Arrêté avec le regard «vide» et le « langage pâteux »

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Normand Johnson a échoué à faire exclure la preuve contre lui.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) C'est parce qu'il avait un regard « fixe et vide », qu'il avait omis de signaler un virage et qu'il conduisait sa camionnette à une vitesse de 10 à 15 km inférieure à la limite permise qu'un patrouilleur de la Sûreté du Québec a décidé d'intercepter Normand Johnson à Roxton Falls, le soir du 26 mars 2016.

Contrairement aux prétentions du principal intéressé, cela constitue des motifs valables pour avoir procédé à son arrestation, a tranché le juge Serge Champoux, qui a par la suite trouvé l'accusé coupable d'avoir conduit un véhicule à moteur alors qu'il avait les capacités affaiblies par l'alcool ou la drogue en plus d'avoir été en possession de cannabis.

Le policier impliqué dans cette affaire, qui a témoigné lors des audiences tenues en février, a affirmé qu'au moment de son interception, l'accusé avait « un regard vide, des gestes lents et en général, est mou ». Il aurait aussi semblé « perdu dans sa tête » alors qu'il peinait à répondre aux demandes de l'officier, qui remarque également ses yeux rouges, injectés de sang. Une odeur d'alcool, mêlée à celle d'un bonbon à la menthe, émane de l'haleine du conducteur. 

Une odeur de cannabis sec se dégage aussi de l'habitacle, où se trouve son amoureuse, avec qui il a consommé de la bière et une bouteille de vin.

Fouille

Après un échange avec le policier, qui note le « langage pâteux » de l'individu, ce dernier est formellement arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies. 

Une fouille permet de découvrir 1,18 gramme de cannabis dans les poches de M. Johnson, puis une caisse de 12 cannettes de bière, dont 5 non ouvertes, et deux cannettes de boisson alcoolisée « Octane », ouvertes et partiellement consommées, entre les bancs avant du véhicule.

La défense a présenté une requête demandant l'exclusion de la preuve pour violation de certains droits fondamentaux du prévenu. Citant la Charte des droits et libertés, M. Johnson­ soutenait que son interception était frivole, voire illégale, telle une « partie de pêche ». Il évoque son droit « de ne pas être arrêté en l'absence de motifs raisonnables et probables » ; « de ne pas être détenu arbitrairement par les policiers et privé illégalement de sa liberté » et sa protection contre les fouilles illégales et abusives.

Le juge Champoux a cependant rejeté ces arguments du revers de la main, convaincu que les policiers étaient dans leur plein droit d'intercepter le véhicule. « Les éléments énumérés (par le policier) me convainquent que le policier n'a aucunement procédé à une arrestation arbitraire », écrit-il. 

Témoignage rejeté

En défense, l'accusé a indiqué avoir consommé de l'alcool de façon raisonnable et que les cannettes retrouvées dans le véhicule n'avaient pas été entamées ce soir-là. Et s'il circulait lentement, c'est qu'il cherchait la rue où demeurait sa copine. Il a toutefois reconnu certains faits, comme celui de ne pas avoir utilisé son clignotant - parce qu'il n'y avait aucun autre véhicule sur la voie publique - et d'avoir eu en sa possession du cannabis. 

Le témoignage n'a toutefois pas suffi à créer un doute raisonnable dans l'esprit du juge. « Ces éléments affectent fortement et définitivement sa crédibilité », a raisonné le magistrat.

Pour expliquer la présence de cannabis sur lui, M. Johnson, qui se considère comme un consommateur occasionnel, a indiqué au juge l'avoir reçu en cadeau, et l'avoir en sa possession pour éviter qu'un de ses fils le trouve en fouillant dans la maison.

Le juge Champoux s'est montré peu convaincu par cet argument. « Pourquoi donc (son fils) en chercherait-il s'il ne sait pas que son père est un consommateur de cannabis ? » a demandé le juge, qui indique avoir « énormément de difficulté à croire qu'il soit si difficile de cacher une si petite quantité dans une maison ». 

Par ailleurs, poursuit-il, si l'accusé est aussi indifférent à cette substance qu'il le prétend, pourquoi ne pas avoir jeté le can­nabis pour éviter que son fils ne le découvre ? Ces interrogations ont amené le magistrat à rejeter aussi cette partie du témoignage de l'accusé.

La sentence sera connue à une date ultérieure.




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