Kyling veut ravoir ses biens, avec intérêts

Me Thomas Walsh, à gauche, et son célèbre... (archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Me Thomas Walsh, à gauche, et son célèbre client Werner Kyling, photographiés en 2015.

archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Son deuxième procès annulé, le chef allégué d'un réseau de production et de trafic de marijuana dans le secteur de Bedford et Saint-Armand, Werner Kyling, veut maintenant récupérer ses biens saisis lors de la frappe policière, en 2005, et obtenir un dédommagement.

Le projet Cure, orchestré par la SQ, la GRC et des policiers américains, avait notamment mené à la saisie de 250 000 $ en liquide, d'un camion d'une valeur de 100 000 $ et d'un hélicoptère de marque Robinson estimé à près de 300 000 $. Une quarantaine de personnes avaient aussi été arrêtées. La plupart ont reçu des sentences.

M. Kyling a, quant à lui, subi son procès en 2011 à Sherbrooke en compagnie de sept coaccusés. Il a été condamné à huit ans de prison pour complot, production, trafic de drogue et gangstérisme. Mais la Cour d'appel a cassé ce verdict parce que le « jury bilingue » qui avait décidé du sort des accusés ne l'était pas suffisamment.

Un deuxième procès était dans les cartons. Or, la Couronne a indiqué en février dernier qu'elle abandonnait les accusations contre M. Kyling et ses coaccusés, vraisemblablement à la lumière du délai écoulé depuis l'arrestation.

Valeur

L'ex-vendeur de copeaux de bois de Saint-Armand de 74 ans, qui a toujours clamé son innocence, estime que ses biens ont perdu de la valeur depuis. « Personne ne s'en est occupé, a indiqué son avocat, Me Thomas Walsh, à Radio-Canada. On n'a pas encore une évaluation. Ce qu'on demande, c'est que ça nous soit rendu dans le même état. » Me Walsh n'a pas rappelé La Voix de l'Est, mardi.

La question de l'argent comptant est plus délicate : Me Walsh exigera des intérêts de 500 000 $ sur les 250 000 $ comptant, soit le double « parce que ça fait 12 ans » qu'ils ont été saisis. Au soutien de sa demande, il cite une déclaration du juge Conrad Chapdelaine formulée au terme de l'enquête préliminaire de M. Kyling, en 2006.

« La Couronne ne disposait d'aucune preuve pour démontrer que cet argent-là était, de quelque manière que ce soit, teint par la criminalité », dit Me Walsh, qui transmettra sous peu ses arguments par écrit à la juge Sophie Bourque, de la Cour supérieure. La Couronne aura ensuite 14 jours pour faire de même.

Me Walsh demandera aussi une indemnité pour son client qui a été acquitté tout en ayant dû subir 12 ans de procédures judiciaires à cause de sa présumée participation au « cartel de Bedford ».

Accusations

Me Caroline Meilleur, du ministère public, n'a pas rappelé La Voix de l'Est, tout comme Werner Kyling. « Il ne sera pas intéressé à vous parler, vous pouvez en être sûr, a mentionné son épouse Marthe Vandervalk, au téléphone. Je ne lui ferai même pas le message. »

Par le passé, Werner Kyling a aussi été accusé d'enlèvement, d'extorsion et de trafic de cigarettes de contrebande. Il s'en est tiré chaque fois devant les tribunaux, hormis une condamnation pour des vols de banque commis dans les années 1960. « Ils n'ont pas de preuve ! », s'est-il toujours plu à dire au sujet des policiers.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer