Malaise autour du geste d'un commerçant à Bromont

L'accord d'une dérogation pour la tenue d'un événement... (archives La Voix de l'Est)

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L'accord d'une dérogation pour la tenue d'un événement au profit du Parc des sommets a suscité des réactions partagées au sein du conseil de Bromont, lundi.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le propriétaire du Bistro 633 à Bromont, Luc Viens, a décidé de contribuer au projet du Parc des sommets de Bromont en organisant un événement-bénéfice dans son établissement le 12 avril. Or, le fait que la Ville accorde une dérogation pour la tenue de la soirée-spectacle a suscité des réactions partagées chez les élus lors de la séance du conseil, lundi.

Le malaise est survenu juste avant la période de questions, au moment où les membres du conseil devaient se prononcer à propos d'une résolution concernant l'accord, en vertu de l'article 58 du règlement de zonage, d'une permission spéciale pour la tenue du souper-bénéfice.

« C'est une initiative qui nous place un peu dans l'embarras. On parle d'une personne qui veut présenter un spectacle. Qui va donner de son temps, de son argent et qui s'implique personnellement. D'un autre côté, on a des citoyens qui ont signé une pétition pour nuisance pour le bruit. [...] Comme c'est une cause importante, je vais dire oui pour cette fois. Mais ce ne sera pas récurrent pour les autres projets qui vont venir par la suite », a réagi le conseiller Réal Brunelle.

La représentante du district où aura lieu l'événement, Diane Perron, a tenu des propos dans la même veine. « Effectivement, on se trouve dans une situation très inconfortable. Une situation où il y a un litige qui est judiciarisé. Et on nous demande de déroger à un règlement pour un événement qui pourrait aussi bien se tenir, même en respectant les normes. [...] Ma décision n'est pas en fonction de votes ou quelque intérêt que ce soit, a-t-elle assuré. Elle est en fonction de mon âme et conscience [...] alors je vais voter contre la résolution. »

Le conseiller municipal et ancien président de Protégeons Bromont, Louis Villeneuve, a pris la balle au bond afin de remettre les pendules à l'heure. « Je respecte tout à fait l'opinion de ma consoeur. [...] Mais je suis convaincu que les gens de Protégeons Bromont vont non seulement demander à ce que la musique respecte le niveau sonore pour ne pas embêter les citoyens, mais aussi demander aux gens présents de ne pas crier pour qu'on les entende jusque sur le dessus de la montagne. » Tous les autres élus ont abondé dans le même sens en entérinant­ la résolution. 

Rappelons qu'en 2015, le restaurateur a ajouté une terrasse à l'arrière de son établissement de la rue Shefford­ pour que des musiciens locaux s'y produisent durant la saison estivale. Peu de temps après le début des prestations en plein air, à raison de trois soirs par semaine, le propriétaire du bistro a reçu la visite des policiers à la suite de plaintes de résidents du voisinage. Ainsi, Luc Viens s'est fait coller pour près de 6000 $ de constats d'infraction pour nuisance depuis la fin mai. Par ailleurs, pas question pour le restaurateur d'acquitter une facture aussi salée sans faire valoir ses droits devant les tribunaux. 

Discernement

Après avoir fait du surplace durant des mois, le projet de parc a progressé après la conclusion d'une entente, en novembre, entre CNC et Bromont Immobilier, dont Charles Désourdy est le président. Celle-ci prévoit que 7,25 M $ devront être versés au promoteur pour acquérir le flanc sud du mont Brome, soit les monts Spruce et Bernard de même que le secteur du Val 8. À cela s'ajoute une série de sentiers. La date butoir pour réunir la somme est le 1er février 2018. De son côté, Bromont s'est engagée à contribuer à hauteur de 2,75 M $ pour la réalisation du parc protégé. 

Bien qu'il soit « heureux de la décision finale des élus » d'endosser le projet de soirée-spectacle au profit du Parc des sommets, Luc Viens est d'avis qu'il faut faire preuve de « plus de discernement » dans le dossier.

« Personnellement, je crois au projet mené par Protégeons Bromont. En tant que restaurateur, je suis constamment sollicité pour endosser des causes. Mais j'ai choisi celle-là. Et je paie tout pour cette soirée : le chansonnier, les consommations, les repas, les employés et même l'impression des billets. Je me sers en quelque sorte de la plateforme du restaurant pour faire un don. [...] C'est dommage que certaines personnes éprouvent un malaise à propos du fait que l'événement ait lieu au bistro. Mais, je respecte leur opinion », a indiqué l'homme d'affaires, précisant que 80 convives sont attendus­ au coût de 200 $ par billet. 

« Je suis convaincu que l'événement sera un succès, a-t-il poursuivi. Et tant mieux si mon geste peut inciter d'autres commerçants à faire la même chose. »




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