Vent de sympathie pour les poules urbaines

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Il y avait foule mercredi soir dans la salle du conseil à Granby pour la consultation publique sur les poules urbaines.

Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Un fort vent de sympathie pour la garde de poules en milieu urbain a soufflé sur la salle du conseil municipal de Granby mercredi soir, dans le cadre de la consultation publique sur ce projet. Mais cela n'a pas empêché certains citoyens d'exprimer clairement leur opposition.

En aucun temps, cela n'a toutefois donné lieu à une confrontation entre les « pro » et les « anti » poules. La rencontre, de plus de deux heures, s'est déroulée dans le respect, s'est réjoui au terme de la soirée le conseiller municipal Stéphane Giard, qui agit aussi à titre de président du comité de travail chargé d'étudier la question et de formuler des recommandations au conseil municipal.

« L'idée était d'alimenter le comité pour avoir d'autres arguments, d'autres visions, auxquels il n'aurait pas pensé, pour être en mesure de prendre une décision éclairée », a fait valoir M. Giard.

Et les interventions, formulées même parfois par des enfants, n'ont pas manqué au cours de la soirée. Le jeune Mathis Lessard est un de ceux qui ont livré un plaidoyer senti pour les poules urbaines. Lui et sa famille ont déjà deux poules et le voisinage ne s'est jamais plaint, a-t-il assuré. 

Un constat s'est d'ailleurs imposé au cours de la soirée : plusieurs Granbyens possèdent déjà un poulailler « illicite », sans que cela génère un flot de plaintes. Lise Deslauriers, présidente de la Société d'horticulture de Granby, est du lot. Elle et son voisin ont bâti « le plus beau château des poulaillers », a-t-elle dit. Un autre citoyen, Luc Laboissonnière, a également reconnu avoir des poules avec un ami. « Ça serait bien que ce soit encadré », estime-t-il. 

Encadrement

S'il y a un point sur lequel tous les citoyens se sont d'ailleurs entendus, c'est sur l'encadrement qui devrait accompagner un éventuel changement à la réglementation. L'urbaniste senior et chargé de projets au développement du territoire à la Ville de Granby, Dominique Desmet, a par ailleurs présenté au début de la rencontre les différentes dispositions incluses dans la réglementation des villes qui ont montré une ouverture aux poules urbaines, comme Drummondville, Gatineau et Cowansville. 

Superficie des terrains, des poulaillers et des volières, nombre maximal de poules, marges à respecter, permis ou licence à obtenir ; les normes à remplir sont nombreuses pour ceux qui veulent accueillir des poules sur leur terrain. Et les économies ne sont pas forcément au rendez-vous, a souligné Stéphane Giard.

Certains citoyens ont toutefois exprimé des craintes au sujet de l'abandon de poules ou de la disposition des carcasses que pourrait entraîner une modification à la réglementation. « Je veux que ça soit bien encadré. Il y a des gens qui ont de la misère à garder un chat », a déploré Carole Ménard, qui réside à Sainte-Cécile-de-Milton. 

Le Granbyen Luc Côté est un de ceux qui s'opposent aux poules urbaines. Un de ses voisins a un poulailler et il dit devoir endurer une odeur de fumier. Il s'inquiète aussi des effets que pourrait avoir le fumier mal disposé sur son puits artésien.

Réal Demers croit aussi qu'il y a « plus d'inconvénients que d'avantages » aux poules urbaines. 

Recommandations

Une citoyenne, Luce Bérard, a cependant souligné qu'« en 2050, neuf milliards d'humains vivront sur la Terre ». « Il faudra aussi que l'alimentation vienne des villes », a-t-elle fait valoir. 

Karl Deschamps, qui se définit comme un « pro-poule, mais pas un pelleteux de nuages », a, de son côté, avancé qu'une formation pourrait être avantageuse pour ceux qui souhaitent avoir des poules. « Et pourquoi pas à la Ferme Héritage Miner ? », a-t-il glissé.

Le groupe de travail chargé d'étudier la question des poules urbaines se réunira prochainement afin de formuler des recommandations aux élus : statu quo ou changements à la réglementation. Ce sont les membres du conseil municipal qui, ultimement, auront le dernier mot, précise Stéphane Giard.




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