Cimetière Monseigneur Pelletier de Granby: pionnier des urnes écologiques

La directrice des cimetières catholiques de Granby, Élyse... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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La directrice des cimetières catholiques de Granby, Élyse Champagne, le marguillier et responsable du cimetière, Pierre Bélanger, et l'adjointe administrative aux cimetières catholiques, Marie-Noëlle Paquette.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Le cimetière catholique Monseigneur Pelletier de Granby sera le premier au Québec- à implanter un Jardin d'arbre de vie où des urnes biologiques se transformeront, au fil du temps, en arbres et arbustes. Les familles des défunts seront invitées à participer à la mise en terre en y semant elles-mêmes les graines qui prendront vie.

«À travers la mort, il y a la vie qui reprend. C'est une transformation qui est douce au coeur et qui fait un baume», estime Élyse Champagne, directrice des cimetières catholiques de Granby. 

C'est en en regardant une chronique à la télé, il y a près d'un an, que la directrice a conçu ce projet hors des sentiers battus. Avec l'aide de son adjointe administrative Marie-Noëlle Paquette, elle s'est lancée dans l'aventure. 

Non seulement il s'agit d'une option de plus qui s'offre à la population, mais ces urnes pourraient, du même coup, assurer la pérennité du cimetière. Les enterrements se font en effet moins nombreux, notamment parce que plusieurs optent pour la crémation. Certaines familles conservent également les cendres de leur défunt sans qu'elles soient enterrées. 

Des urnes biologiques sans semences existaient déjà. Les deux cimetières catholiques de Granby en proposaient même à leurs clients. «Si on y met une goutte d'eau, déjà sa dégradation va commencer. Après un mois dans la terre, il n'y a plus rien. Ça se décompose très rapidement», explique Mme Champagne. 

Fournies par la compagnie Arbre de vie Québec, un distributeur d'urnes conçues en noix de coco et nutriments fabriquées en Espagne, les urnes avec semences peuvent désormais se transformer en arbres à fruits, à fleurs ou en arbustes. Plus d'une vingtaine de variétés sont offertes. «On sème ce qu'on veut. On peut choisir entre une grande panoplie d'arbres, d'un hosta à un chêne, à un lilas, un rosier ou un framboisier», énumère- la directrice.

Le cimetière catholique Monseigneur Pelletier, rue Dufferin, sera le premier au Québec à accepter de les mettre en terre. À l'heure actuelle, seuls quelques jardins funéraires autorisent cette pratique dans la province. 

«Les gens qui ont un terrain achetaient l'urne et l'enterraient là. Mais si tu le vends, l'arbre reste là. Ça prenait un terrain neutre et il n'y avait encore aucun cimetière qui avait adhéré», explique Mme Champagne, qui a obtenu le feu vert du conseil de la fabrique pour signer une entente avec le distributeur.

Jardin d'arbre de vie 

Ces urnes avec semences pourront être enterrées de mai à octobre au cimetière de la rue Dufferin. 

La direction des cimetières catholiques de Granby ne vendra pas seulement les urnes. Une section du cimetière Monseigneur Pelletier sera transformée en Jardin d'arbre de vie, doté d'une vocation écologique et naturelle. «On prend le virage vert», lance Mme Champagne. Seules les matières biodégradables y seront permises et la machinerie lourde sera interdite. 

Un gazebo sera construit pour la tenue des célébrations. Les familles seront invitées à participer à l'inhumation. «La démarche se veut très pastorale au moment de l'enterrement, mentionne la directrice. Après la prière, on va inviter la famille à semer le grain dans la terre et à l'enterrer elle-même. Elle sera impliquée.»

«C'est plus agréable de se recueillir près d'un arbre que d'un monument», renchérit Marie-Noëlle Paquette. 

Une plaque en bois permettra d'identifier le défunt. Lorsque celle-ci se dégradera, elle sera remplacée par une ceinture en cuir - pouvant même avoir appartenu au défunt - sur laquelle sera gravé son nom. «Elle va ceinturer l'arbre et sera identifiée pour toujours», explique Mme Champagne.

Pour assurer la santé des plantations, certaines essences ne sont pas autorisées, soit celles interdites par la Ville de Granby. Des arboriculteurs vérifieront deux fois par année l'état des arbres du jardin pour s'assurer qu'il n'y ait pas de maladie. Une garantie sera offerte aux familles. Si rien ne pousse après une période de six à huit mois, Arbre de vie Québec offrira une nouvelle pousse. 

Le coût ? Moins élevé qu'un enterrement avec un cercueil, assure la directrice. L'urne elle-même se détaille à moins de 300 $. À cela, il faut notamment ajouter l'achat du lot au cimetière. Les lots seront d'ailleurs vendus en fonction de l'arbre choisi. 

L'inauguration du Jardin d'arbre de vie, à laquelle est conviée la population, aura lieu le 6 mai à 10 h.




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