Une aventure au pays de la démesure

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On voit ici les compétiteurs durant le volet kayak de la compétition multisports.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Nicolas Legault s'attendait à être dépaysé à souhait en mettant les pieds en Chine, le 28 mars, afin d'y orchestrer le Raid international China (RIC), une compétition sportive à grand déploiement. Il a vu juste. De retour à Bromont, le spécialiste du vélo prend la mesure... de la démesure de l'empire du Milieu.

En tant que directeur général du Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB), Nicolas Legault a vu naître plusieurs événements sportifs, ici et ailleurs sur le globe. Mais l'expédition au pays de Mao, de son propre aveu, avait « quelque chose de surréel ». 

« On dit souvent que les Chinois sont nombreux. Le mot est faible. Et leur ambition est exponentielle. Ils peuvent être 10 à se mobiliser pour faire la tâche qu'une personne ferait normalement. Alors, ça avance vite, a-t-il imagé. Aucun projet n'est trop grand et irréalisable. Ça prend des gens du Québec pour remettre les choses en perspective quand vient le temps d'organiser une compétition. »

Le 25 mars dernier, tout juste avant le départ de Nicolas Legault et de Jean-Thomas Boily, propriétaire et fondateur d'Endurance Aventure, La Voix de l'Est avait dévoilé la prémisse de cette aventure. Tout a commencé il y a un an, lorsque le spécialiste du monde événementiel a été approché par une ambitieuse organisation chinoise qui avait besoin de son expertise. 

« En Chine, ils ne font rien à moitié. Ils ont ouvert une immense vallée. Il y a à peine six ans, c'était la jungle. Maintenant, il y a une route et une piste cyclable de 150 kilomètres sur piliers de béton au-dessus d'une rivière », a raconté M. Boily. 

Le principal défi des organisateurs a été de mettre sur pied un circuit multisports semi-urbain plutôt que de faire un parcours qui se déroule principalement en forêt. Entre 300 et 500 compétiteurs ont donc convergé vers Guizhou, une province du sud de la Chine, afin de participer à la série d'épreuves qui se sont échelonnées sur deux jours, soit les 3 et 4 avril. Au menu : course à pied, kayak, escalade et vélo. Selon Nicolas Legault, le gouvernement chinois a injecté l'équivalent de 1,5 million de dollars canadiens pour que le projet voie le jour. La télévision nationale aurait d'ailleurs diffusé en direct la compétition à raison de sept heures par jour.

Barrières

Outre le fait de tempérer les idées de grandeur des organisateurs asiatiques, le duo estrien, qui faisait partie d'un contingent composé de onze Canadiens et de quatre Français, a dû surmonter d'importantes barrières logistiques, linguistiques et culturelles. 

« Dans notre petit village, on était loin de Shanghai. On se sentait davantage comme à Murdochville. Après 14 heures d'avion, on a pris un vol interne de quatre heures, puis la même chose en autobus. Là-bas, moins de 1 % de la population parle français ou anglais. Et Facebook puis Google n'existent pas. Sans interprète, pas moyen de te faire comprendre, même avec un simple "hello", a fait valoir le DG du CNCB. Et pas plus en faisant des signes, car les gens n'ont pas les mêmes repères que le monde occidental. »

Parmi ses tâches, Nicolas Legault a encadré le volet cyclisme de la compétition. Près d'un millier de vélos étaient à la disposition des participants, a-t-il mentionné. Comme plusieurs d'entre eux n'étaient pas familiers avec toutes les disciplines, des correctifs de dernière minute ont été nécessaires, a expliqué le polyvalent Bromontois. « Il a fallu revoir la transition entre les sports. Plusieurs n'auraient pas été capables de terminer la course, entre autres à cause des distances à parcourir. »

La pollution du cours d'eau où se déroulait l'épreuve de kayak avait également de quoi laisser pantois, a-t-il poursuivi. « L'industrialisation n'a pas que de bons côtés. On voit constamment toutes sortes de déchets flotter puis disparaître dans les rivières. Ce n'est pas très invitant quand tu vas faire du kayak. Disons que j'étais content d'avoir un "drysuit" [ndlr : combinaison étanche] pour aider les compétiteurs. »

Malgré certaines embûches, Nicolas Legault compte reconduire l'aventure l'an prochain. « Il y a clairement un choc culturel entre le communisme chinois et notre mode de vie. Mais j'ai découvert un peuple ouvert aux idées des autres et très accueillant. [...] Des gens pour qui l'entraide et la volonté de réussir sont poussées à l'extrême. »




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