Cinq ans et demi de prison pour le faux neurochirurgien

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Andrew Steve Marchionni a été condamné jeudi à cinq ans de demi de prison.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le témoignage rendu par Andrew Steve Marchionni en cour a convaincu le tribunal d'accepter la sentence suggérée tant par la Couronne que par la défense, soit cinq ans et demi de prison.

Au chapitre de la crédibilité, « je ne lui en accorde aucune », a déclaré le juge Serge Champoux au moment de rendre son jugement, jeudi. Le magistrat a rappelé que le Bromontois de 62 ans, qui a plaidé coupable à de multiples accusations de fraudes commises aux dépens de 11 personnes de Bromont, Granby et Sainte-Cécile-de-Milton, a fait des déclarations douteuses au tribunal.

Lors de son arrestation, M. Marchionni avait soutenu être un vrai médecin, bien qu'il n'y en ait aucune preuve, et avoir étudié à l'université McGill. Devant la cour, il s'est ravisé et a plutôt dit être diplômé de l'université Concordia.

« Je n'ai jamais entendu personne se tromper d'université où il a étudié », a dit le juge Champoux. 

Restitution

Le sexagénaire a aussi répété être père d'un fils adoptif malade, ce qui s'est aussi avéré faux, et qu'un million d'euros l'attendaient en Italie, mais qu'il ne s'y rendait pas à cause du prix élevé des billets d'avion. 

« Le pire, c'est que bien qu'il ait plaidé coupable, on demeure avec l'impression que l'accusé ne reconnaît pas être un fraudeur » et rejette ses fautes sur les autres, a ajouté le juge. « Il ne vit que de fraudes, de beaux discours et de scénarios inventés de toutes pièces. Il n'a aucun emploi légitime. »

Et peu d'avoirs, ce qui rendra la tâche difficile, pour les 11 victimes, de récupérer les 54 938,63 $ que M. Marchionni leur a subtilisés en leur faisant croire qu'il pouvait accélérer leur dossier médical ou leurs demandes d'indemnités. Il a aussi omis de payer son loyer dans un condo de luxe, à Bromont, et se posait en intermédiaire pour l'achat de voitures usagées qui n'existaient pas.

Le juge a tout de même émis une ordonnance de dédommagement qui sera effective à sa sortie de prison.

« Ça va le faire réfléchir »

L'une des victimes du faux neurochirurgien, René Brodeur, s'est dite satisfaite de la sentence imposée. « C'est bon, ça va lui faire du bien et ça va le faire réfléchir », a-t-il commenté à sa sortie de la salle d'audience. Mais il fonde peu d'espoir, lui aussi, de récupérer son dû.

Bien qu'ayant plaidé coupable, l'accusé contestait - à la baisse - les montants volés. Le juge a toutefois penché du côté des plaignants qu'il a qualifiés d'« éloquents » et de « crédibles », surtout concernant l'impact tant financier que personnel que les fraudes ont eu sur eux.

Ils souffrent tous de problèmes de santé que M. Marchionni a exploités, a rappelé le magistrat. Depuis, leurs dossiers médicaux et demandes d'indemnités en ont pâti. Le juge a néanmoins dit espérer que la peine de prison soit « dissuasive » pour l'accusé, bien que ça ne soit pas sa première.

Andrew Steve Marchionni avait été arrêté en avril 2016. Il est resté détenu durant toutes les procédures judiciaires, notamment à cause du nombre élevé de plaignants, du peu de garanties offertes par sa conjointe, Véronique St-Yves, et du peu de crédibilité de cette dernière étant donné qu'elle a souvent assisté son conjoint dans ses arnaques.




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