Des mesures pour faire fuir les bernaches au lac Davignon

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Avant que la situation ne dégénère comme à Granby, Cowansville prend les grands moyens pour diminuer la population de bernaches autour du lac Davignon. La fiente de ces oiseaux migrateurs est problématique pour la qualité de l'eau.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) La guerre aux bernaches est déclarée au Centre de la nature de Cowansville. Dès la prochaine saison de nidification, au printemps, des mesures seront mises en place pour que la population de bernaches quitte les abords du lac Davignon.

« On a formé un petit comité avant les Fêtes pour mettre en place des mesures pour éloigner les bernaches du Centre de la nature, explique Alain Dion, directeur des loisirs et de la vie communautaire. On avait invité la SPA des Cantons, le comité du lac et d'autres personnes pour travailler là-dessus. On a fait une forme de plan d'action qu'on va mettre en fonction dès cette année. »

L'effarouchement des bernaches est une nouvelle action qui sera testée cette année en collaboration avec la SPA des Cantons. « Chaque matin en été, des chiens [et leur maître] iront sur le site pour éloigner et faire décoller les bernaches. [Les chiens] ne sont pas permis, mais on va identifier des gens autorisés pour ce projet-là. Ils vont recevoir une formation donnée par M. Girard [NDLR : le directeur de la SPA des Cantons] et on va avoir une collaboration avec le club d'ornithologie au niveau de l'approche. »

Le projet-pilote vise à avoir une présence au Centre de la nature, notamment sur la plage, au lever du soleil. D'ailleurs, il n'est pas question de poursuivre les bernaches ; les chiens devront être tenus en laisse. Leur seule présence sur le site devrait suffire non seulement à effaroucher les bernaches, mais aussi les mouettes. Les observations seront notées, de même que les statistiques, afin de faire un bilan de ce projet-pilote.

Le filet, installé près de la plage vers la fin de l'été 2016, sera de retour. Cette fois, il sera installé dès le début de la saison pour limiter l'accès à la plage aux bernaches, dont les fientes ont posé problème par le passé pour la qualité de l'eau du lac Davignon. 

Les herbes seront aussi gardées longues dans le parc puisque les bernaches préfèrent l'herbe courte.

Stériliser les oeufs

La stérilisation des oeufs est également un moyen privilégié pour combattre la présence des bernaches. « La stérilisation des oeufs est en place chez nous depuis trois ans, indique M. Dion. C'est mené par un comité citoyen. On est allé chercher les autorisations d'Environnement Canada encore cette année. C'est un projet assez efficace jusqu'à présent. »

Réal Monast, bénévole responsable de la stérilisation des oeufs, explique la procédure à suivre. Les bernaches, déjà présentes dans certains champs autour de Cowansville, viendront s'établir autour du lac lorsque la glace aura fondu. Le plan d'eau a l'avantage de les protéger contre les prédateurs, explique-t-il.

Les couples se formeront, ils prépareront leurs nids pendant environ une semaine avant que les femelles pondent leurs oeufs, à raison d'un par jour. « Le mâle est tout le temps à une centaine de mètres de distance d'où la femelle a fait son nid. On attend que les oeufs soient tous là. Habituellement il y en a 6 ou 7 par nid. Lors de la stérilisation, on essaie d'éloigner les bernaches avec un genre de bâton avec lequel on peut les tenir à distance par le cou. Ça se fait relativement bien. On a une personne qui observe les bernaches et deux autres qui vont sur le nid. »

« Pour les stériliser comme tel, on les secoue fort pour mélanger les substances. Pour s'assurer qu'ils sont vraiment stériles, on fait un petit trou dans la coquille pour faire entrer de l'air et des bactéries. »

« Si on attend que les petits naissent, ajoute-t-il, on n'est plus capable de faire quoi que ce soit parce que les jeunes ne pourront plus partir avant la mi-juillet, début août. En stérilisant les oeufs, au bout d'un mois à sept semaines, les bernaches s'aperçoivent qu'il n'y a rien à faire avec leurs oeufs et elles s'en vont. »

M. Monast précise que, lorsque les adultes ont des petits, un phénomène naturel fait en sorte qu'ils sont incapables de voler jusqu'à ce que les petits deviennent grands.

Mieux vaut prévenir que guérir

L'année précédent l'instauration de la stérilisation des oeufs, 45 bernaches avaient été dénombrées autour du lac Davignon. Il n'y en a eu aucune durant la période estivale les deux premières années que cette action a été pratiquée, et une quarantaine ont été répertoriées l'an dernier puisque deux nids n'avaient pas été déclarés. Le premier se trouvait sur un terrain privé et le deuxième­, sur la rive de la rivière. 

C'est pourquoi la collaboration des riverains du lac et de la rivière est demandée pour signaler les nids sur leur terrain, les bénévoles patrouillant seulement les îles et le Centre de la nature. 

Le Service de loisirs communiquera avec les citoyens pour que ceux-ci gardent l'oeil ouvert et rapportent leurs observations. 

Il est important de s'attaquer tout de suite au problème, assure Réal Monast, afin que la population ne prolifère pas. Dans le moment, « ce n'est pas un problème comme à Granby, dit-il. À Granby, c'est trop tard. C'est ce qu'on ne veut pas avoir à Cowansville. »




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