et l'accès accru aux soins de santé.

«Le progrès doit bénéficier à tous», a-t-il martelé.

Mais ce sont les questions environnementales qui ont le plus attiré les applaudissements - et qui ont marqué beaucoup de personnes ayant assisté à son allocution.

«C'est un défi de générations. Et si nous n'agissons pas maintenant, il sera beaucoup plus difficile pour la prochaine génération de devoir faire face à une planète qui se réchauffe», a-t-il avancé.

Mais il y a de bonnes nouvelles, a-t-il ajouté.

«Tout le travail que nous avons fait est maintenant incorporé dans les décisions qui sont prises par des entreprises aux États-Unis et partout dans le monde. Alors ce n'est pas comme si Wal-Mart allait complètement changer ses façons de faire. Elles vont continuer à bâtir sur les énergies propres dans lesquelles elles ont investi parce qu'en fait, cela leur fait sauver de l'argent», a-t-il déclaré lors de la portion questions-réponses de l'événement animée par Sophie Brochu, la grande patronne de Gaz Métro.

Mais il dit vouloir que les États-Unis soient un chef de file, et non pas en marge de l'action, une allusion à mots couverts à son successeur à la Maison-Blanche, Donald Trump, dont il n'a pas prononcé le nom.

Barack Obama s'est par ailleurs dit confiant qu'il y aura une femme présidente des États-Unis, et cela, au cours de sa vie.

«Je ne sais pas qui elle sera», a-t-il soufflé, mais cela ne sera pas sa femme.

La popularité de l'ancienne première dame Michelle Obama a été à l'origine d'un mouvement qui cherche à la voir diriger le pays - mais cette dernière n'a jamais manifesté d'intérêt.

Pas plus que ses filles Malia et Sasha, a-t-il dit, mais elles ont le temps de changer d'idée.

Si la candidate démocrate défaite Hillary Clinton n'a pas réussi à briser le plafond de verre ultime de la présidence des États-Unis, ce n'est qu'une question de temps.

«Les gens ne doivent pas se sentir découragés des perspectives des femmes en se basant uniquement sur une élection», a-t-il commenté.

Accueilli comme une vedette

M. Obama avait été accueilli comme une véritable vedette au Palais des congrès de Montréal, où il prononçait un discours à l'invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

En arrivant sur scène, M. Obama a dit «merci beaucoup» et «bonsoir» à la foule en français et il a rappelé qu'il avait de forts liens avec le Canada, ayant notamment un beau-frère originaire de Burlington, en Ontario.

Il a aussi rappelé que lui et sa femme, Michelle, avaient reçu «ses amis», Justin Trudeau et Sophie Grégoire, à la Maison-Blanche l'an dernier, à l'occasion d'un dîner d'État - le premier en plus de 20 ans, a-t-il rappelé.

Plusieurs invités de marque étaient présents à l'événement. Le premier ministre Philippe Couillard était de la partie, tout comme son ministre des Finances Carlos Leitao. Étaient aussi présents la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, la Secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean, l'ancien premier ministre Jean Charest, le maire de Montréal Denis Coderre, et de nombreux représentants du Québec inc. dont Jean Coutu et Stephen Bronfman de Claridge, parmi bien d'autres.

Le premier ministre Justin Trudeau n'était pas du nombre.

Il s'agissait de la première conférence au Canada de M. Obama depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche. Sa dernière visite officielle au pays fut fin juin 2016, au Sommet des leaders nord-américains à Ottawa.




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