Fraudeurs aux trousses d'entrepreneurs

S'il a réussi à se faire rembourser la... (Alain Dion)

Agrandir

S'il a réussi à se faire rembourser la fameuse trousse, Jacques McNicoll a souhaité partager son expérience pour éviter que d'autres ne tombent dans le panneau.

Alain Dion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) À peine avait-il complété l'achat d'une trousse de premiers soins par téléphone que Jacques McNicoll l'a regretté. Heureusement, celui-ci se trouvait dans les locaux de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), à Granby, qui l'a informé qu'il venait d'être victime d'un stratagème de vente frauduleux.

S'il a réussi à se faire rembourser sur sa carte de crédit les 175 $ déboursés pour se procurer la fameuse trousse, l'entrepreneur spécialisé a souhaité partager son expérience à La Voix de l'Est pour éviter que d'autres ne tombent dans le panneau.

« La compagnie m'a appelé jeudi, raconte-t-il. Tout de suite, on m'a dit qu'en vertu de certains articles de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, je devais me procurer un certain nombre de trousses pour être conforme. »

« Je commençais déjà à me poser des questions, parce qu'ils voulaient m'en vendre plusieurs, toujours en insistant que c'était en vertu de la loi, poursuit-il. J'en avais déjà une, mais ils voulaient m'en vendre une pour mon camion et une autre pour ma remorque. C'était absurde parce que je ne peux pas déplacer ma remorque sans mon camion, et je travaille seul... J'en ai finalement acheté une, mais je l'ai regretté. »

Une employée de l'APCHQ de Granby, à qui il partage ses inquiétudes, lui confirme qu'il s'agit d'une technique de vente frauduleuse fréquemment rapportée à l'association. 

L'ouvrier décide immédiatement de se faire rembourser. « J'ai appelé la compagnie, mais ils ne répondaient pas. J'ai laissé plusieurs messages. Quand on m'a rappelé, ils ont accepté de me créditer, mais ça n'a pas été facile », se remémore M. McNicoll, dont un proche a également été la cible d'une tactique similaire.

« Ce qui me fâche, ajoute-t-il, c'est qu'ils se servent de la loi pour nous mettre de la pression et pour nous vendre des trousses dont on n'a pas réellement besoin. »

Appel à la vigilance

Contactée par La Voix de l'Est, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) indique qu'aucun fournisseur n'est accrédité pour vendre des trousses de premiers secours en son nom. Aucune garantie ou certification de conformité n'est par ailleurs nécessaire pour son contenu, a précisé la porte-parole Geneviève Trudel. 

Celle-ci, comme son homologue de l'APCHQ, Jean-Sébastien Lapointe, appelle à la vigilance lorsqu'on est sollicité pour acheter de telles trousses par téléphone.

« Cette pratique est frauduleuse, souligne M. Lapointe. La CNESST dicte ce que la trousse doit comprendre, mais en aucun cas celle-ci ne devrait coûter 300 $. C'est une trousse qu'on peut trouver en pharmacie et à laquelle on peut ajouter certains éléments pour la compléter. »

Chaque printemps, l'association est saisie de cas du genre. « On a un monsieur qui a été appelé cinq fois. C'est de la vente à pression, ajoute le porte-parole. On invite nos membres à être prudents et à nous appeler s'ils ont des interrogations. »

Stratagème connu

Le stratagème, une fraude de type commercial selon le Bureau de la concurrence du Canada, est bien connu. 

En octobre 2007, un important réseau avait été démantelé par les forces policières pour avoir vendu, par télémarketing, des trousses de premiers soins à un prix de cinq à six fois trop élevé.

Environ 3600 petites et moyennes entreprises d'une dizaine de pays différents auraient été flouées. Cent trente personnes avaient été arrêtées par la Gendarmerie Royale du Canada pour s'être fait passer pour des représentantes d'une agence fédérale, prétendant qu'une nouvelle loi obligerait les victimes à se doter d'une nouvelle trousse.

Dans le cas actuel, aucune plainte n'a été logée auprès du Service de police de la Ville de Granby ou de la Sûreté du Québec à cet effet. Le Centre antifraude du Canada n'a pas rappelé le journal.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer