Ruisseau Bouchard: des citoyens éconduits par la MRC et la Ville

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Les données sur la qualité de l'eau du ruisseau Bouchard, qui se rend dans le marais du Centre d'interprétation de la nature, ne sont pas du domaine public, selon la MRC de la Haute-Yamaska et la Ville de Granby

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Les membres du comité de quartier 2 à Granby ne pourront travailler à améliorer l'état du ruisseau Bouchard, l'un des principaux tributaires du lac Boivin. La MRC de la Haute-Yamaska et la Ville refusent de leur remettre les données sur le petit cours d'eau.

Les deux organisations municipales ont éconduit les citoyens qui ont formulé l'été dernier des demandes d'accès à l'information pour obtenir des documents inhérents au ruisseau qui s'écoule dans le marais du Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin. « C'est une mauvaise attitude qui suscite des soupçons. C'est un manque de transparence », déplore Paul Morisset, membre du conseil de quartier. « C'est une culture d'arrogance des autorités vis-à-vis des citoyens », dit-il.

En entrevue plus tôt cette semaine, M. Morisset a indiqué que le conseil de quartier cherche à faire sa part pour améliorer l'état du lac Boivin. L'organisme a ciblé le ruisseau Bouchard. « On a assisté aux consultations publiques sur l'avenir du lac Boivin. Il semble y avoir tellement de choses à faire. On s'est demandé ce que nous pourrions faire. Le ruisseau Bouchard passe dans notre quartier, on s'est dit qu'on pourrait se concentrer sur celui-là », a expliqué Richard Dubé, un autre membre du conseil de quartier.

Dans sa réponse envoyée au conseil de quartier, le 16 juin 2016, la MRC justifie son refus parce que « les données demandées ne sont pas publiques et le travail d'analyse à leur égard n'est pas terminé ». Pour sa part, la Ville soutient n'en détenir aucun.

Ces réponses étonnent. Dans des documents de la Ville en lien avec les consultations publiques sur l'avenir du lac Boivin, tenues en mai 2014, ainsi que dans le rapport officiel, déposé en avril 2015, on peut lire que « les principaux tributaires du lac et de l'étang du nord-est » ont été échantillonnés. Des données ont été colligées en 2011 et 2012 sur le phosphore total (Pt), le phosphore dissous (Pd), le carbone organique dissous (COD), les matières en suspension (MES) ainsi que sur le débit des tributaires.

Barrage de castor

La Ville a acheminé un seul document au conseil de quartier en rapport avec le ruisseau Bouchard : le rapport d'un inspecteur sur le démantèlement d'un barrage de castor en octobre 2010. « Si on demandait quels étaient les emplacements des stations d'échantillons, je peux comprendre qu'on ne veuille pas nous le dire. Mais on demande des données pour lesquelles les citoyens ont payé. Qu'ils nous disent qu'il y a déjà eu un barrage de castor, ce n'est pas pertinent », soutient François Morin, un autre citoyen du quartier.

Les membres du conseil de quartier sont d'autant plus déçus des refus de la MRC et de la Ville qu'ils ont pu discuter sans problème avec trois agriculteurs où passe le ruisseau Bouchard. Ils ont également rencontré à ce sujet un représentant de l'Union des producteurs agricoles, un de l'Organisme de bassin versant de la Yamaska, un autre du CINLB ainsi que l'agronome Isabelle Martineau. Tous, insiste M. Dubé, se sont montrés ouverts à explorer des façons de réduire le phosphore dans le cours d'eau. « On veut déclencher une prise de conscience. Il faut bouger et arrêter de trouver des raisons de ne pas le faire », a-t-il dit.

Dans son plan pour l'avenir du lac Boivin, la Ville identifie le marais du CINLB comme la deuxième source de phosphore du lac. Différentes mesures ont été proposées pour réduire la charge de phosphore transportée par les tributaires du lac dont le ruisseau Bouchard. La charge de phosphore total atteint 294 microgrammes par litre (µg/l) dans le ruisseau. Elle est de 160 µg/l dans le marais, de 47 µg/l dans l'embouchure de la rivière Yamaska Nord, de 50 µg/l dans le lac et de 58 dans son exutoire près de la station de la gare.

Les greffières responsables de l'application de la Loi d'accès aux documents ne nous ont pas rappelés vendredi.

Bonin s'en remet aux greffières

La décision de donner ou de refuser une demande d'accès à des documents relève des services du greffe de la MRC et de la Ville, soutient Pascal Bonin, préfet et maire des deux entités.

« C'est une décision juridique. Ça serait difficile pour nous de traiter les demandes et c'est mieux que le politique ne s'en mêle pas. On fait confiance à nos fonctionnaires pour s'en occuper. Elles ont les connaissances pour le faire », a-t-il dit vendredi en fin d'après-midi au sujet des deux greffières responsables des demandes d'accès.

M. Bonin a indiqué que les demandeurs peuvent toutefois contester les décisions rendues.

La dépollution du lac Boivin est un sujet complexe, a indiqué M. Bonin. Si la Ville est déterminée à appliquer son plan d'action pour améliorer la qualité de l'eau du lac, elle doit cependant fonctionner dans les paramètres fixés par le ministère de l'Environnement, a-t-il dit. « C'est un dossier où on attend depuis longtemps pour intervenir, depuis trop longtemps. Chaque fois qu'on veut faire quelque chose, on nous demande une étude. En plus, même les experts ont de la difficulté à s'entendre sur ce qui doit être fait. » 




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