Julie, un exemple de résilience

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Si l'histoire de Julie Brodeur est unique, la morale de celle-ci est toutefois universelle : il faut croire en ses rêves.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) La vie ne l'a vraiment, mais vraiment pas épargnée. Malgré tout, Julie Brodeur a persévéré. Telle une fleur ayant poussé à travers la roche, la Granbyenne a traversé les épreuves jusqu'à trouver son bonheur. Jeudi, elle est venue témoigner de son parcours unique aux élèves du Centre régional intégré de formation (CRIF), là où elle a trouvé ses ailes.

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Dans le cadre de la Semaine de la persévérance scolaire, Julie Brodeur a témoigné de son parcours unique aux élèves du Centre régional intégré de formation (CRIF).

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Une première leçon : ne pas se fier aux apparences. Maman de quatre enfants, grand-maman de deux, Mme Brodeur, 39 ans est épanouie et amoureuse, a-t-elle lancé d'emblée. Mais il n'en a pas toujours été ainsi.

Enceinte de son premier enfant à l'âge de quinze ans, Julie Brodeur­ est contrainte de terminer sa 2e année du secondaire à la maison. « Parce que ce n'était pas bien vu d'avoir une bedaine à l'école », se rappelle celle qui a mis ses études sur pause le temps que sa fille atteigne l'âge de deux ans.

À son retour à l'école secondaire J.-H.-Leclerc, l'adolescente ne se sent plus à sa place. Elle entamait sa 3e année du secondaire III ; ses amis étaient finissants. « J'étais seule, je m'ennuyais dans mes cours », témoigne-t-elle.

Essais

Son passage au CRIF s'avère ardu, particulièrement en mathématiques, discipline qu'elle appelle sa « bête noire ». Mais la motivation y est. « Mon but était d'avoir un jour une carrière pour que ma fille soit fière de moi », raconte Mme Brodeur­, l'émotion dans la voix.

Elle abandonnera toutefois l'école à nouveau et se retrouvera sur le marché du travail à Montréal, après avoir suivi une formation en service à la clientèle.

La vie suit son cours, la Granbyenne tombe amoureuse. Naîtront trois enfants en deux ans et demi, après quoi la famille revient s'installer à Granby. 

L'idée de devenir répartitrice de taxi - elle exercera ce métier pendant plus de deux ans -, puis infirmière - on lui refusa la formation -, lui a effleuré l'esprit. Au terme d'une démarche en orientation, on propose à Julie Brodeur de devenir secrétaire, comptable, ou « bout de feu ». « Mais ça, il n'en était pas question. En gros, il s'agit de poser des explosifs ! » a lancé la conférencière, faisant exploser - littéralement - de rire les élèves.

La décrocheuse s'est finalement inscrite en comptabilité au CRIF, parce que le secrétariat lui faisait peur. « J'avais peur de ne jamais arriver à taper aussi vite que les secrétaires médicales ! » explique-t-elle.

Persévérer, coûte que coûte

En fin de parcours, Mme Brodeur se fait confiance : elle s'inscrit au cours de secrétariat avec pour unique objectif de travailler pour la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC). Entre temps, elle travaille au CRIF en tant que secrétaire. C'est d'ailleurs sa voix qu'on peut entendre dans le système téléphonique automatisé du centre.

La mère monoparentale réussit à obtenir un diplôme malgré d'autres aléas de la vie. Son rêve se réalise enfin lorsqu'en 2013, la CSVDC l'embauche. Puis, elle grimpe les élechelons.

En cours de route, son coeur est brisé plusieurs fois, notamment en raison de plusieurs décès dans son entourage et d'autres événements tragiques la touchant elle et sa famille. Des problèmes de santé l'affectent aussi. 

Mme Brodeur demeure résiliente. « J'ai décidé de continuer à me battre et de persévérer », a-t-elle affirmé à l'assistance qui jusqu'alors était pendue à ses lèvres, parfois les larmes aux yeux.

Message

Si l'histoire de Julie Brodeur est unique, la morale de celle-ci est toutefois universelle : il faut croire en ses rêves. « Je n'ai pas tout ce que je veux dans la vie, mais chaque jour, j'y aspire de plus en plus », a-t-elle fait savoir.

Aux élèves, elle a donné de l'espoir. Le succès est à la portée de tous. « Prenez toutes les ressources que vous avez pour vous. Donnez-vous la chance d'avancer et de persévérer, parce que tout le monde peut réussir. »

« Je sus fière de tous vous autres, même si on ne se connaît pas, a-t-elle ajouté. Vos profs veulent que vous réussissiez, a-t-elle ajouté. C'est pour ça qu'ils vous tapent parfois sur les nerfs ! »

« Le CRIF, je l'ai de tatoué sur le coeur. J'ai aimé étudier ici, j'ai aimé travailler ici. J'espère avoir la chance d'y revenir. »

Chaque année, le CRIF offre de la formation à plus ou moins 2000 élèves inscrits à temps plein, à temps partiel ou à distance à la formation générale, à l'un de ses 11 programmes de formation professionnelle ou à l'un de ses quatre attestations de spécialisation professionnelle.




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