Une mère se dit victime d'intimidation par la CS des Hautes-Rivières

« Par acquit de conscience », Malorie Gagné a remplacé... (Capture d'écran)

Agrandir

« Par acquit de conscience », Malorie Gagné a remplacé sa publication initiale par une version censurée de la photo, où le visage de l'employé n'est plus reconnaissable.

Capture d'écran

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Jean-sur-Richelieu) Une mère de famille johannaise affirme avoir été victime d'intimidation de la part de la commission scolaire des Hautes-Rivières, au lendemain du houleux conseil des commissaires où ont été adoptées les grilles horaires d'une vingtaine d'écoles primaires.

Comme quelque 70 parents et professeurs désireux d'assister à la séance de mardi soir, Malorie Gagné s'en est vu refuser l'accès, faute de places assises. Celles-ci étaient pour la plupart occupées par les directions d'écoles, qui étaient entrées par la porte de service un peu plus tôt. Seules cinq personnes triées sur le volet - deux journalistes, un parent et deux enseignants - ont pu pénétrer- à l'intérieur.

Pour exprimer son mécontentement, Mme Gagné a photographié des employés de la commission scolaire et le gardien de sécurité qui lui avaient fermé la porte au nez. 

La membre d'un conseil d'établissement a ensuite publié le tout sur Facebook, invitant son réseau à relayer l'information. Sa publication a été partagée près de 280 fois.

Mise en garde

Par courriel, mercredi, le secrétaire général de la commission scolaire, Mario Champagne, a exhorté Mme Gagné à retirer immédiatement la photo de Facebook. Il allègue qu'un employé de la commission scolaire y est facilement reconnaissable et qu'il n'a pas donné son consentement à ce que sa photo circule sur les médias sociaux. « Vous êtes priée de retirer sans délai cette publication puisque vous ne détenez aucune permission vous autorisant à utiliser l'image des personnes apparaissant sur la photo que vous avez publiée. Vous vous exposez à des recours juridiques de la part des personnes concernées », écrivait-il dans la missive dont La Voix de l'Est a obtenu copie.

Le ton utilisé dans le courriel a laissé Mme Gagné pantoise. « Sur le coup, j'ai été un peu saisie par les termes juridiques (utilisés par) M. Champagne. J'ai eu peur de ce qui pourrait suivre », raconte-t-elle après avoir pris l'initiative de contacter La Voix de l'Est.

Joint par le journal, M. Champagne se défend d'avoir mis en demeure Mme Gagné, et encore moins d'avoir tenté de l'intimider. « C'était une mise en garde, nuance-t-il. Ça n'a pas plu à la personne au centre de la photo d'avoir été photographiée à son insu et que ça ait été mis sur les réseaux sociaux sans son autorisation. »

Contexte

Sans offrir d'avis juridique formel, Me Vincent Gingras, avocat spécialiste du droit à l'image au cabinet Jolicoeur Lacasse, indique que le contexte dans lequel la photo a été prise doit être soupesé dans ce genre de cas. 

« On peut dire que la commission scolaire est un lieu privé à accès public voire un lieu public, d'autant plus qu'on y tenait une séance publique », relève l'avocat. 

De plus, ajoute-t-il, on peut s'attendre de certaines personnes à ce qu'elles se retrouvent dans un lieu donné. Le fait que la personne photographiée soit employée par la commission scolaire pourrait entrer dans cette catégorie puisqu'elle se trouvait à son lieu de travail. « À ce moment-là, on ne s'attend pas à une grande intimité ou une vie privée », note-t-il.

La loi permet la publication de l'image d'autrui pour des fins d'information publique, indique ensuite le plaideur. Or, comme Mme Gagné n'est pas journaliste, cet argument pourrait difficilement être avancé en sa faveur, précise Me Gingras.

Goût amer

« Par acquit de conscience », Mme Gagné a remplacé sa publication initiale par une version censurée de la photo, où le visage de l'employé n'est plus reconnaissable. M. Champagne a confirmé que la commission scolaire était satisfaite de la mesure.

L'incident laisse toutefois un goût amer à la dame. « J'ai ressenti de la colère, relate la mère de famille. J'aurais préféré qu'on aborde le sujet avec moi autrement, qu'on m'appelle plutôt qu'on m'écrive un courriel. »

« Depuis le début du conflit, la commission scolaire dénonce l'intimidation du syndicat des enseignants, mais elle-même l'utilise envers un parent. Hier (mercredi), j'en ai vécu (de l'intimidation), et j'en subis encore le stress », a-t-elle fait savoir à La Voix de l'Est.

« Si ce n'est pas de l'intimidation pour me faire taire, je ne vois pas ce que c'est. Je continue à crier haut et fort que la commission scolaire avait le devoir de recevoir le public (...) Et je continuerai à dénoncer la rudesse dont j'ai été victime ! » a d'ailleurs écrit la principale intéressée sur son profil Facebook, jeudi.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer