Brome-Missisquoi veut devenir une véritable destination oenotouristique

Le comédien et animateur, Christian Bégin.... (Alain Dion)

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Le comédien et animateur, Christian Bégin.

Alain Dion

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Bromont) La région de Brome-Missisquoi a déjà sa populaire Route des vins ; l'intention est maintenant d'en faire une véritable destination oenotouristique, au sens large du terme.

Ce nouveau positionnement était au coeur de la Journée Tourisme et Vin Brome-Missisquoi, un moteur économique, tenue mercredi au Domaine Château-Bromont en présence de

150 personnes. L'idée : faire du vin la toile de fond d'une expérience touristique globale. 

Vignobles, hôtels, restaurants, commerces, fermes, organismes culturels et de plein air... tous ont quelque chose à gagner de l'oenotourisme. Et c'est de ce précieux maillage qu'il a été question au fil des ateliers et des conférences de la journée. 

L'artiste Christian Bégin, le chef Jean Soulard et la sommelière Nadia Fournier faisaient partie des personnalités invitées à monter sur scène pour partager leur expérience et leur vision de l'oenotourisme. 

« Aujourd'hui, on veut éveiller les consciences ; inspirer, mobiliser, informer et outiller les gens. Il y a une volonté du milieu. Des collaborations sont déjà amorcées », s'est réjoui Denis Beauchamp, directeur du développement économique au CLD de Brome-Missisquoi, qui organisait cet événement de concert avec Emploi-Québec Montérégie.

Ces alliances prennent diverses formes. Comme le restaurant dunhamien La Bodega qui tient des soirées de dégustations commentées par un vigneron du coin. Ou la Fromagerie des Cantons qui a développé un fromage contenant du vin de la région. Ou encore l'hôtel Le St-Martin Bromont qui propose des bouteilles de vin local dans ses minibars.

Beau potentiel

De deux vignobles en 1979, la région de Brome-Missisquoi est passée à 22 en 2016. Et trois autres sont à venir, indique M. Beauchamp, convaincu qu'il y a encore de l'espace pour élargir l'offre. 

« On a des terres de grande qualité et un climat comparable à la Bourgogne. Il y a un beau potentiel commercial », dit-il, en rappelant que 60 % des 1,5 million de bouteilles de vin produites au Québec proviennent de Brome-Missisquoi. Les retombées économiques sont estimées à 8,50 $ pour chaque dollar dépensé sur la Route des vins.

Il faut néanmoins changer la perception du public au sujet des vins du Québec, sans chercher à les comparer à ce qui se fait ailleurs dans le monde, admet-il. « On a un terroir particulier, une jeune histoire. On est différents. »

Issue du Plan stratégique en tourisme 2016-2020 du CLD, cette orientation oenotouristique vise également à désaisonnaliser l'achalandage de visiteurs et à prolonger leur séjour dans la région.

« On veut en faire une expérience immersive », résume M. Beauchamp.

L'expérience de Christian Bégin

En matinée, Christian Bégin est venu livrer un message inspirant aux participants de la Journée Tourisme et Vin Brome-Missisquoi, un moteur économique. 

Avec humour, le comédien/animateur a d'abord raconté une anecdote vécue dans la vallée viticole de Napa en Californie. Alors qu'il s'attendait à vivre une expérience fabuleuse au vignoble du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola, il a déploré d'avoir été « laissé à lui-même ». C'est à son second arrêt, au domaine Sterling, que l'expérience a pris tout son sens. Chaleureusement accueilli par ses hôtes, M. Bégin y a vécu « une réelle rencontre », écouté leur histoire, partagé leur passion, au point d'étirer sa visite toute la journée, la soirée... et la nuit !

Il a d'ailleurs invité les acteurs touristiques de Brome-Missiquoi à promouvoir leur histoire singulière, mais en travaillant ensemble. « J'ai fait beaucoup de voyages de vin dans ma vie et j'avais l'impression que tout le monde tirait la couverte de son bord, sans cohésion, sans collaboration. »

M. Bégin en a profité pour vanter l'entraide qui se tisse dans Kamouraska, où il vit à temps partiel. Dans cette région, on note une hausse constante du tourisme depuis trois ans, notamment attribuable à la génération des mi-trentenaires qui reprend possession de ce coin de pays « pour dynamiter ce qui était poussiéreux », a-t-il illustré. 

Semencier de plantes autochtones, maraîcher de légumes rares, gîte sympathique, resto du terroir réinventé, microbrasserie... « Kamouraska n'est pas juste une affaire, c'est plusieurs affaires », a fait remarquer Christian Bégin, en ajoutant que les entrepreneurs ont cessé d'avoir peur de la concurrence pour plutôt la voir comme une bonification de l'offre touristique.

« Plus on parle de nous, plus on se présente, plus on se nomme, plus on appelle la rencontre, plus on donne le goût aux autres de venir nous voir. C'est comme ça qu'on assure sa survie. » En assumant sa différence, son unicité, croit-il. « C'est ma plus intime conviction. »

L'animateur de Curieux Bégin a terminé son allocution en faisant une promesse aux vignerons présents dans la salle. Pour sa 10e saison, chaque émission fera la promotion d'un vin québécois. «Un moment donné, il faut que les bottines suivent les babines !» Isabel Authier




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