Transport aérien: « Les régions veulent avoir leur part du marché »

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Le directeur de l'aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais, est d'avis qu'Ottawa devra rehausser substantiellement le financement des aéroports en dehors des grands centres urbains.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le Comité sur les aéroports régionaux de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) vient de tenir sa première réunion. Le directeur général de l'aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais, fait le point sur cette rencontre, de laquelle découle un plan d'action ciblant les « besoins prioritaires » de ces organisations à travers la province.

L'heure est au bilan pour les aéroports régionaux, qui tentent de sortir la tête de l'eau dans le marché du transport en mutation. 

Selon M. Blais, la réunion du comité piloté par l'UMQ à Québec, mercredi, est la prémisse d'un vaste chantier pour remettre à l'avant-scène les aéroports en dehors des grands centres urbains. La première étape consistera à « documenter les besoins des aéroports régionaux en investissements, tant dans les infrastructures qu'en équipements pour les cinq prochaines années », a-t-il indiqué en entrevue. 

En ce sens, une firme doit être embauchée sous peu pour sonder les dirigeants d'aéroports régionaux à travers la province. L'enquête devrait être complétée « d'ici quelques mois », a mentionné M. Blais. Celle-ci portera plus précisément sur les « coûts liés au maintien et au développement des pistes, des voies de circulation et des aires de stationnement ainsi qu'à l'acquisition et à la réfection d'équipements de service, de sécurité, d'entretien et d'accueil », a fait valoir l'UMQ par voie de communiqué. 

« Ensuite, on pourra approcher les gouvernements [fédéral et provincial], chiffres à l'appui, pour obtenir du soutien financier », a poursuivi le DG. Par ailleurs, le comité de l'UMQ considère incontournable qu'Ottawa injecte 50 M$ sur quatre ans dans le Programme d'aide au transport aérien.

Compétitivité

L'amélioration de la compétitivité des aéroports régionaux québécois fait également partie des principaux axes d'intervention préconisés par le comité de l'UMQ, présidé par le maire de Gaspé, Daniel Côté. La diminution du montant à débourser pour un vol par les consommateurs vient en tête de liste à ce chapitre. « Le prix astronomique des billets d'avion pour les dessertes régionales est un frein au développement économique et touristique, en plus de représenter un enjeu important pour la mobilité des gens. La problématique est complexe et répandue dans toutes les régions, alors nous devons travailler à élaborer des pistes de solutions, de concert avec les autres paliers de gouvernement », a soutenu M. Côté.

Robert Blais abonde dans le même sens. Ce dernier est d'avis que la fiscalité « n'est pas avantageuse » pour les aéroports d'ici. « Au Québec, les aéroports nationaux paient des loyers au gouvernement fédéral, ce qui constitue des sources importantes de revenus pour [l'État]. Alors que dans d'autres pays, les services aériens sont exonérés de taxes pour être plus compétitifs. Il faut revoir tout ça », a-t-il laissé entendre.

Selon M. Blais, les aéroports régionaux sont en voie de sortir de l'ombre. « On a stagné depuis un bout. Mais il y a un momentum. Il y a du potentiel dans le transport de passagers. Ça augmente partout à travers le globe. Les régions veulent avoir leur part du marché », a-t-il dit, citant en exemple l'aéroport de Plattsburgh. « Là-bas, 85 % des voyageurs sont Canadiens. Comme c'est un aéroport plus petit, les frais sont moins élevés qu'à Montréal, Ottawa et Québec. Avec des tarifs attrayants, des aéroports frontaliers comme Bromont et Sherbrooke pourraient attirer cette clientèle, mais aussi plusieurs Américains. »

Douane automatisée 

L'installation de bornes électroniques de douane pourrait notamment être envisagée pour abaisser les coûts des vols passagers dans les plus petits aéroports, a fait valoir Robert Blais. Ces systèmes automatisés sont en fonction dans quatre aéroports internationaux canadiens : Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. L'ajout d'une douzaine de bornes à Montréal-Trudeau a permis d'accroître l'efficacité du processus douanier de 40 %, rapportait La Presse. Simples à utiliser, ces équipements requièrent la plupart du temps un préposé qui aide les voyageurs à s'y retrouver. Ceux-ci doivent d'abord faire scanner leur passeport avant de prendre la pose devant la caméra, pour ensuite répondre à une série de questions à l'écran du guichet. Si toutes les informations sont conformes, un reçu est délivré puis vérifié par l'agent en poste. « Il faut arrêter de travailler en silo. Il y a plein de pistes de solutions, a soutenu le DG de l'aéroport Roland-Désourdy. Je crois que le comité est un bon moyen de les partager et d'obtenir une écoute des gouvernements. »

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