Portrait piscicole rassurant dans le lac Davignon

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L'inventaire a permis de recenser 17 espèces de poissons, dont des menés jaunes.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) Le lac Davignon regorge de poissons. Un inventaire mené l'été dernier a permis de recenser 17 espèces de poissons, dont dix se reproduisent dans le plan d'eau. Ombre au tableau : 12,3 % des poissons capturés présentent des anomalies.

Plusieurs poissons capturés avaient des anomalies. Du lot,... (fournie par le Comité de sauvegarde du lac Davignon) - image 1.0

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Plusieurs poissons capturés avaient des anomalies. Du lot, une grande quantité avaient des nageoires érodées.

fournie par le Comité de sauvegarde du lac Davignon

L'inventaire permet de dresser un portrait rassurant de l'état du lac comme habitat des poissons, estime Isabelle Picard, la biologiste qui a réalisé le travail pour le Comité de sauvegarde du lac Davignon. « On a des éléments réjouissants pour le lac. On a trouvé deux nouvelles espèces, mais on a surtout une belle abondance de petits poissons dans les herbiers. C'est un bon signe de santé du lac et d'un écosystème balancé », explique-t-elle en entrevue à La Voix de l'Est.

Des 2300 poissons capturés, la perchaude a été la plus nombreuse avec 35 % des captures.

De nombreux crapets soleil, des achigans à petite bouche et à grande bouche et des menés jaunes ont également été pêchés (voir tableau : De nombreuses espèces).

Un doré a aussi été capturé. Cette espèce, très prisée des pêcheurs, se retrouve en plus grand nombre, assure Mme Picard. Elle rappelle qu'il s'agit d'une espèce nocturne et que leur pêche est plus facile la nuit. Les techniques de pêche utilisées pour l'inventaire n'étaient pas propices pour trouver des dorés, dit-elle.

Une pêche nocturne au lac Brome l'année dernière a permis de confirmer sa présence dans ce cours d'eau. Une telle pêche au lac Davignon en ferait autant, croit la jeune scientifique.

Autre nouvelle réjouissante, la carpe semble être la seule espèce envahissante présente dans le lac. Aucune autre espèce envahissante ne semble s'être implantée.

L'exercice de recenser les espèces de poissons est névralgique pour dresser un bilan de santé d'un lac et pour poser des gestes pour le protéger, souligne la biologiste. Le dernier inventaire effectué dans le lac Davignon, un travail effectué par le ministère des Ressources naturelles, remonte à 1978. C'est un long écart, estime Mme Picard. « Le lac a été créé à la fin des années 1960. Il n'y a eu aucun autre inventaire depuis », se désole-t-elle.

L'inventaire de 2016 va permettre d'ajouter l'achigan à grande bouche et le crapet-soleil à la liste des poissons du lac.

Anomalies

Des signes inquiétants ont également été notés, a dit Mme Picard. Le plus grave concerne les anomalies externes détectées sur les poissons. Les cas recensés ont surtout trait à des érosions des nageoires, indique-t-elle.

Dans son rapport officiel qu'elle déposera dans les prochains jours, Mme Picard avance que deux facteurs pourraient être à l'origine de l'érosion des nageoires : la température de l'eau ou la présence de nitrate dans l'eau. La qualité de l'eau, explique-t-elle, affecte le mucus sur les nageoires, ce qui les rend vulnérables.

Elle recommande au comité de pousser l'analyse plus loin, en investiguant du côté des tributaires du lac. Les problèmes pourraient trouver leurs origines de ce côté, croit-elle.

La petitesse des perchaudes suscite aussi des interrogations, dit Mme Picard. Leur taille moyenne est de moins de 200 millimètres. Dans 14,3 % des cas, elles présentent aussi des anomalies, un taux qualifié d'élevé.

Deux facteurs ou leur combinaison peuvent être responsables de la petitesse des perchaudes, indique Mme Picard. Le fait que le lac soit petit pourrait influencer leur taille et leur grand nombre pourrait réduire l'accès à la nourriture, provoquant plus de compétition.

Une analyse du contenu stomacal des perchaudes pourrait donner des indices pour expliquer la taille des perchaudes, a-t-elle dit. C'est une avenue à explorer.

Île aux mouettes

Le travail d'inventorier les espèces de poissons a mené l'équipe de Mme Picard dans tous les coins du lac. Il s'avère que le secteur est, où se trouve la fameuse île aux mouettes, est l'endroit où la plupart des poissons voient le jour. L'envasement de ce coin du lac, en raison de l'érosion des berges de la rivière Yamaska Sud-Est en amont, a créé un environnement propice à la reproduction de plusieurs espèces, surtout celles des petits poissons, souligne la biologiste.

Altérer ce secteur en enlevant des sédiments pourrait avoir des conséquences graves sur les poissons, dit Mme Picard. « Il y a une abondance de menés dans les herbiers.

C'est important de conserver ça ; c'est la pouponnière du lac. Il faut que les petits poissons puissent se cacher quelque part », soutient-elle.

Ces données scellent le sort de l'île aux mouettes, croit Marc-André Lacroix, membre du conseil d'administration du comité, et instigateur du projet de répertorier les poissons dans le lac. « On est pris avec. Elle est là pour rester. Le défi est de stopper l'arrivée des sédiments de la rivière. Il faut se concentrer sur cet aspect. Mais ça va prendre du temps », dit-il.

Ensemencer ou pas

La Ville doit-elle continuer d'ensemencer le lac ? Si oui, quelles espèces devrait-elle privilégier?

Ces questions sont d'autant plus pertinentes quand on réalise que les espèces misent à l'eau ces dernières années brillent par leur absence dans les pêches réalisées pour réaliser l'inventaire. Aucune truite arc-en-ciel ou brune n'a été capturée, et ce même si des poissons de ces espèces ont été libérés dans le lac ces trois dernières années.

Ces espèces sont présentes, croit Isabelle Picard, mais en très petit nombre. Chose certaine, affirme-t-elle, elles n'ont pas fait du lac leur maison. «Si les espèces ne se reproduisent pas, c'est que cet habitat n'est pas pour eux.»

Si le but est d'encourager la pêche, note Marc-André Lacroix, peut-être la Ville devrait elle ensemencer le lac avec des dorés. Cette espèce semble se plaire davantage dans le lac, dit-il. « On dépense des milliers de dollars pour des poissons qui ne restent pas. On économiserait pas mal d'argent avec des dorés », selon lui.

Qu'importe les espèces choisies, avertit Mme Picard, il faut être conscient de l'impact sur l'ensemble de la faune mairne. «En terme écologique, l'important est d'avoir de petits poissons pour assurer de la nourriture. Avec de l'ensemencement, on introduit de nouveaux prédateurs pour ces poissons. On perturbe l'équilibre.»




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