Les martinets ramoneurs attendus à l'église Saint-George

Le martinet ramoneur, qui a la forme d'un... (Michael Veltri, tirée de Regroupement Québec Oiseaux)

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Le martinet ramoneur, qui a la forme d'un boomerang, gazouille en virevoltant dans le ciel à la recherche d'insectes.

Michael Veltri, tirée de Regroupement Québec Oiseaux

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) L'église Saint-George n'est pas seulement un lieu de rassemblement religieux et musical. Elle accueille aussi tout l'été une trentaine de... martinets ramoneurs, une espèce d'oiseaux en péril. Ils sont d'ailleurs attendus sur place d'une journée à l'autre.

Les martinets ramoneurs ont fait de la cheminée... (Janick Marois) - image 1.0

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Les martinets ramoneurs ont fait de la cheminée de l'église Saint-George, à Granby, un de leurs dortoirs. Sur la photo, John Tétreault, marguillier, et Caroline Daguet, biologiste pour Corridor appalachien.

Janick Marois

Un inventaire réalisé à l'été 2016 a révélé la présence de ces oiseaux aux joyeux pépiements dans une ancienne cheminée de l'église anglicane de la rue Principale, à Granby. Il s'agit d'un dortoir pour les oiseaux qui ne sont pas en train de fonder une famille.

« Historiquement, ils nichaient dans les gros arbres creux dans les forêts, mais nos pratiques forestières font en sorte qu'il y en a beaucoup moins, des gros arbres, explique Caroline Daguet, biologiste pour l'organisme Corridor­ appalachien. Ils se sont rabattus sur les cheminées, mais maintenant avec nos nouvelles pratiques de mettre des gaines de métal ou des petits chapeaux au-dessus des cheminées, on les menace à nouveau. »

Membre de la famille des apodidae (sans pattes), le martinet ramoneur possède de très courtes pattes qui ne lui permettent pas de se poser à l'horizontale, comme sur une branche, ou de marcher. Il se spécialise pour les surfaces verticales et poreuses. De là son penchant pour les cheminées, qui lui offrent sécurité, chaleur et confort. Il migre au Québec de mai à septembre.

Engagement moral

« En mars, un reportage de Radio-Canada disait que le martinet ramoneur était presque disparu au Manitoba. Au Québec, l'espèce est en péril, mais on a un peu plus d'effectifs, indique Mme Daguet. On travaille fort avec les propriétaires comme l'église pour avoir des ententes pour la protection de ces cheminées pour s'assurer qu'elles restent ouvertes et disponibles pour la nidification et pour l'abri. »

« La cheminée n'est plus utilisée, donc on ne la bloquera pas et on ne la fermera pas, mentionne le marguillier de l'église, John Tétreault. La deuxième cheminée est bloquée depuis longtemps. Il n'y a pas d'intérêt à la rouvrir. »

Cette dernière a une gaine de métal qui la rend inutilisable pour les martinets ramoneurs, incapables de se poser sur une telle surface et de sortir de la cheminée s'ils y entrent. Mme Daguet suggère de poser un chapeau au-dessus de ce type de cheminées pour s'assurer que ces infatigables oiseaux n'y pénètrent pas par inadvertance.

« Au niveau de la saison de ramonage, on demande aux propriétaires d'éviter de ramoner entre le 1er mai et le 1er septembre parce que c'est la saison où le martinet vient au Québec pour nicher », dit-elle. Les nids, faits de brindilles et de salive et pas plus gros qu'un paquet de cartes à jouer, ne sont pas dangereux pour les incendies, assure la biologiste. Une fois les martinets partis pour l'Amérique du Sud, ceux-ci se défont et tombent. 

Un autre péril qui guette l'espèce est l'utilisation d'insecticides. Insectivore, un seul martinet ramoneur peut ingérer plus d'un millier d'insectes dans une journée. En fait, il passe sa journée dans le ciel à virevolter pour en attraper. 

Chute draconienne

Entre 1968 et 2004, le nombre de martinets ramoneurs a diminué de 95 % au Canada, rapporte Environnement Canada dans un document­ publié sur l'espèce.

Une population de 2500 individus a été répertoriée au Québec­. On ne connaît toutefois que 650 cheminées dans la province qui leur servent de dortoir ou de lieu de nidification.

Des ententes de protection volontaire ont été signées ou le seront pour offrir à ces joyeux oiseaux en forme de boomerang un lieu de vie pour l'été. Ce fut le cas dernièrement avec l'église Saint-George. 

« On est en discussion avec un autre propriétaire ici au centre-ville de Granby, indique la biologiste. On a déjà des ententes morales à Waterloo, Lac-Brome, on est en discussion à Dunham, on a des ententes à Cowansville­, également à Mansonville­, Magog, Bolton-Est et également avec certaines commissions scolaires parce que les vieilles écoles ont des cheminées de briques. »




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