Cri du coeur d'un Farnhamien

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Marilyne Samson et Marc-Alexandre Gaudreau, accompagnés de leur fils Jean-Philippe, espèrent une intervention prochaine de Québec pour les aider.

La Voix de l'Est, Christophe Boisseau-Dion

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(Farnham) Un jeune Farnhamien, atteint d'une tumeur au cerveau, se sent abandonné. Depuis qu'il a emménagé avec sa conjointe - et mère de son enfant, il ne peut avoir accès à une aide gouvernementale pour l'aider à combattre la maladie.

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Marc-Alexandre Gaudreau doit prendre une impressionnante quantité de médicaments pour venir à bout de spasmes au bras, qui l'empêchent de travailler.

Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est

« Je me sens comme un poids pour ma famille. Je ne remplis aucun critère pour être admissible à une quelconque aide. On ne reçoit aucune compassion du gouvernement. Pour eux, c'est quoi la dif­férence entre moi qui me bats et si je suis mort ? », laisse tomber Marc-Alexandre Gaudreau, désemparé et à bout de ressources.

C'est à l'âge de 19 ans que la vie de Marc-Alexandre Gaudreau bascule­ à la suite du diagnostic.

« J'essayais de vivre comme tout le monde. Je jouais au hockey, j'allais à l'école. J'ai même fait mon DEP en mécanique automobile et j'ai travaillé­ dans un garage », raconte-t-il. 

En mars 2011, un coup encore plus dur l'attend. À la suite de complications découlant d'une opération, il perd le contrôle de son bras droit et doit endurer de nombreux spasmes musculaires - dans les pires moments, jusqu'à plusieurs centaines par jour.

 « Les médecins ne savaient pas trop quoi faire. Seuls les médicaments ont pu m'aider un petit peu. »

Le Farnhamien se retrouve sans aucune ressource financière parce qu'il n'a assez pas cotisé à l'assurance invalidité. Incapable de travailler, il se résigne à se tourner vers l'aide sociale pour subvenir à ses besoins.

Mais il n'est pas au bout de ses peines. Son père, à qui on avait diagnostiqué une leucémie six mois plus tôt, meurt peu de temps après l'opération du garçon. « J'ai alors hérité de 10 000 $. On m'a dit d'attendre que je sois dans le trouble avant de pouvoir recevoir l'aide sociale. C'est aberrant : je n'avais aucun moyen d'avoir de revenus », s'insurge-t-il.

L'amour change tout

La vie amène enfin quelque chose de positif à Marc-Alexandre Gaudreau­. Il rencontre Marilyne Samson, qui deviendra la mère de son enfant. 

Après quelques années de fréquentation, le petit Jean-Philippe, aujourd'hui âgé de 15 mois, naît de leur union. « On a vécu notre relation à distance pendant un bon moment. Mais à un moment donné, on voulait fonder une famille, comme tous les autres autres couples », explique Marilyne, qui appuie inconditionnellement son conjoint. 

« On s'en doutait que ça allait sûrement couper les prestations, mais on n'avait aucune idée à quel point », affirme Marilyne. 

Voulant « être légal », le couple décide en effet de jouer franc jeu et déclare sa situation de vie maritale. « On élève un enfant, on ne veut pas lui montrer à "crosser" le système. On veut lui montrer les bonnes valeurs », lance Marc-Alexandre. 

« Finalement on se retrouve à recevoir rien du tout. La seule personne au monde avec qui je ne peux pas vivre, c'est la mère de mon propre enfant ! C'est inhumain, s'insurge le Farhnamien. Plusieurs personnes le font. J'aurais juste à dire que j'habite chez ma mère et je recevrais l'aide sociale. Mais je ne veux pas vivre dans le mensonge. »

Intervention du ministre

C'est donc Maryline Samson qui doit subvenir aux besoins de toute la famille avec son salaire d'éducatrice spécialisée. « Nous, on dirait oui à n'importe quelle aide, que ce soit seulement pour aider à payer les frais médicaux, qui s'élèvent à au moins 180 $ de médicaments par mois, sans compter tous les autres frais pour aller à l'hôpital. On demande le pouvoir discrétionnaire du ministre pour avoir un peu d'aide », affirme la jeune femme. Le couple dit vouloir offrir « une belle qualité de vie » à son enfant.

« L'affaire, c'est qu'on se retrouve sans coussin si jamais une autre bad luck nous arrive. J'ai encore ma tumeur. Mes médicaments servent juste à régler mes problèmes de spasmes. Ma dignité en prend un coup : je suis un poids sur les épaules de ma conjointe et mon futur n'est jamais acquis. On essaie de pas trop penser au futur », s'attriste Marc-Alexandre. 

Le couple qui « se satisfait avec peu de choses » remercie d'ailleurs son entourage de l'épauler à travers cette épreuve. « Sans eux, ce serait insoutenable... »

Estimant qu'ils « sont tombés dans une craque du système », les deux amoureux espèrent un dénouement prochain à leur situation. Un GoFundMe a d'ailleurs été créé pour leur offrir un soutien financier : https ://www.gofundme.com/2ceigdo.




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