Accident de travail mortel chez Allinov: deux causes identifiées par la CNESST

Le mécanicien industriel Daniel St-Pierre a été écrasé... (fournie par la CNESST)

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Le mécanicien industriel Daniel St-Pierre a été écrasé par ce motoréducteur alors qu'il s'affairait à l'installer sur la tête d'un convoyeur. La méthode de travail dangereuse et l'instabilité du motoréducteur sont les deux causes ciblées par les inspecteurs pour expliquer la tragédie.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Saint-Jean-sur-Richelieu) Une méthode de travail dangereuse et l'instabilité du motoréducteur sont les deux causes identifiées par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour expliquer l'accident de travail qui a coûté la vie à un mécanicien industriel chez Allinov - une entreprise de Marieville -, l'automne dernier.

Le travailleur a succombé à ses blessures, le 27 octobre, après avoir été écrasé par un motoréducteur - un appareil qui sert à réduire la vitesse de la courroie du convoyeur - alors qu'il procédait à son installation sur la tête d'un convoyeur dans la cour de l'entreprise, ont expliqué les inspecteurs de la CNESST qui ont présenté les conclusions de leur enquête, mercredi à St-Jean-sur-Richelieu. 

Une grue, une élingue à chaîne et des crochets à verrouillage automatique étaient alors utilisés pour soutenir le motoréducteur. Après l'inspection et la réalisation de tests de charge, tous ces équipements étaient en bon état et pouvaient supporter la pièce qui pèse 849 kilos.

Pendant leur investigation, les inspecteurs de la CNESST ont cependant appris que le crochet de la grue attaché au motoréducteur n'était plus en place, donc qu'il n'y avait plus aucun lien de retenue entre la grue et le motoréducteur, lors de l'intervention des secouristes auprès du travailleur qui a succombé à ses blessures.

L'enquête démontre que le travailleur a retiré lui-même le crochet, mais le motoréducteur est devenu instable malgré sa position verticale et il s'est renversé en direction du travailleur qui se trouvait dans l'axe de rotation, résume Alexandre Audette, directeur prévention et inspection à la CNESST, direction régionale de St-Jean-sur-Richelieu.

Aucune procédure de travail précise

Les inspecteurs ont également constaté l'absence de méthode de travail sécuritaire pour compléter l'installation du motoréducteur sur la section de tête d'un convoyeur. Il n'y avait aucune procédure de travail précise concernant ce type d'installation dans l'entreprise. 

Fait à noter, ce procédé d'installation est habituellement exécuté dans l'usine de l'entreprise, mais puisque le moteur n'avait pas encore été livré et qu'il y a eu une erreur de fabrication sur une autre pièce, le motoréducteur a plutôt été installé dans des conditions et avec des équipements différents le jour de l'accident, rapporte la CNESST.

Cette dernière affirme que le travailleur décédé a déterminé lui-même la méthode de travail à utiliser ce jour-là et que son employeur l'a autorisé sans consigne précise et sans supervision.

À la suite de la tragédie, l'entreprise a dû modifier ses façons de faire et former ses employés sur les nouvelles méthodes de travail à adopter. « Avant de procéder à ces manoeuvres, il faut analyser, connaître les risques pour les éliminer », indique M. Audette. 

Le dossier d'enquête a été soumis au département des affaires juridiques de la CNESST qui devra déterminer la nature des contraventions à délivrer à l'entreprise ainsi que le montant des amendes. 

L'entreprise Allinov n'a pas rappelé La Voix de l'Est mercredi.




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