Attentat à Québec: solidarité et recueillement

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Dans une atmosphère de solidarité et de recueillement, plusieurs Granbyens, chandelle à la main, sont allés exprimer leurs condoléances aux musulmans de Granby.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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(Granby) Malgré un froid mordant, plus d'une centaine de personnes de toutes les provenances se sont réunies, lundi soir, devant le Centre culturel islamique de Granby pour démontrer leur solidarité envers la communauté musulmane au lendemain du terrible attentat survenu à la mosquée de Sainte-Foy.

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La vigile a été organisée spontanément par Cyrille Gibeault (à droite), qui a été très touché par la tragédie.

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La vigile a été organisée spontanément par Cyrille Gibeault, qui a été très touché par la tragédie. «Je ne voulais pas m'imposer aux gens d'ici, mais je voulais leur démontrer du soutien et je ne veux pas me cacher pour le faire. J'ai eu beaucoup de peine. Si c'était arrivé dans une église, je suis convaincu qu'ils auraient fait la même chose », a laissé tomber M. Gibeault, tentant tant bien que mal de réprimer ses sanglots. 

«C'est une journée noire. Nous savons que ça ne reflète pas la société québécoise. Il ne faut pas que ça se répète. Tout ça passe par l'éducation de nos jeunes, en démontrant de l'ouverture et de la tolérance», a souligné Kader Omrani. 

Dans une atmosphère de solidarité et de recueillement, plusieurs Granbyens, chandelle à la main, sont allés exprimer leurs condoléances aux musulmans de Granby. Ils ont été chaleureusement remerciés. «Dimanche, c'était une journée émotive, pour les mauvaises raisons-. Aujourd'hui, c'en est une autre, mais pour les bonnes raisons, car nous voyons que nous sommes aimés et soutenus», a confié Boujemaa El-Ouaqaf.

«Dans cette histoire, il y a réellement sept victimes. Ce jeune Québécois, perdu, est en une, il ne faut pas l'oublier. Il a commis un geste terrible, oui. J'espère que nous réussirons à le récupérer», a souhaité tout haut M. El-Ouaqaf.

Leila Guedider acquiesce. «Il est tout jeune et cette décision va le suivre toute sa vie. Il va se retrouver en prison alors qu'il ne savait clairement pas ce qu'il fait. Il a une famille qui va également souffrir de ce qu'il a fait», déplore la dame, à Granby depuis 9 ans. 

«Quand j'ai appris le drame, j'ai pleuré, à cause des six vies innocentes qui ont été fauchées, qui ont été abattues lâchement. Il ne faut pas que ça se répète», ajoute-t-elle.

Saïd Raouchi n'aurait jamais cru qu'un tel événement aurait pu se produire au Québec. «En 11 ans (de vie ici), je n'aurais jamais pensé ça. Je ne pouvais pas y croire. Je suis encore choqué. C'est un très beau pays, ici, où on peut réaliser nos rêves. Je suis tellement reconnaissant que les gens nous appuient dans cette terrible épreuve. Je suis fier d'être Québécois», affirme-t-il.

«Nous ne pouvons pas dire que le Québec est islamophobe, après un geste isolé comme celui-ci, renchérit Jean-Pierre Blanchet, un Granbyen qui parraine une famille syrienne d'Alep. Nous devons nous montrer solidaires envers les musulmans. Je crois qu'en démontrant de l'ouverture, ça va unir les communautés.»

Dans la région, des vigiles ont également eu lieu à Sutton et à Cowansville. Il a été impossible de s'entretenir avec des organisateurs pour connaître le nombre de participants. 

Tout le Québec a mal

Après plusieurs minutes à l'extérieur, au froid, les responsables du Centre culturel islamique de Granby ont invité les gens à entrer pour se réchauffer. «Vous êtes toujours les bienvenus ici, a glissé le président du Centre culturel, Hamid Ouguedir. Faites comme chez vous.»

«La mosquée à Québec, c'est une petite salle dans le même genre que vous voyez ici...», a ajouté Boujemaa El-Ouaqaf.

À 19 h, l'heure de la prière de Icha (prière du soir) a sonné. «Vous pouvez rester en retrait pendant que nous prions», a mentionné M. Ouguedir, alors que les non-musulmans observaient un silence empli de respect.

Au terme de quelques minutes de recueillement, pendant lesquelles les émotions ont pris le dessus pour certains, Hamid Ouguedir a pris la parole, essayant de trouver un sens au geste insensé survenu la veille, pratiquement au même moment. 

Il a tracé un parallèle entre la tuerie de l'École polytechnique et celle de la veille. «C'est un événement qui est gravé dans la mémoire des Québécois. Un geste qui n'a encore aujourd'hui aucun sens, comme ce qui est survenu hier. Un geste qui fait mal à tous les Québécois présentement», a-t-il dit aux fidèles.

«Le Québec, c'est comme un corps. Une partie souffre présentement, mais tout le monde ressent la douleur. Nous allons nous donner le temps qu'il faut pour guérir les blessures. Nous allons sortir de cette épreuve plus forts. Merci infiniment pour le soutien de tous...»

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