Légalisation du cannabis: l'Envolée s'inquiète, la Santé publique approuve

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Le projet de loi sur la légalisation du cannabis suscite de vives inquiétudes au Centre l'Envolée de Granby qui oeuvre dans le traitement des dépendances.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Le projet de loi sur la légalisation du cannabis suscite de vives inquiétudes au Centre l'Envolée de Granby, qui oeuvre dans le traitement des dépendances. De leur côté, les directeurs de la santé publique du Québec s'y montrent favorables à condition qu'un cadre réglementaire soit élaboré avant que la loi entre en vigueur.

« Ça nous préoccupe et ça nous inquiète, affirme d'emblée Claudia­ Noël De Tilly, intervenante et criminologue à l'Envolée. C'est surtout le message que ça peut véhiculer, le fait de légaliser cette substance-là. Quand quelque chose est interdit, c'est plus facile de dissuader les gens d'en consommer. On a l'impression que de voir des ministres à l'écran véhiculer les bienfaits du cannabis, normaliser cette substance-là, ça donne le message aux jeunes que ce n'est pas grave. »

Le projet de loi lui apparaît d'autant plus préoccupant que le cannabis est souvent la première substance, avec l'alcool, à être ingérée par les toxicomanes. « Quand on fait l'historique de consommation de nos pensionnaires, peu importe la dépendance qu'ils ont développée, ça a commencé à l'adolescence entre amis avec du cannabis et de l'alcool. C'est presque généralisé », fait savoir l'intervenante. 

Autre problématique soulevée : la toxicité du cannabis et ses dangers pour la santé physique et mentale. « De plus en plus, on voit des psychoses toxiques avec le cannabis, dit l'intervenante. Ils nous parlent du THC, que ce sera contrôlé, mais est-ce qu'il va vraiment être moindre et réduire les psychoses toxiques ? Ils essaient de promouvoir les bienfaits en parlant de contrôle de qualité en légalisant le cannabis, mais les consommateurs vont s'en procurer autrement, alors l'objectif de qualité ne sera pas nécessairement atteint. »

En dévoilant le projet de loi sur la légalisation du cannabis, la prévention et le traitement des dépendances n'ont pas été tellement abordés, déplore l'intervenante. Or, le gouvernement devrait prévoir des fonds puisque les demandes de traitement augmenteront, craint Mme Noël De Tilly. « C'est clair que ça va augmenter la demande, autant à l'Envolée que dans les autres centres. Si on va de l'avant avec le projet, on doit prévoir de la prévention et le traitement. C'est important. »

Les intervenants se disent également inquiets pour les jeunes consommateurs, soit ceux âgés de 12 à 16 ans, puisqu'ils sont parmi ceux touchés par les psychoses toxiques. « Présentement, un parent est capable d'expliquer que c'est illégal et que c'est interdit parce que c'est nocif. Notre gouvernement a décidé de légaliser, donc ça va donner l'impression que ce n'est pas nocif. L'alcool, c'est légal, mais ça fait des ravages. La dépendance, c'est quelque chose de présent, que ce soit légal ou pas », fait valoir Mme Noël De Tilly. 

Les directeurs de la santé publique en faveur

De leur côté, les directeurs de la santé publique du Québec ont fait savoir par voie de communiqué jeudi qu'ils appuyaient une loi légalisant le cannabis dans la mesure où celle-ci bénéficierait d'un encadrement complet. Ils ont d'ailleurs déposé un mémoire dans lequel ils expliquent leur position.

Selon ces professessionnels de la santé, la légalisation est l'occasion de mieux encadrer la consommation. Ils soulignent que le cannabis est déjà facilement accessible et qu'il s'agit de la substance illicite la plus consommée. 

Leur approche viserait à prévenir ou retarder la première consommation de cannabis, particulièrement chez les jeunes, à favoriser un usage sécuritaire en évitant les risques d'abus et de dépendance, et en offrant des services aux gens souffrant de problèmes de consommation.

Les directeurs de la santé publique veulent que des mesures strictes soient définies pour éviter une hausse de l'accessibilité au cannabis et une banalisation de la consommation. Ils veulent entre autres qu'un prix soit établi en tenant compte des effets sur la santé et qu'on limite le taux de concentration du cannabis, les points de vente et la culture à domicile. 

Possession simple 

À l'heure actuelle, la possession simple de cannabis - c'est-à-dire moins de 30 grammes - représente des dizaines de dossiers pour les corps policiers de la région. À Bromont, les policiers en ont ouvert 19 en 2016 uniquement. En 2015, ils en avaient eu sept et dix en 2014. À Granby, les policiers ont ouvert 139 dossiers de possession simple - toutes substances confondues - en 2016, un de moins que l'année précédente. En 2014, ils avaient eu 152 dossiers. 

Le Service de police de Granby n'a pas voulu commenter le projet de loi. « On va s'assurer d'appliquer la loi quand elle sera en vigueur, s'est limité à dire son porte-parole, Guy Rousseau. Pour nous, comme n'importe quelle loi, on s'informe et on l'applique avec les outils qu'ils nous fournissent. »

Le Service de police de Bromont­ n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.




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