La fibre optique dans Brome-Missisquoi coûterait 27,6 millions $

La MRC Brome-Missisquoi demande à Ottawa et Québec... (archives La Voix de l'Est)

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La MRC Brome-Missisquoi demande à Ottawa et Québec de payer 20,5 des 27,6 millions de dollars pour déployer un réseau de fibre optique sur l'ensemble de son territoire.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) Déployer un réseau de fibre optique pour permettre un accès internet à haute vitesse dans toute la MRC Brome-Missisquoi coûterait 27,6 millions de dollars. Le conseil des maires demande à Ottawa et Québec de lui octroyer 20,5 millions de dollars pour payer cette infrastructure.

Les gouvernements fédéral et provincial ont annoncé en début d'année des programmes respectifs de 500 et 100 millions de dollars pour doter les communautés rurales de services internet à haute vitesse de plus de 5 mégaoctets par seconde (Mo/s). Les différents tests menés ces dernières semaines dans les secteurs ruraux de la MRC révèlent que le seuil de 5 Mo/s n'est pas atteint. Seule une technologie de fibre optique peut résoudre ces problèmes d'accès, soutient la MRC.

Demander des subventions de 20,5 millions de dollars (13,9 M $ pour le fédéral et 6,6 M $ pour le provincial) pour réaliser le déploiement n'est pas déraisonnable, assure Arthur Fauteux, préfet de la MRC. « L'assertion des gouvernements est qu'on atteint le 5 Mo/s. Leurs évaluations sont erronées. Nos études nous disent que nos citoyens dans plusieurs secteurs n'ont pas accès à des services de cette vitesse. Si nos gouvernements sont sérieux quand ils disent que toutes les régions doivent être bien desservies par des services haute vitesse, ils devront mettre l'argent pour les aider à atteindre cet objectif. Qu'ils prennent cinq ans pour le faire, mais qu'ils le fassent. Sinon, qu'ils retirent leur promesse. »

Les données recueillies par la MRC à la mi-avril démontrent une déficience dans les services internet offert aux citoyens, indique M. Fauteux­. Des tests menés par 102 citoyens dans des coins isolées de plusieurs municipalités révèlent que la rapidité moyenne de leur connexion internet est de 4,005 Mo/s. Quand on retire du calcul les 36 citoyens dont les services sont filaires, la moyenne de la vitesse de la connexion tombe à 3,003 Mo/s.

Une autre analyse de connexion, réalisée en février auprès de 339 autres utilisateurs d'internet dans des secteurs ruraux, avait également révélé des problèmes. Selon l'analyse, à peine 14 % des personnes qui ont réalisé un test profitaient d'une connexion d'un minimum de 5 Mo/s. 

De plus, des tests menés par Développement et innovations Haut-Richelieu dans une trentaine de bâtiments de secteurs ruraux à Dunham, Saint-Armand, Notre-Dame-de-Stanbridge et Stanbridge Station, arrivaient à la conclusion que 90 % avaient une connexion de moins de 5 Mo/s.

L'analyse des différentes données amassées lors de ces deux exercices permet de déterminer que la moyenne de la vitesse de connexion varie de 1,75 à 2,25 Mo/s pour une ligne téléphonique et de 3,75 Mo/s pour les ondes cellulaires.

Toutes ces données, plaide M. Fauteux, prouvent que les citoyens de la MRC n'obtiennent pas les services internet auxquels ils ont droit. « On a mis du temps et de l'argent pour recueillir toutes les données nécessaires. On s'est bien documenté pour monter notre projet.

On s'attend à ce que les gouvernement­ nous aident. »

Ouvert à discuter

Le conseil des maires n'abandonnera pas son projet de fibre optique dans l'éventualité où les subventions disponibles ne sont pas à la hauteur des attentes, a dit M. Fauteux. « On doit toujours rester ouvert à discuter. Mais ça va prendre des vrais efforts des gouvernements, parce qu'on n'a pas l'intention d'être seul à payer pour ça. »

Dans son projet approuvé cette semaine par le conseil des maires, la MRC explique que les 7,1 millions de dollars restant seront assumés par un organisme sans but lucratif créé pour déployer le réseau. La dette serait remboursée sur 15 ans avec les revenus générés par les services internet haute vitesse offerts par l'OSBL aux usagers et aux compagnies privées qui pourront payer pour l'utiliser afin d'offrir leurs propres services.

1 M $ pour utiliser les poteaux de Bell

Le droit d'utiliser les poteaux de service de Bell pour passer le câble de fibre optique coûtera chaque année 1 million de dollars à l'organisme sans but lucratif qui gérera le réseau. Le montant fait pester le préfet de la MRC Brome-Missisquoi Arthur Fauteux.

« Presque tous ses poteaux se trouvent dans des emprises municipales et elle ne paie rien. Mai nous on doit payer pour les utiliser. C'est incroyable. Je ne comprends pas que le CRTC puisse permettre ça », tonne M. Fauteux.

Dans le calcul des coûts pour déployer un réseau de fibre optique, Développement et innovations Haut-Richelieu, l'OSBL retenu par la MRC pour préparer la demande de subventions, a tenu compte d'un montant de près d'un million de dollars pour utiliser les poteaux de Bell. Le réseau passerait sur 1400 kilomètres de chemin et utiliserait près de 5000 poteaux de la multinationale.

Pour M. Fauteux, le fait que Bell charge un tel montant prive les citoyens d'une plus grande offre de services. « Cette compagnie a des clients qui ont des forfaits internet. Pensez-vous qu'elle est intéressée à avoir de la concurrence ? Je ne pense pas. Quand tu es en position de retarder ou de bloquer un projet d'un concurrent, tu le fais. C'est ça un monopole », soutient-il.

Le préfet est d'autant plus choqué du prix exigé que Bell ne paie pas pour le remplacement des poteaux. « Ce sont les municipalités qui doivent payer pour ça. J'ai vu des factures de 6000 $ pour remplacer un seul poteau abîmé. C'est loin d'être raisonnable. »

Joint vendredi, une porte-parole de Bell a expliqué que « les tarifs de location de poteaux de service sont établis et régis par le CRTC et Bell se soumet aux règles en place dans ses offres de service », a écrit dans un courriel Caroline Audet, gestionnaire principale aux communications de l'entreprise.

Rien dans la réglementation du CRTC, toutefois, n'oblige une entreprise à charger une municipalité ou une MRC pour l'utilisation de ses poteaux. Michel Laliberté




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