Contaminants dans la rivière Yamaska Nord: les sources devront être trouvées

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Les contaminants chimiques retrouvés dans la rivière Yamaska Nord à Granby pourraient provenir de processus de production d'entreprises manufacturières. Des inspections devront être menées pour trouver les sources de cette pollution.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Des inspections devront être menées dans des usines de Granby pour découvrir la source de plusieurs contaminants chimiques retrouvés dans la rivière Yamaska Nord. De telles actions ont permis en 2005 d'en identifier certaines et de corriger le tir, note Claude Ouimette, directeur du traitement des eaux de la Ville de Granby.

Réagissant jeudi à l'étude du ministère de l'Environnement, M. Ouimette­ s'est dit « sous le choc » d'apprendre qu'autant de substances chimiques, certaines dépassant les normes, ont été détectées dans la rivière et dans la chair des poissons qui l'habitent. « On ne peut pas ignorer un document comme ça. On est attristé des résultats, mais en même temps content que l'étude ait été faite parce qu'on n'a pas les compétences scientifiques pour en faire une. On sait qu'on doit améliorer le traitement de nos eaux usées. »

Les échantillons prélevés dans les rivières Yamaska Nord et Sud-Est à Cowansville ainsi que Le Renne à Acton Vale contenaient plusieurs substances toxiques comme du bisphénol-A, du phtalates et des métaux comme du fer, du molybdène, de l'antimoine, du vanadium, de l'aluminium et du zinc. La présence de ces substances, retrouvées en aval des usines d'épuration des eaux usées, est nuisible à la qualité de l'eau ainsi qu'à celle des poissons. De nombreuses traces de médicaments et de produits de soins personnels ont également été détectées. 

La Ville de Granby a officiellement demandé au ministère de l'Environnement une rencontre avec les chercheurs qui ont réalisé l'étude, a dit M. Ouimette. « C'est un travail remarquable qu'ils ont fait. On doit s'asseoir avec eux et voir ce qu'on fait maintenant­ pour arrêter cette pollution. »

Des vérifications doivent être faites dans les entreprises manufacturières qui utilisent des produits chimiques, estime M. Ouimette. Comme lors d'un projet spécial mené au milieu des années 2000, l'inventaire des produits chimiques des entreprises permettra peut-être de réduire ou éliminer ceux qui causent des problèmes­, a-t-il dit.

Des sources de pollution pourraient exister ailleurs, croit M. Ouimette. Les deux stations d'échantillonnage utilisées par les biologistes du Ministère pour la Yamaska Nord sont séparées de plusieurs kilomètres, fait-il remarquer. La première se trouve à la plage Darby à Shefford alors que la seconde, en aval, est à côté du pont de la route 139 (boulevard David-Bouchard­) à Granby. Les polluants ne proviennent peut-être pas tous des eaux rejetées par l'usine d'épuration des eaux usées, indique-t-il.

Ratisser la rivière entre les deux endroits, dont le lac Boivin, pour identifier des sources de pollution est un projet complexe, reconnaît M. Ouimette­. L'aide scientifique et financière des gouvernements fédéral et provincial sera essentielle pour réaliser une telle inspection, a-t-il dit. « On a des choses à analyser entre les deux zones d'échantillonnage. Il faut être assisté pour faire ça. On n'a pas les moyens scientifiques pour le faire. »

Multiplication des tests

Les municipalités sont tenues de vérifier ce qui sort de leurs usines d'épuration des eaux usées, indique M. Ouimette. Les plus grandes villes, dont Granby, devront bientôt augmenter le nombre de tests qu'elles réalisent pour s'assurer que les normes de rejet sont respectées. Les responsables des usines devront en effectuer une centaine plutôt qu'une dizaine. « On vérifie quelques paramètres de pollution comme la demande biochimique en oxygène. Ce sont des tests de base, des tests pour nous dire quel est l'impact de la pollution exercée sur la rivière. Mais on va devoir analyser beaucoup plus de paramètres. »

De nouvelles normes de rejet, établies par le gouvernement fédéral, entreront en vigueur dans les prochaines années. Les usines d'épuration des eaux usées devront revoir leurs techniques de traitement, a dit M. Ouimette. Des investissements pourraient devoir être faits dans certaines installations pour qu'elles puissent respecter les futures normes. « L'objectif, c'est d'améliorer notre bilan. On va devoir adapter nos usines à des problématiques de pollution très spécifiques », a-t-il expliqué.

Cette année, la Ville de Granby dépensera environ 50 000 $ pour les tests à son usine d'épuration. Ceux-ci sont effectués par des laboratoires spécialisés en eaux usées. M. Ouimette­ leur a demandé des soumissions en vue des nouveaux tests qui devront être faits.




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