Test de Protégez-Vous: la miellerie Les Trois Acres se défend

« Notre miel c'est sacré, on est fiers de... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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« Notre miel c'est sacré, on est fiers de dire aux gens comment on le fait, et comment on travaille avec les abeilles », a dit Liliane Morel, de la miellerie Les Trois Acres. Sur la photo, Mme Morel et son conjoint et copropriétaire, Stephen Crawford

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Samuel Leblanc, stagiaire à la voix de l'Est.
Samuel Leblanc
La Voix de l'Est

(Dunham) Le magazine Protégez-vous dénonce, grâce à un test dont les résultats ont été publiés mardi, plusieurs miels du Québec, les qualifiant de dilués, contrefaits, ou de mauvaise qualité. Parmi la liste se retrouve le « miel d'été » de l'entreprise Les Trois Acres, établie à Dunham. Selon le magazine, il a été coupé avec d'autres sucres, ce que les propriétaires réfutent vigoureusement.

« On ne sait même pas comment ajouter du sucrose. C'est quelque chose qu'on a jamais fait », a fait valoir mardi Liliane Morel, copropriétaire des Trois Acres, en entrevue avec La Voix de l'Est

Selon Protégez-vous, leur miel aurait échoué le test de résonance magnétique nucléaire, ce qui prouverait la présence d'un sucre étranger à l'intérieur du produit. Le taux de 6,5 % de sucrose serait également hors-norme, ce qui démontrerait aussi l'ajout de sucre. Le taux maximum selon les normes du pays est fixé à 5 %.

« On prend le miel que les abeilles font. On l'extrait. On le met dans des pots », assure la copropriétaire, choquée des résultats des tests. « Nous, on vit avec la nature et dans le respect des abeilles. C'est de la magie ce qu'elles font. Et on met leur magie dans un pot. Tu ne joues pas avec la magie. Tu la laisses comme telle. »

Selon Mme Morel, l'entreprise respecte cette philosophie depuis 27 ans. Pour l'apicultrice, la dénonciation de Protégez-vous pourrait réduire à néant le long travail effectué par elle et son conjoint. 

« Voyons donc, ça fait 27 ans qu'on forme notre réputation, et là, vous nous faites quelque chose comme ça sans nous consulter ? Vous pouvez ruiner une compagnie », lance-t-elle à l'intention du magazine. Elle craint que certains clients cessent d'acheter ses produits, et qu'elle et son conjoint doivent payer le prix et redorer leur image, même s'ils n'ont rien à se reprocher. Elle compte entreprendre sous peu des démarches pour faire de nouveaux tests, affirmant qu'elle n'a « rien à cacher ».

L'apicultrice dit avoir le soutien de l'Union paysanne ainsi que du Syndicat des apiculteurs du Québec.

Explications possibles

Pour le président du Syndicat des apiculteurs du Québec, Rafael Vacher, la présence d'un taux de 6,5 % de sucrose pourrait s'expliquer de plusieurs façons. 

« Ça peut être un petit apiculteur voisin de trois ruches qui n'a pas respecté les règles pour bonifier sa production, et les abeilles des Trois Acres sont allées chercher son miel à lui, contaminant par la suite leurs ruches à eux. C'est peut-être aussi une erreur de manipulation. Parce qu'on est dans un contexte de pays nordique, en automne, on est obligés de donner du sirop à nos abeilles pour qu'elles survivent à l'hiver. Il y a peut-être eu une erreur d'opération, et ils ont laissé un cadre de sirop au printemps », explique-t-il. 

À ses yeux, il est injuste que Les Trois Acres soient considérés comme des tricheurs. « Un miel falsifié, c'est des taux de 20 % de sucrose ; être puni pour 6,5 %, c'est déraisonnable. N'importe quel apiculteur du Québec pourrait être là », juge-t-il. Le président du Syndicat des apiculteurs du Québec mentionne également qu'il n'y a rien à gagner à falsifier pour un taux si près de la norme. « Ce n'est pas rentable de falsifier de 1,5 % le taux. S'ils avaient vraiment eu la volonté de falsifier, le taux aurait été plus haut. »

Il mentionne toutefois que la méthodologie employée par Protégez-vous est très bonne. Il croit d'ailleurs que les problèmes soulevés par le magazine sont ailleurs, notamment avec les miels surchauffés et les miels de Manuka.

31 % des miels ont échoué

Les tests de Protégez-vous ont été réalisé dans un laboratoire européen, et parmi les 36 produits évalués, 11 ont été jugés comme ne devant pas se retrouver sur les tablettes. Pour les miels canadiens, quatre sur onze seulement ont passé le test. Selon le magazine, plusieurs miels présentaient des signes de surchauffe, ce qui, sans constituer une intention frauduleuse de la part des producteurs, altère le goût du produit. Les trois miels les plus surchauffés : le Miel naturel de Labonté, le Miel Pur & Naturel de Si-Bon et le Miel de fleurs sauvages de Wild Country.




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