Soins à domicile: les mêmes règles du jeu pour tous réclamées

André Plouffe, de la Coop Autonomie Chez soi,... (Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est)

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André Plouffe, de la Coop Autonomie Chez soi, Sylvie Hamon de l'AQDR Granby et Marie-Christine Hon, de DHGR, ont remis une pétition de 1100 signatures au député François Bonnardel.

Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) La Coop Autonomie chez soi, l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées Granby (AQDR) et la Dynamique des Handicapés Granby et Région (DHGR) poursuivent leur combat pour obtenir des normes dans l'offre de soins à domicile. Après avoir réclamé - et obtenu - un moratoire sur l'octroi de contrats, ils ont déposé vendredi une pétition visant à instaurer des standards de qualité pour la dispense de ces soins.

Déjà, Québec avait consenti à un moratoire sur les appels d'offres de services en soins à domicile, réclamé par les entreprises d'économie sociale en aide à domicile (EESAD) après que des contrats publics d'envergure avaient été octroyés au secteur privé dans les régions de Montréal et de Laval.

Essentiellement, ces organismes à but non lucratif exigent des cadres de référence pour les appels d'offres en soins à domicile, puisque dans l'état actuel des choses, les entreprises privées ne sont pas tenues de former leur personnel dans la même mesure qu'eux. Les OBNL doivent présentement répondre à une trentaine de critères pour être admissibles aux appels d'offres gouvernementaux.

Les organismes pétitionnaires craignent également que le libre accès aux offres de services en soins à domicile se traduise par une diminution significative de la qualité des services et de la sécurité des bénéficiaires. Une problématique d'imputabilité pourrait également se manifester si les entreprises prestataires de service font appel à des sous-traitants et des agences de placement- de personnel.

De plus, a-t-on souligné, le fait que les prestataires de services privés soient en mesure d'offrir du soutien à domicile à moindre coût met en péril l'avenir des EESAD. « Si l'entreprise privée est à considérer (...), il est impératif que les règles du jeu soient les mêmes pour tous », a martelé André Plouffe, directeur général de la Coop Autonomie chez soi.

Craintes

« On se demande à quel point les gens issus des agences d'emplois pourraient manquer de formation. Est-ce qu'on ferait face à des cas d'abus et de maltraitance ? On ne pourrait pas le savoir », note Marie-Christine Hon, coordonnatrice à DHGR.

« Le gouvernement a été un peu vite en affaires en ouvrant les appels de service. C'est correct de les mettre sur le marché, de permettre la compétition pour économiser. La concurrence nous place dans l'obligation de toujours s'améliorer. Mais il faut des balises, sinon n'importe qui peut s'improviser (prestataire de services-) », souligne M. Plouffe.

« C'est correct que ça puisse passer au privé, à partir du moment où les gens sont assurés d'avoir accès à la même qualité de services, et ce, de façon sécuritaire », renchérit Mme Hon.

« Il faut aussi se rappeler que n'importe qui peut se retrouver en perte d'autonomie demain, ajoute-t-elle ensuite. Il ne faut pas simplement considérer les personnes handicapées d'aujourd'hui. Nous sommes tous concernés. »

Pétition

Depuis le lancement de la pétition, il y a tout près d'un mois, 1100 personnes y ont apposé leur signature. Le tout a été présenté vendredi matin au député de Granby, François- Bonnardel, qui s'engage à porter le dossier auprès de ses collègues de l'Assemblée nationale. La pétition sera officiellement déposée le 16 mars prochain.

« On met en péril plusieurs entreprises d'économie sociale, constate-t-il. Des cadres de normes doivent être respectés autant par le public que le privé, sinon c'est deux poids, deux mesures. Est-ce que le CIUSSS embaucherait des infirmières formées- à moitié ? J'en doute. »

Selon le leader parlementaire caquiste, l'empressement du gouvernement d'ouvrir ses offres de service au privé démontre, une fois de plus, qu'il cherche à économiser au détriment des clientèles vulnérables. « On l'a vu très récemment avec le crédit d'impôt pour personnes âgées (ndlr : Québec souhaitait rehausser l'âge d'admissibilité de 65 à 70 ans, mais a reculé devant la protestation populaire), illustre-t-il. Embaucher quelqu'un de moins bien formé pour moins cher, c'est extrêmement malsain et déshonorant pour ceux qui bûchent tous les jours auprès de ceux qui en ont le plus besoin. »

La pétition peut toujours être signée auprès des trois organismes instigateurs.




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