Services Québec: des services méconnus des organismes

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Des organismes communautaires ont été surpris d'apprendre que les services d'accompagnement dans les démarches administratives étaient offerts depuis des années à Granby.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le Centre local d'emploi de la Haute-Yamaska est devenu, le 20 mars, un bureau de Services Québec. Mais à l'exception de trois nouveaux volets, les services offerts aux citoyens l'étaient déjà depuis de nombreuses années... au grand étonnement de plusieurs organismes communautaires.

Les organismes tels qu'Azimut et l'ACEF, ainsi que le bureau du député François Bonnardel, faisaient le travail du bureau gouvernemental, bénévolement, puisqu'ils ignoraient son existence. Encore dernièrement, certains ignoraient toujours qu'un tel bureau existait à Granby­, malgré l'annonce faite par la direction régionale de Services Québec et d'Emploi-Québec de la Montérégie.

« Il y avait déjà des bureaux de Services Québec (à Granby), expose Antoine Lavoie, de la direction des communications du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Par contre, le gouvernement du Québec­ a donné, depuis un an, une nouvelle mission aux bureaux de Services Québec principalement basée sur de nouveaux partenariats. L'objectif est de donner accès à plusieurs services de différents ministères et organismes et également d'offrir un accueil dynamique et personnalisé, c'est-à-dire que les agents vont vers les gens dès qu'ils entrent au bureau et qu'il y a un accompagnement qui est plus complet dans l'ensemble des programmes et services. »

Les nouveaux partenariats concernent la Financière agricole, le Registre foncier du Québec et les services d'assermentation.

Les services d'accompagnement dans les démarches administratives demeurent les mêmes, ajoute-t-il. 

Ignorance

Sabrina Lussier, l'intervenante qui gère le volet de l'aide sociale pour Azimut, un service de Partage Notre-Dame, ignorait que de tels services étaient offerts avant le 20 mars dernier. Environ 130 personnes fréquentent leurs ressources chaque jour. 

« C'est énormément de demandes et ça devient très plate pour nous de rendre des services qui devraient, à la base, être rendus par des institutions­ publiques », commente-t-elle. 

Pour y parvenir, Azimut a établi un partenariat avec le bureau de François Bonnardel. Pour tout ce qui touche Services Québec, le bureau du député s'occupe de glaner l'information et de la transmettre à l'organisme. « Nous allons, de notre côté, faire de l'accompagnement auprès de la personne. S'il y a des documents à se procurer et qu'elle ne sait pas où se les procurer, on va le faire avec elle », dit Mme Lussier.

Aide

Azimut et l'ACEF de la Montérégie-­Est se réjouissent que le bureau Services Québec vienne alléger leur tâche. Mais ils redoutent que la clientèle vulnérable ne reçoive pas toute l'aide dont elle a besoin de la part des agents.

« Si quelqu'un fait une demande d'aide sociale et qu'il lui manque sa carte d'assurance maladie, ils vont lui donner de l'information, mais ça ne veut pas dire qu'ils vont l'aider. On parle d'accès à l'information, mais on ne parle pas d'accompagnement », remarque le coordonnateur du GASP, Nicolas­ Luppens, témoin de la réalité de ses collègues sur le terrain.

Et les formulaires gouvernementaux ne sont pas toujours simples à comprendre, fait-il valoir. « Les gens vulnérables vont souvent avoir de la difficulté, par rapport aux formulaires gouvernementaux, à comprendre le langage de ce qui est demandé. Ou encore ils ont tellement peur de se tromper qu'ils sont hésitants à le faire eux-mêmes et viennent nous voir. »

Antoine Lavoie assure toutefois que les agents assisteront la clientèle­ dans leurs démarches.

Preuves à faire

Selon le témoignage d'un client, le bureau gouvernemental aurait toutefois encore ses preuves à faire. 

Ce dernier a rapporté à La Voix de l'Est, jeudi, que le bureau occupait un espace d'environ 4 m par 4m avec une photocopieuse et un mur de dépliants contenant de l'information sur les dif­férents services­ et programmes provinciaux. 

Conscient des discussions et des questionnements entourant ce bureau chez les organismes, il a profité de l'occasion pour questionner la personne à l'accueil sur les services. On lui aurait répondu qu'il s'agissait d'informer et d'aider à mieux comprendre les informations­ sur les dépliants. 

« J'ai demandé si elle pourrait aider à remplir des formulaires très compliqués, indique-t-il. Elle a répondu qu'elle n'a pas la formation pour une telle tâche, qu'elle donne de l'information et pourrait faciliter un contact téléphonique avec un agent. Elle a dit aussi que les gens peuvent envoyer leurs formulaires et que chaque bureau s'occuperait de placer l'information­ selon le cas. »




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