Des vignerons sur le qui-vive

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«S'il fallait qu'il y ait un gel à la grandeur, c'est comme la perte de la récolte», souligne Pierre-Paul Jodoin, propriétaire du vignoble Clos Sainte-Croix.

Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est

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Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est

(Dunham) Plusieurs vignerons de la région ont dû redoubler d'efforts afin de lutter contre le froid ces dernières nuits, alors que le mercure a souvent flirté avec le point de congélation.

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Stéphane Lamarre utilise un système de gicleurs pour protéger ses vignes du froid.

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Au vignoble de l'Orpailleur, le propriétaire Charles-Henri de Coussergues est demeuré sur le qui-vive dans la nuit de lundi à mardi, surveillant de près la température au sol.

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« S'il fallait qu'il y ait un gel à la grandeur, c'est comme la perte de la récolte », souligne Pierre-Paul Jodoin, propriétaire du vignoble Clos Sainte-Croix.

Afin d'éviter une catastrophe, le producteur de Dunham utilise notamment un outil qu'il qualifie de « circulateur d'air ». « On a une machine qui siphonne l'air froid du sol et qui l'envoie à 100 m (dans les airs). De sorte qu'après, il est pris par une masse d'air un peu plus chaud. Et c'est elle qui retombe sur le vignoble », explique-t-il.

Comme le font d'autres producteurs, M. Jodoin se sert également de bûches pour allumer de petits feux à travers des champs, question de garder ses vignes au chaud. « Il faut s'assurer que c'est fait. Sinon, on est assez impuissants. »

De mauvais souvenirs

Au vignoble de l'Orpailleur, le propriétaire Charles-Henri de Coussergues est demeuré sur le qui-vive dans la nuit de lundi à mardi, surveillant de près la température au sol. « C'est descendu à 0,6 °C dans une parcelle, donc ça a été limite, raconte-t-il. (...) Je touche du bois en espérant qu'on est passés à travers. »

De quoi rappeler de mauvais souvenirs au Français d'origine, qui a perdu une importante partie de sa récolte au mois de juin 1986. 

Afin d'éviter qu'une telle situation ne se reproduise, M. de Coussergue a aujourd'hui recours à un système de ventilation couvrant une large portion de ses champs. « C'est vraiment la première génération de bourgeons qu'il faut arriver à sauver », indique l'ancien président de l'Association des vignerons du Québec. 

Ce dernier indique que les cépages hâtifs - le Muscat, le St-Pépin et le Maréchal Foch, par exemple - sont particulièrement à risque. 

Combattre le froid par le froid

Misant justement sur des variétés précoces, Stéphane Lamarre a développé une méthode de protection plutôt étonnante. En effet, le propriétaire du Château de cartes de Dunham utilise plutôt un système de gicleurs. « Quand l'eau gèle sur la vigne, elle fait comme une croûte de glace. Et chaque fois que la nouvelle eau vient geler sur cette croûte-là, de la chaleur se transmet (...) Bizarrement, comme la glace est un isolant, la chaleur va à l'intérieur du bourgeon. Et c'est juste assez chaud pour le garder vivant », explique-t-il. 

Pour ce faire, 350 gallons d'eau sont utilisés chaque minute. 

Même si son système de gicleurs a coûté plus de 10 000 $ par hectare, M. Lamarre estime que l'investissement en vaut la chandelle sur la durée. 

Selon ses calculs, le froid aurait pu détruire jusqu'à 30 % de ses récoltes ces derniers jours.

Le pire derrière nous ?

Puisque sa production est surtout composée de cépages tardifs, Daniel L'Heureux a peu ressenti les impacts du temps froid. « On commence à avoir un début de bourgeon gonflé, mais il est encore en sécurité. Il est encore peu sensible au froid. (...) Il n'y a pas de danger pour nous présentement », assure le propriétaire du vignoble La Grenouille, à Cowansville.

M. L'Heureux entrevoit toutefois des problèmes advenant des gels au cours des prochains jours. 

Ayant consulté le système lunaire et les prévisions météorologiques à long terme, Stéphane Lamarre croit que le pire est derrière. « Mais il suffit de le dire pour qu'il y en ait un autre qui arrive... »




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