Granby dit oui aux poules urbaines...de justesse

Un projet pilote de deux ans sera mis... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Un projet pilote de deux ans sera mis en place à Granby pour permettre la garde de poules en milieu urbain, ont accepté les élus, sur division, lundi soir.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Les poules urbaines seront finalement permises à Granby. Les élus ont donné le feu vert lundi soir à la mise en place d'un projet pilote de deux ans. Détail: le nombre de permis accordé sera limité à 50 par année.

Le sujet a toutefois divisé les élus en deux camps. Si cinq conseillers municipaux se sont prononcés en faveur de cette nouvelle ouverture de la Ville à la garde de poules en milieu urbain, quatre s'y sont opposés. Seul le conseiller Michel Mailhot ne s'est pas prononcé, étant absent. 

Le président du comité de travail chargé de formuler une recommandation au conseil municipal sur ce dossier, Stéphane Giard, n'a pas caché qu'il était, à l'origine, contre ce projet. Mais le travail effectué par le groupe, qui réunissait 10 personnes, a su le rassurer. «Il n'y a rien de mal à changer son avis quand on a les preuves devant nous», a-t-il déclaré. 

M. Giard a par ailleurs fait valoir que ce dossier a été appuyé par une «forte demande des citoyens». «Quand j'ai décidé d'être conseiller municipal, j'ai dit que j'étais là pour représenter mon quartier et les citoyens», a-t-il fait valoir. 

Jean-Luc Nappert a pour sa part précisé qu'il avait toujours été favorable aux poules urbaines. «Je pense que l'audace, c'est gagnant. (...) On a voté pour deux ans. Si ça ne marche vraiment pas, on aura le loisir de revenir là-dessus», a-t-il dit. 

«Qu'on soit pour ou qu'on soit contre, il y a déjà des citoyens qui en ont (des poules). On va être en mesure de les réglementer plus», a fait valoir Joël Desmarais. 

Julie Bourdon et Éric Duchesneau se sont aussi affichés en faveur de la garde de poules en milieu urbain.

Trop tôt

S'il n'en tient qu'aux conseillers Jocelyn Dupuis et Robert Vincent, cette décision est toutefois prématurée. Selon eux, il aurait été préférable d'attendre et de voir comment le dossier évolue dans les villes qui ont modifié leur réglementation pour permettre les poules urbaines, comme Drummondville. 

«Pourquoi tout de suite? Pourquoi on a besoin de ça maintenant? On n'est pas obligés d'emboîter le pas, même si des municipalités voisines, comme Cowansville, le font», a laissé tomber Robert Vincent qui aurait aimé avoir plus d'informations sur les coûts de cette expérience. 

«Que se passera-t-il quand il va y avoir des poules mortes ou malades?» a pour sa part soulevé M. Dupuis. Selon lui, cela aura notamment pour effet d'augmenter la charge de travail des inspecteurs de la Ville.

Robert Riel a pour sa part affirmé sans détour qu'il a toujours été contre un changement de réglementation. «Ça n'a pas sa place en ville. Je n'ai jamais changé d'opinion. C'est un dossier pas mal politique», a-t-il déclaré. 

Denyse Tremblay s'y est aussi opposée.

Des normes strictes

La décision prise par le conseil municipal n'ouvre toutefois pas la porte à la possession de poules demain matin. Des démarches devront d'abord être entreprises pour modifier la réglementation en ce sens. Un avis de motion a été déposé lundi soir. 

Le groupe de travail a entre autres recommandé que la garde de poules ne soit permise que dans le cadre d'habitations unifamiliales isolées érigées sur un terrain d'une superficie minimale de 500 mètres carrés. 

Toutes les poules devront aussi être gardées en tout temps dans le cadre d'un abri constitué d'un poulailler et d'une volière, peut-on lire dans le rapport déposé au conseil, qui sera mis en ligne sur le site Internet de la Ville. 

Les citoyens détenteurs d'un permis devront par ailleurs avoir un minimum de trois poules et un maximum de cinq poules. Différentes normes régiront la dimension des abris, ainsi que leur gestion.

Le groupe de travail s'est ainsi inspiré de l'expérience-pilote réalisée dans la ville de Gatineau, qu'il qualifie de «piste intéressante». «En modifiant son règlement sur la garde d'animaux plutôt que son règlement de zonage, la Ville de Gatineau ouvre la porte à la garde de poules, mais sans conférer une sorte de droit acquis», est-il souligné dans son rapport. 

Le maire, Pascal Bonin, avait déjà manifesté son opposition à ce projet par le passé. Lundi soir, il a simplement affirmé que la population est la «grande gagnante». «Les citoyens sont chanceux d'avoir un conseil capable de discuter dans le respect, sans tomber dans le personnel», a-t-il affirmé.




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