Entre indifférence et espoir

Paulette Legault compte laisser sa chance au coureur,... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Paulette Legault compte laisser sa chance au coureur, gardant espoir qu'il pourrait accomplir de grandes choses.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Richford, Vermont) Entre deux clients venant récupérer ou déposer un colis au Pinnacle Peddler, Paulette Legault écoute d'une oreille attentive la cérémonie d'assermentation du président élu Donald Trump, diffusée en direct sur son téléphone cellulaire. La Vermontaise aux racines canadiennes n'aime pas sa manie de tweeter. « Pourtant, il faudra s'y faire », soupire-t-elle.

La résignation décrit bien l'état d'esprit dans lequel la femme se trouve. « J'essaie d'être optimiste et positive, nous raconte-t-elle les larmes aux yeux, mais il est tellement différent. »

Mais comme elle ne peut rien y faire, Mme Legault compte laisser sa chance au coureur, gardant espoir qu'il pourrait accomplir de grandes choses. « J'espère qu'il va remplir ses fonctions et écouter les gens qui l'entourent, souhaite-t-elle. Parce que ce que nous avons accompli (comme pays), nous l'avons fait ensemble. Ce n'est pas le fruit du travail d'une seule personne. »

D'ailleurs, souligne-t-elle, il est temps que la ligne de parti cesse de nuire à l'avancement du pays. « Ce serait bien qu'après toutes ces années, nous ayons quelqu'un qui rallie les Démocrates et les Républicains, avance Mme Legault. Qu'il le fasse pour le peuple. »

« Le président Obama méritait plus de reconnaissance, poursuit-elle. Il aurait pu faire encore plus pour notre pays, mais la ligne de parti l'en a empêché. »

Résignation et incrédulité

Plusieurs citoyens de Richford, petite municipalité du Vermont où s'est rendue La Voix de l'Est pour prendre le pouls des électeurs, se sont montrés résignés, voire indifférents face à l'accession au pouvoir de M. Trump.

« Les gens réagissaient beaucoup plus au lendemain de l'élection, nous raconte la propriétaire d'un dépanneur n'ayant pas voulu se nommer. Maintenant, on n'en parle plus vraiment. »

« Je n'ai même pas voté », admet pour sa part Alexis Letendre, marquant une pause avant de reprendre : « Je n'approuve pas toutes ses idées, mais je ne crois pas qu'il fera d'horribles choses non plus. »

Un peu plus loin, un trio de travailleurs soupire lorsque nous leur demandons ce qu'ils pensent de l'accession du milliardaire à la plus haute fonction de la nation. Tous trois sont de fiers partisans du sénateur démocrate local Bernie Sanders. « Je ne peux pas croire qu'il est le meilleur homme que nous ayons trouvé, déplore Andy Blake. En fait, je ne peux pas croire que nous n'avions le choix qu'entre lui et Hillary ! »

Changement bienvenu

Un peu plus loin, le gérant d'une station-service Gulf nous confie avoir voté pour Donald Trump. Mais vu l'allégeance démocrate qui prévaut dans le coin, il n'est pas prêt à le dire haut et fort, c'est pourquoi il refuse de nous donner son nom. Pourtant, à Richford, 388 personnes ont choisi l'homme d'affaires alors que 324 lui ont préféré l'ex-Première dame Hillary Clinton.

« C'est la meilleure chose qui pouvait arriver à l'Amérique, affirme-t-il tout de même. Nous avions besoin d'un grand changement. »

C'est ce que croit également C.B. Chryst, qui regardait la cérémonie dans le confort de son foyer, non loin de la frontière canadienne. « Je suis vraiment content, nous a-t-il déclaré, même s'il dit se sentir un peu seul dans sa situation. Ça fait huit ans qu'on attend un changement d'administration. C'est merveilleux. »

Son porche est orné d'un drapeau américain, mais aussi de l'étendard de l'État du Mississippi. L'Américain l'y a fièrement accroché pour protester contre la décision du gouverneur du Vermont d'y bannir les voyages officiels des employés de l'État en raison de l'adoption d'une loi permettant la discrimination envers les membres de la communauté LGBT pour des motifs religieux.

L'Amérique repose sur les libertés individuelles, c'est pourquoi M. Trump était l'homme de la situation, indique M. Chryst. « Il va ramener des emplois au pays, il va sécuriser nos frontières, il va diminuer l'immigration illégale et faire cesser le trafic de drogue venant de l'étranger », énumère-t-il, confiant que l'ancienne vedette de la téléréalité The Apprentice remplira sa promesse de rendre sa grandeur au pays (Make America Great Again). 

Lors du scrutin, tenu le 8 novembre dernier, le Vermont avait choisi Hillary Clinton à 56,7 %. Donald Trump avait fini second avec 30,3 % des voix.

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