La gare de triage, « une plaie pour Farnham »

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Le délabrement avancé du bâtiment principal de la gare de triage de Farnham pose de sérieux problèmes de sécurité, clame Jean-Claude Gaudreau.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Farnham) La gare de triage de Farnham, qui est la cible de nombreux vandales depuis son abandon en 2015 par la Central Maine & Québec Railway (CMQ), irrite plusieurs citoyens. Jean-Claude Gaudreau est du nombre. En plus de « défigurer la Ville », le bâtiment délabré pose de sérieux problèmes de sécurité, déplore l'ex-employé du Canadien Pacifique.

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Les traces du passage de fêtards, de malfaiteurs et possiblement de «squatters» sont nombreuses à l'intérieur du bâtiment.

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Jean-Claude Gaudreau habite à quelques pas de la bâtisse en décrépitude, sise rue Victoria. Le fait que l'endroit soit orné de banderoles jaunes ou de clôtures ne freine en rien les nombreux malfaiteurs qui veulent s'y introduire. Au grand dam du voisinage.

« Jour après jour, je vois des jeunes qui entrent dans l'ancienne gare. Ils font des partys, ils brisent tout. Ce n'est pas difficile, les portes sont défoncées et les vitres sont en éclats. Considérant l'état lamentable du bâtiment, est-ce qu'on va attendre qu'un drame survienne avant d'agir ? Il suffit que quelqu'un mette le feu dans la place pour qu'on se retrouve avec tout un problème sur les bras », clame celui qui a été pompier durant près de 25 ans à Farnham. 

Jean-Claude Gaudreau demeure toutefois ambivalent au sujet d'une éventuelle démolition ou d'une remise en état du bâtiment datant du début des années 1950. « Si la bâtisse a le potentiel qu'on la rénove, qu'on le fasse. Tout dépend des coûts. Sinon, qu'on le démolisse et qu'on passe à autre chose. Le dossier a assez traîné. Qu'on agisse et vite. »

Épineux dossier

Le sort de la gare est loin d'être scellé. La CMQ avait offert de la céder à la Ville au printemps 2015. Offre qu'avait décliné la municipalité étant donné le délabrement avancé du bâtiment. La position de Farnham n'a pas changé, soutient le maire Josef Hüsler.

« On a toujours voulu s'en défaire. C'est une bâtisse complètement désuète. C'est une plaie pour Farnham, martèle-t-il. Ça coûterait plusieurs centaines de milliers de dollars pour la mettre aux normes. Ça n'a pas de bon sens. »

Mis à part l'ampleur des travaux de rénovation, le stationnement attenant à l'édifice est trop restreint pour lui insuffler une vocation publique, renchérit-il. Or, le fait que le bâtiment soit de juridiction fédérale fait en sorte que le dossier « tourne en rond », clame M. Hüsler.

« On a les mains liées dans tout ça. N'importe qui peut entrer sur le site parce que la bâtisse est complètement saccagée. C'est une belle image pour notre municipalité... Mais notre réglementation ne nous permet même pas d'agir sur les lieux. On a beau vouloir avancer, on est toujours sur le frein », image-t-il.

Seule une intervention d'Ottawa dans le dossier pourrait dénouer l'impasse, estime le maire de Farnham. 

Patrimoine

Selon le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, il est « impensable » de démolir un tel bâtiment qui, soutient-il, fait partie du patrimoine ferroviaire à l'échelle du pays.

« La gare, ni la [CMQ] ni la Ville ne veut l'avoir. Et tu ne peux pas raser un édifice classé monument historique sans avoir l'accord du Cabinet fédéral, soit l'ensemble des ministres. C'est pour ça qu'il n'y a pas grand-chose qui bouge dans le dossier. »

« J'ai dit à la Ville de trouver une vocation au bâtiment. C'est plus facile de trouver quelques dollars pour réparer [la gare] que d'avoir la permission de la jeter à terre », ajoute M. Paradis.

Une vision que ne partage pas M. Hüsler. « J'ai de gros doutes qu'un bâtiment comme ça soit classé patrimonial, dit-il. Et je ne pense pas que le fédéral serait prêt à investir autant d'argent pour une bâtisse qui tombe en ruine. »

Or, M. Paradis est d'avis qu'il incombe à la municipalité de « prendre ses responsabilités » en demandant à la CMQ de sécuriser le bâtiment.

« Je comprends le maire de Farnham, dit le politicien. Ce n'est pas une situation agréable pour les citoyens. Mais la Ville doit mettre de la pression pour que la compagnie bouge. [...] L'idée, ce n'est pas de se renvoyer la balle, mais de trouver une solution. »




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