La prison à domicile pour un pédophile mourant

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Vu son âge et son état de santé, Rosaire Poulin a été condamné à deux ans de prison à domicile pour avoir agressé sexuellement son neveu, l'ex-hockeyeur Charles Poulin.

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Pascal Faucher
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(Granby) Même si le crime commande une peine d'incarcération, Rosaire Poulin, 82 ans, pourra passer les deux prochaines années cloîtré à son domicile, a tranché le tribunal.

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«C'était important que j'aille jusqu'au bout du processus», a dit la victime, Charles Poulin.

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Le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec, devait déterminer si l'homme reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement son neveu, l'ex-hockeyeur Charles Poulin, durant les années 1980 alors que ce dernier était mineur, devait purger sa peine dans un pénitencier.

M. Poulin, qui souffre d'une maladie dégénérative neurologique, se déplace en fauteuil roulant et requiert de l'aide pour se nourrir, se laver et se vêtir. « Son corps est devenu sa prison », a statué le juge. 

« Que l'accusé soit détenu en institution ou non, sa situation sera exactement la même. Il est soumis à des soins constants, que ce soit à l'infirmerie d'un centre pénitentiaire ou dans le centre de soins dans lequel il vit actuellement. »

Citant la Cour d'appel, le juge Vanchestein­ a souligné qu'« on pourrait se demander quelle serait la nécessité de payer pour son hospitalisation en prison ». « Vu son âge et l'absence d'antécédents, l'accusé ne représente pas un danger pour la collectivité ». M. Poulin compte aussi mettre fin à ses traitements.

Une peine de prison à domicile était la solution avancée par la défense, représentée par Me Nicolas Cossette. Du côté de la Couronne, Me Valérie Simard-Croteau préconisait plutôt une peine de détention ferme de trois ans et demi à cinq ans.

Interrogée à sa sortie de la salle d'audience, la procureure n'a pas exclu d'en appeler de la sentence. « On va analyser la décision pour voir ce qu'on fait avec ça », a dit Me Simard-Croteau.

« Il sait ce qu'il a fait »

De son côté, Charles Poulin s'est dit « un peu irrité », mais accepte la décision du tribunal. «L'important, pour moi, c'est qu'il ait été reconnu coupable », a dit l'ancien espoir du Canadien de Montréal aujourd'hui âgé de 44 ans.

« J'aurais aimé qu'il demande pardon, ce qu'il n'a pas fait. Tant pis. À l'intérieur, il sait ce qu'il a fait. »

Pendant des années, le Magogois a été « initié » à la sexualité par son oncle et parrain. Les crimes, qui se sont déroulés à Bolton, Montréal et Magog, ont commencé par des attouchements, avant de passer aux masturbations, fellations, et à la sodomie. 

Ce n'est qu'en 2012 que Charles Poulin a trouvé le courage de dénoncer son agresseur, geste qu'il n'a jamais regretté. « J'ai toujours dit aux gens de porter plainte, dit l'ex-candidat conservateur dans Brome-Missisquoi. Pour moi, ç'a été une délivrance. C'était important que j'aille jusqu'au bout du processus. Mais là, je passe le flambeau. »

Il dit avoir recommencé à jouer au hockey avec ses fils, chose qu'il n'avait pas faite depuis l'âge de 27 ans, quand la honte et la culpabilité l'ont rongé au point de le pousser vers la drogue et la sexualité malsaine. « J'ai de la misère à les suivre, mais je suis encore habile ! »




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