Grilles horaires controversées à la commission scolaire des Hautes-Rivières

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Avec la réforme proposée par la CSDHR, les professeurs titulaires pourraient hériter de certaines tâches de leurs collègues spécialistes.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

Discorde, rumeurs d'intimidation et mises en demeure: la mise en place de nouvelles grilles horaires dans les écoles primaires de la commission scolaire des Hautes-Rivières, à l'automne 2017, continue de faire des vagues. Mardi soir, le conseil des commissaires tranchera sur la question en adoptant ces grilles à la place d'une vingtaine de conseils d'établissement.

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Mario Champagne est secrétaire général et directeur des communications à la commission scolaire des Hautes-Rivières.

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Jacinthe Côté, présidente du Syndicat de l'enseignement du Haut-Richelieu.

tirée du site de la CSHDR

Rappelons que la commission scolaire souhaite faire passer de six à dix jours le cycle scolaire dans ses écoles primaires. De surcroît, de six périodes de 50 minutes par jour, on passerait à cinq périodes de 60 minutes. Ce faisant, on souhaite augmenter le temps de classe des élèves avec leur professeur titulaire, au détriment du temps passé avec les spécialistes en anglais, en éducation physique, en arts plastiques et en musique, pour ne nommer que ceux-là. 

En conséquence, de sept à dix postes de spécialistes pourront être abolis puisque les professeurs titulaires pourraient hériter de certaines de leurs tâches, comme c'est déjà le cas dans plusieurs commissions scolaires.

La CSHDR allègue que de tels changements pourront améliorer les performances scolaires des élèves. On fait également valoir qu'un million de dollars pourraient être dégagés et réinvestis dans les services aux élèves. C'est qu'actuellement, explique son secrétaire général Mario Champagne, la commission scolaire paie les professeurs titulaires pour 1230 minutes d'enseignement, alors que dans les faits, ils ne passent que 1208 minutes en classe avec leurs élèves, les 22 autres étant allouées à des spécialités. 

Vivement opposé à cette perspective, le Syndicat de l'enseignement du Haut-Richelieu (SEHR) avait, avant les Fêtes, fait une ultime proposition à l'employeur, maintenant la suppression des postes, mais préservant la quantité de cours de spécialité qui aurait été confiée aux titulaires. La commission scolaire a cependant rejeté cette avenue parce que celle-ci ne s'effectuerait pas à coût nul et qu'elle ne répondait pas aux critères qu'elle avait fixés, a expliqué M. Champagne.

«Les conseils d'établissement étaient prêts à accepter notre proposition, rétorque Jacinthe Côté, présidente du SEHR. Elle coûterait environ 100 000 $ à la commission scolaire. On parle de 100 000 $ sur un million d'économies, c'est quand même près des objectifs.»

Mises en demeure

Près d'une vingtaine de conseils d'établissement ont rejeté les changements avancés par la CSDHR, principalement sur le nouveau cycle scolaire. Devant cette opposition, la commission scolaire a mis en demeure, la semaine dernière, les conseils d'établissement s'étant prononcés contre le changement aux grilles horaires. On fait valoir les articles 84 et 86 de la Loi sur l'instruction publique pour les forcer à changer leur fusil d'épaule d'ici le 13 avril prochain, faute de quoi le conseil des commissaires prendrait les «moyens appropriés» pour parvenir à ses fins, «notamment en substituant leurs décisions à celles de l'établissement»,

est-il écrit. 

Au second vote, 17 conseils d'établissement ont maintenu leur opposition et verront leur grille horaire adoptée mardi par le conseil des commissaires.

Recours juridique

Le bras de fer entre la commission scolaire et le syndicat de l'enseignement tourne autour de l'interprétation des articles de la loi. «Le litige vient surtout du fait que le syndicat dit que la durée des périodes aurait dû être approuvée par les conseils d'établissement, mais ceux-ci ne peuvent pas se prononcer sur des mesures qui ont un impact financier sur la commission scolaire; ils n'ont pas juridiction là-dessus, explique M. Champagne. Si la grille-horaire est approuvée, (les conseils) peuvent ensuite nous dire ce qu'ils voudraient voir comme matières. C'est faux de croire que les conseils d'établissement n'ont pas de réel pouvoir, mais ils doivent le faire dans un nouveau cadre de dix jours.»

«La loi confère aux conseils le pouvoir d'approuver les grilles horaires; pour nous, approuver signifie aussi un droit de refus, souligne Mme Côté. Si on se substitue au conseil d'établissement, on limite son rôle.»

Le 18 avril, le conseil des commissaires pourrait adopter les grilles horaires pour les autres écoles de la CSHDR qui ne se seraient pas conformées d'ici là en vertu de la mise en demeure.

Devant ce «manque de démocratie», le syndicat se dit prêt à épauler les conseils d'établissement devant les tribunaux, s'ils en manifestent l'intention. «On est prêts à engager des avocats et à faire les démarches en leur nom s'ils nous donnent le mandat», affirme Mme Côté.

Pour le maintien des cours de musique

«Au préscolaire, les enfants (devraient) avoir au minimum une période de spécialité (par cycle de 10 jours) consacrée à la musique. Au primaire, deux périodes (par) cycle serait l'idéal.» Selon Jonathan Bolduc, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en musique et apprentissages à l'Université Laval, diminuer l'enseignement des spécialités, dont la musique, serait nuisible au développement intellectuel, sensoriel et moteur des élèves.

«Apprendre la musique sollicite plusieurs fonctions cognitives qui sont inhérentes au développement des habiletés de lecture, d'écriture et de mathématiques», soutient le chercheur. Des études scientifiques sérieuses tendent également à «démontrer que l'apprentissage de la musique peut aider à mieux réussir à l'école», ajoute-t-il.

Le professeur indique que les habiletés musicales se consolident entre l'âge de quatre et six ans, mais que de l'enseigner tout au long du primaire, pour ensuite poursuivre au secondaire, permet de maintenir les acquis et d'être mieux disposé à l'apprentissage.




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