Un projet-pilote contre le manganèse

Le projet débuterait idéalement en juin avec l'installation... (fournie)

Agrandir

Le projet débuterait idéalement en juin avec l'installation des filtres au puits numéro cinq de la municipalité. Le tout devrait ressembler à ce qui existe déjà ailleurs.

fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Césaire) La municipalité de Saint-Césaire prendra part à un projet-pilote coordonné par l'École polytechnique de Montréal. Ce faisant, elle contribuera à la création d'un filtre au charbon permettant de traiter l'eau potable.

Pas question toutefois d'éliminer entièrement toute trace de... (archives La Presse) - image 1.0

Agrandir

Pas question toutefois d'éliminer entièrement toute trace de manganèse dans l'eau potable.

archives La Presse

Plus précisément, le filtre s'attaquera au manganèse, un minerai qu'on retrouve en petites quantités dans l'eau issue des nappes phréatiques de la municipalité, de même qu'aux BTEX (pour benzène, toluène, éthylbenzène et xylène, des molécules qu'on retrouve entre autres dans les produits pétroliers), dont on aurait détecté la présence par le passé.

Le projet sera cofinancé par la Polytechnique et la municipalité. Cette dernière investira la somme de 13 790 $ tandis que l'université financera 17 755 $ du coût de la recherche. À titre de titulaire de la Chaire industrielle CRSNG (Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie) en eau potable, le professeur titulaire du département des génies civil, géologique et des mines, Benoit Barbeau, dispose également d'une aide financière.

Face aux normes

L'initiative permettra à Saint-Césaire, et à d'autres municipalités qui pourraient utiliser le système, une fois celui-ci éprouvé, de faire face au rehaussement éventuel des normes de traitement des eaux quant aux quantités de manganèse se trouvant dans celles-ci.

« Santé Canada a annoncé une recommandation qui pourrait donner lieu à une nouvelle norme pour limiter la présence de manganèse dans l'eau. Cette nouvelle norme en limiterait à 100 microgrammes par litre la quantité. Au-dessus de cette limite, les scientifiques ont observé des effets sur la santé intellectuelle des enfants », note M. Barbeau, également directeur du Centre de recherche, développement et validation des technologies et procédés de traitement des eaux. 

Le manganèse a par ailleurs des effets dits esthétiques, en ce sens qu'à une concentration supérieure à 20 microgrammes par litre, le minerai laisse des dépôts noirs, par exemple dans les cuvettes de toilette, renchérit le scientifique. « Notre projet vise à aller au-dessous de la norme esthétique, ce qui éliminerait d'emblée les risques pour la santé », souligne le chercheur.

Mais pas question d'éliminer entièrement toute trace de manganèse dans l'eau potable. « C'est bon s'il y en a un peu, mais il ne doit pas y en avoir trop. Ce n'est pas comme le plomb, où on n'en veut pas du tout dans notre eau », illustre le professeur.

Le charbon à la rescousse

Deux technologies permettraient d'extraire le manganèse de l'eau, soit un filtre sur sable vert, où un sable recouvert de manganèse permet d'attirer celui qui se trouve dans le liquide, ou bien un filtre dit biologique abritant des bactéries utilisant le manganèse comme source d'énergie.

Le projet-pilote s'articulera autour de cette dernière solution. On étudiera la manière dont réagit le filtre selon la durée du contact avec l'eau, la vitesse de passage de celle-ci et les matériaux utilisés, entre autres. 

Le charbon, qui sert d'abri aux bactéries, est aussi doté d'une propriété absorbante envers les BTEX. « Ça pourrait être un filtre deux en un, indique M. Barbeau. L'intérêt de cette solution-là, c'est qu'on n'aurait pas besoin d'utiliser deux filtres différents pour traiter l'eau. Si ça fonctionne, Saint-Césaire pourrait réaliser des économies d'environ un million de dollars. »

Projet de six mois

Le projet débuterait idéalement en juin avec l'installation des filtres au puits numéro cinq de la municipalité. Les deux ou trois premiers mois permettraient de « coloniser » ceux-ci avec les bactéries oxydant le manganèse, après quoi la deuxième moitié de l'étude servirait à observer la performance de l'appareil. On espère que le tout sera concluant d'ici la fin du projet, qui devrait s'arrêter en décembre.

Au terme de l'étude, le dispositif pourrait être mis à la disposition de municipalités qui, comme Saint-Césaire, s'alimentent en eau potable via leur nappe phréatique. « Elles pourront abattre le manganèse dans leur eau, mais aussi s'attaquer à d'autres problématiques, comme les résidus de pesticides qu'on retrouve dans l'eau », indique M. Barbeau.

Notons que la participation au projet-pilote n'engage pas la Ville à aller de l'avant avec le filtre pour la suite des choses. « Quand il faudra faire approuver cette façon de traiter l'eau, on aura déjà fait la démonstration que c'est éprouvé comme technique, relève la directrice générale de Saint-Césaire, Isabelle François. Les essais du projet-pilote serviront à documenter tout ça. »




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer