CPE à Brigham: l'ex-maire Neil craint un gouffre financier

«J'ai travaillé pendant 10 ans avec ces gens-là... (Alain Dion)

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«J'ai travaillé pendant 10 ans avec ces gens-là quand j'étais maire. Ça me surprend tellement d'eux. Jamais je n'aurais dépensé de l'argent comme ça. Jamais. Je suis découragé», affirme Steven Neil.

Alain Dion

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Brigham) La municipalité de Brigham court un risque en finançant un Centre de la petite enfance dans son village, croit Steven Neil. L'ancien maire déplore un manque de transparence de la part du conseil. L'administration municipale assure qu'elle veille aux intérêts des citoyens.

Ce n'est pas 1 790 070 $ que coûtera la construction d'un CPE de 65 places à Brigham, mais plutôt 2 546 614 $, calcule M. Neil. Le règlement d'emprunt adopté en mars par le conseil n'inclut pas les frais d'intérêt ni d'entretien du bâtiment sur 25 ans, soutient-il. Ne pas ajouter ces montants est l'équivalent de cacher des informations cruciales aux citoyens alors qu'un registre aura lieu jeudi sur cet emprunt, dit-il. « J'ai travaillé pendant 10 ans avec ces gens-là quand j'étais maire. Ça me surprend tellement d'eux. Jamais je n'aurais dépensé de l'argent comme ça. Jamais. Je suis découragé. »

M. Neil souligne que la municipalité a déjà dépensé 98 285 $ jusqu'ici dans ce projet, dont 13 800 $ pour produire un plan d'affaires justifiant la présence d'un CPE dans le village et 68 985 $ pour les plans d'architecture du bâtiment qui serait érigé à côté de l'hôtel de ville. L'ex-maire s'est vu refuser une copie du plan d'affaires. « Je ne comprends pas. Si on est prêts à emprunter autant d'argent pour construire un CPE, qu'on nous montre le plan d'affaires qui justifie que ça va fonctionner. »

Capacité d'emprunt

Construire et gérer le CPE pendant 25 ans ne coûtera pas 1 790 070 $, reconnaît le maire Normand Delisle. Le montant ne comprend que les coûts de construction, dit-il. La municipalité agit en tant que prêteuse dans ce projet, explique-t-il. Elle se verra rembourser tout le capital, les intérêts et les frais d'entretien sur 25 ans par la direction du CPE, soutient-il. « On utilise notre capacité­ d'emprunt, c'est tout. »

Les seules dépenses à payer par la municipalité sont celles liées à l'eau potable pour alimenter le futur bâtiment, a dit M. Delisle. Un puits a été creusé et des analyses sont en cours pour vérifier la qualité de l'eau. Une décision sera prise ultérieurement pour déterminer si c'est ce puits qui sera utilisé ou celui qui alimente l'hôtel de ville. Le problème d'arsenic de ce puits devra cependant être réglé avec un système de traitement, a-t-il dit.

Les discussions entre la municipalité et la direction du Papillon bleu de Cowansville sur le montant du loyer mensuel à payer sont toujours en cours, a dit M. Delisle. Elles doivent déboucher sur la signature d'un bail liant les deux parties.

Le maire ne peut dire quand une entente sera conclue. « Ça n'avance pas très vite. Les gens du CPE doivent attendre des informations du ministère (de la Famille). C'est assez compliqué », selon ses mots. Il faut dire que la municipalité ne participe pas aux négociations à ce niveau, une situation que le maire souhaite changer. Il entend discuter du projet avec le ministre Sébastien Proulx. « Il va falloir escalader­ le côté politique », illustre-t-il.

Plan d'affaires « préliminaire »

En entrevue lundi, M. Delisle a indiqué qu'il est normal que le règlement d'emprunt soit déposé avant que le ministère de la Famille n'ait approuvé le projet. Il rappelle que le ministère des Affaires municipales doit accepter le règlement d'emprunt après que les citoyens l'aient également approuvé. « Pour arriver à sa fin, il faut commencer quelque part », résume-t-il.

Quant au plan d'affaires déposé au conseil l'automne dernier, la municipalité ne peut le rendre public puisqu'il n'est pas terminé, assure M. Delisle. « C'est un plan d'affaires préliminaire, un outil de travail pour le conseil. »

Le projet risque de se trans­former en gouffre financier pour la municipalité, craint Steven Neil. Il demande que le conseil obtienne des garanties que Québec assumera ses responsabilités en cas d'échec. « Que va-t-il se passer si le CPE ferme ? Qui va payer ? Je ne pense pas que le gouvernement va payer pour une bâtisse qui ne sert pas. La population va être prise à payer ça. »

Les citoyens peuvent signer le registre pour demander la tenue d'un référendum sur cet emprunt. Le document peut être signé jeudi à l'hôtel de ville de 9 h à 19 h. Un minimum de 219 signatures est requis pour tenir un plébiscite.




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