Idées fraîches pour préserver les aliments

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En prolongeant la durée de vie des aliments, on réduit le gaspillage alimentaire, tant du côté des transformateurs que des consommateurs.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ), qui a pignon rue Denison à Granby, a reçu mardi une aide financière de 406 731 $ de la part du gouvernement provincial afin de consolider un projet de 1,2 million $ visant à augmenter la durée de conservation des aliments.

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Sylvain Charlebois, professeur titulaire et doyen à la Faculté en Management et en Agriculture à l'Université Dalhousie à Halifax.

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Dimitri Fraeys, vice-président, Innovation et Affaires économiques au CTAQ.

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La vice-première ministre et ministre responsable des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Allègement réglementaire et du Développement économique régional, Lise Thériault, en a fait l'annonce par voie de communiqué, mardi avant-midi. La subvention provient du Programme d'appui au développement des secteurs stratégiques et des créneaux d'excellence. 

Le projet en question, évalué à 1 245 749 $, est au coeur d'un partenariat de quatre établissements de recherche - l'Université McGill de Montréal, l'Université Laval de Québec, le Centre de recherche et de développement agroalimentaire de Saint-Hyacinthe et l'Institut national de recherche scientifique - et d'une quinzaine d'entreprises en transformation agroalimentaire. Sans pouvoir dévoiler de noms, le CTAQ indique toutefois que plusieurs entreprises partenaires sont situées en Montérégie.

Le CTAQ, le principal regroupement d'entreprises dans le secteur de la transformation alimentaire du Québec avec 80 % du volume annuel d'affaires de l'industrie, chapeautera le tout. « La collaboration de l'industrie aide énormément. Que la CTAQ joue un rôle de leader dans ce projet est une très bonne chose », souligne le Farnhamien d'origine Sylvain Charlebois, professeur titulaire et doyen à la Faculté en Management et en Agriculture à l'Université Dalhousie à Halifax.

Nouvelles approches

« On va essayer de nouvelles approches et mettre nos expertises en commun, explique Dimitri Fraeys, vice-président, Innovation et Affaires économiques au conseil. On va pouvoir tester ce qu'on étudie en centre de recherche dans les entreprises partenaires. »

Concrètement, au cours du projet de 18 mois, on compte d'abord établir une cartographie des ingrédients naturels avec un fort potentiel antimicrobien. On étudiera aussi l'efficacité de l'ozone et de la lumière pulsée pour améliorer la conservation des aliments. La recherche s'attardera aussi aux emballages dits « actifs », qui protègent et conservent la nourriture plus longtemps.

Il existe toutes sortes de technologies pour préserver les aliments, souligne M. Charlebois, citant en exemple la viande irradiée. « Les emballages actifs, ça ne fait que commencer, ajoute-t-il. Mais le problème primaire demeure le coût des aliments. Si les transformateurs voient le coût de leurs produits augmenter avec ces solutions-là, ils n'iront pas nécessairement dans cette direction-là. »

Peut-être que le projet du CTAQ permettra d'en arriver à des solutions à la fois performantes et économiques qui convaincront les entreprises, souhaite-t-il.

Réduire le gaspillage

De telles initiatives démontrent que l'industrie est consciente des défis auxquels elle fait face et qu'elle prend les moyens pour les relever, relève M. Fraeys. « L'enjeu est que, chaque fois qu'on améliore la durée de vie d'un aliment, on diminue le gaspillage, explique le vice-président. C'est bénéfique pour les entreprises, et ça l'est tout autant pour les consommateurs. »

Le gaspillage représente un poids important pour l'industrie de la transformation alimentaire, souligne M. Charlebois. « Avec la pression que les transformateurs doivent gérer avec les distributeurs, ils font tout pour mieux gérer leurs coûts, explique-t-il. Ce qui arrive, c'est que les distributeurs, comme les Provigo, IGA et Métro, baissent leurs prix. Ils demandent aux fournisseurs de faire la même chose. Le programme du CTAQ fait plein de sens, puisqu'on s'attaque directement aux coûts en éliminant le gaspillage. C'est une stratégie qui a beaucoup de mérite. »

Le chercheur chiffre à 30 milliards de dollars par année au Canada les pertes occasionnées par le gaspillage alimentaire. « Ça inclut toutes les ressources pour créer les aliments », nuance le professeur, faisant référence aux dépenses encourues en eau, en énergie, et en transport, par exemple, pour en arriver à un aliment transformé qui ne sera finalement pas consommé.

Au terme du projet, qui devrait prendre fin le 31 mars 2018, la coalition devrait présenter le fruit de ses recherches.  « On ne sait pas encore dans quel contexte, mais c'est évident qu'il va y avoir un transfert de connaissances pour en faire profiter l'industrie », note M. Fraeys.




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