Granby s'entend avec ses policiers

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«Il s'est finalement créé un canal de communication», se réjouit le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, Frédéric Boulet.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby a réussi à faire la paix avec ses policiers et policières. Une entente de principe a été conclue pour le renouvellement de leur convention collective. Et, point important, le nouveau contrat de travail s'étire jusqu'en 2020.

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«On a été capables de s'asseoir face à face et de se dire les vraies choses», dit Jocelyn Dupuis, le président du comité des ressources humaines et des finances.

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Le conseil municipal a entériné à l'unanimité cette entente de principe, lundi soir à l'occasion d'une séance extraordinaire du conseil. La «très grande majorité» des membres de la Fraternité des policiers et policières de Granby, réunis en assemblée générale la semaine dernière, y a aussi donné son aval, a confirmé lundi le président du regroupement-, Frédéric- Boulet. 

«C'est un moment mémorable. Nous pouvons maintenant regarder vers l'avenir. (...) Être capable de signer une convention collective sans avoir recours à l'arbitrage, c'est merveilleux», s'est réjoui lundi le conseiller municipal et président du comité des ressources humaines et des finances, Jocelyn Dupuis. 

Car le recours à l'arbitrage était devenu monnaie courante entre la Ville et ses policiers pour établir les contrats de travail au cours des dernières années. Et souvent, ces contrats étaient déjà échus au moment de leur conclusion. Il s'agit en fait de la première entente négociée depuis 2008. 

Au cours des derniers mois, les relations étaient, une fois de plus, devenues difficiles entre les deux parties. Le maire Pascal Bonin ainsi que les conseillers Jocelyn Dupuis et Joël Desmarais avaient d'ailleurs fait une sortie médiatique en novembre 2016 pour dire que la «confiance est brisée». Mais, visiblement, le dialogue a repris. La nouvelle convention s'échelonne du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2020.

«On a été capables de s'asseoir face à face et de se dire les vraies choses. On avait un problème de relation de travail avec les policiers. On a écouté ce qu'ils avaient à nous dire», reconnaît Jocelyn Dupuis. 

Hausses salariales

«Ce que je trouve le plus important dans l'entente et dans la démarche, c'est qu'il s'est finalement créé un canal de communication. L'employeur a fini par prendre connaissance de ce qui se passe au poste de police, des revendications et des besoins des policiers», a commenté pour sa part Frédéric Boulet. «J'espère que cette façon-là de communiquer va faire des petits. C'est la plus grande des victoires à mon avis », a ajouté M. Boulet, tout en précisant que l'acceptation de l'entente était recommandée aux membres, même si l'ensemble des revendications n'a pas été obtenu. 

La nouvelle convention collective des policiers prévoit des augmentations salariales annuelles de 2,5 %, à l'instar des cols bleus et des cols blancs, pour les années 2014, 2015 et 2016. Mais, particularité: les policiers auront aussi droit à une hausse annuelle supplémentaire de 0,5 % pour ces trois années à titre de «rattrapage salarial». «Les policiers pourront mieux se comparer avec leurs comparables. Souvent, ils nous disaient qu'ils étaient moins bien payés», dit M. Dupuis. 

De 2017 à 2020, la hausse sera de 2 % par année, ajoute-il.

Autres gains

Les policiers ont notamment dû faire des concessions au sujet du ratio de vacances, qui prévoit le nombre d'employés pouvant être simultanément en vacances. Il n'a pas été inclus dans la convention collective, comme ils le souhaitaient. Mais la politique a néanmoins été améliorée, dit Jocelyn Dupuis.

L'horaire de travail des policiers qui s'échelonnait sur quatre jours de travail de 10 heures chacun n'existe plus non plus. «Ils vont faire des semaines de 37,8 heures. Ça va répondre aux besoins de la population et ça va permettre aux policiers d'avoir un meilleur équilibre entre le travail et la vie personnelle», note M. Dupuis.

Un poste d'enquêteur jeunesse sera créé. D'autres bénéfices tels que l'augmentation des primes de quart et des bonis d'ancienneté ainsi que la mise à niveau des congés sociaux sont aussi prévus.

La signature officielle du contrat de travail est prévue lundi prochain. Les policiers recommenceront à porter leur uniforme complet à partir- de ce moment. 

Le maire Pascal Bonin a tenu à souligner le travail des membres du comité de négociation, notamment celui de Jocelyn Dupuis qui, à titre d'ex-président du syndicat des employés des Aliments Ultima, a «une longue feuille de route en matière de négociation». «Je lui donne tout le crédit. Il a travaillé fort. Ça fait huit ans que je suis à la Ville et ça fait huit ans qu'on était en conflit avec les policiers. (...) En espérant que les gens se souviennent de M. Dupuis en campagne électorale et de ce qu'il a réussi parce que ce n'était vraiment pas un dossier facile», a-t-il dit.

Le président de la Fraternité des policiers, Frédéric Boulet, a pour sa part dit souhaiter que le nouveau climat harmonieux se maintienne car la Ville et ses policiers devront bientôt se rasseoir à la même table, mais cette fois-ci pour statuer sur l'application de la Loi 15 et du régime de retraite, qui n'a pas encore fait l'objet de discussions.

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