Dépollution du lac Champlain: divergences sur la voie à suivre

La solution miracle pour réduire la charge de... (Janick Marois, archives La Voix de l'Est)

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La solution miracle pour réduire la charge de phosphore dans la baie Missisquoi n'existe pas, assure Pierre Leduc, vice-président de l'OBV baie Missisquoi. Seules des interventions continues dans les cours d'eau en amont peuvent améliorer le bilan du plan d'eau, dit-il.

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Saint-Armand) La dépollution du lac Champlain demeure la priorité d'Actions lac Champlain et de l'Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi. Tous deux veulent réduire la charge de phosphore dans le plan d'eau, source des problèmes récurrents d'algues bleues. Une divergence profonde existe cependant entre les deux organisations sur la voie à suivre.

L'OBV préconise une approche méthodique et soutenue, menée sur plusieurs fronts simultanément. Le groupe des cinq municipalités québécoises riveraines du lac Champlain, réunies au sein d'Actions lac Champlain, adhère à cette façon de faire, mais il souhaite également qu'une action directe soit réalisée à court terme pour s'attaquer au problème. C'est également le désir du député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis. « Ça nous prend une action maintenant », soutient-il.

Répondant à une demande de M. Paradis, l'OBV lui a remis récemment un plan d'action pour améliorer la qualité de l'eau du lac Champlain. Le document reprend les grands projets du plan directeur de l'eau de l'organisme qui visent tous la réduction du phosphore en amont : diminution des surverses municipales d'eaux usées, mise au niveau des installations septiques, végétalisation des bandes riveraines et respect des largeurs, entretien des fossés pour réduire l'érosion et réduction de la pollution provenant des champs agricoles. 

« On leur a dit ce qu'elles peuvent faire, ce qui est sous leur contrôle », résume Pierre Leduc, vice-président de l'OBV baie Missisquoi. Des municipalités tardent à appliquer certaines de ces mesures, signale-t-il. « Il faut réduire la charge de phosphore à leurs sources. C'est là qu'il faut travailler », dit-il.

Il s'agit d'un « très bon plan » à moyen et long termes, signale Yves Lévesque. Le maire de Bedford- croit que cela n'exclut pas d'entreprendre des actions à très brève échéance. « On peut agir sur les deux tableaux en même temps. Ce qu'on veut, c'est éviter la catastrophe qu'on a tous les ans dans la baie Missisquoi. »

Depuis l'automne 2015, les maires de Saint-Armand, Venise-en-Québec, Bedford, Saint-Georges-de-Clarenceville et Noyan cherchent des solutions pour améliorer la qualité de l'eau du lac. Ils ont rencontré l'année dernière des entreprises affirmant détenir des technologies et des procédés pour réduire la charge de phosphore dans les eaux de la baie. Des essais devaient être menés cette année, mais rien ne s'est encore concrétisé. 

« Ce qui nous manque, c'est le savoir. Qu'est-ce qui fonctionne ? », s'interroge M. Lévesque.

Mandat et chercheurs

Dans cette optique, le député Paradis s'est donné la mission de trouver des technologies éprouvées pour réduire la charge de phosphore dans des lacs. Il a mandaté une employée de son bureau de circonscription pour recenser des techniques utilisées ailleurs dans le monde et pour rencontrer des chercheurs pour en discuter. Des contacts seront effectués avec les universités de Sherbrooke, Montréal et McGill. « Je ne suis pas sûr que nous avons tout inventorié ce qui se fait ici, aux États-Unis et à l'international », estime le député.

La solution magique n'existe pas, assure Pierre Leduc. Des améliorations sont possibles dans de petits lacs, mais comment avoir un impact sur un plan d'eau de la superficie du lac Champlain ?, demande-t-il. « On n'a pas, dans nos recherches, trouvé de méthode d'intervention qui règle le problème. On ne peut pas les empêcher d'explorer. Mais s'il y avait une solution miracle, la personne qui l'a développée serait milliardaire », image-t-il. Les maires d'Actions lac Champlain n'ont rien à perdre en consultant des chercheurs, croit M. Lévesque. « On veut être libres d'entendre des spécialistes qui n'ont aucune attache avec des compagnies qui ont des choses à nous vendre. On veut qu'ils nous parlent avec franchise. C'est de ce côté qu'on doit s'orienter. »




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