Les paramédics de Granby jugent leurs effectifs insuffisants

Le président de syndicat des paramédics de Granby,... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Le président de syndicat des paramédics de Granby, Jean Papineau, réclame une rencontre avec le ministre Gaétan Barette.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Les paramédics de Granby interpellent le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, au sujet des ressources ambulancières qu'ils jugent insuffisantes, ce qui entraîne, selon eux, des délais d'intervention supplémentaires. Ils proposent également la mise en place d'un schéma de couverture de risques pour le secteur préhospitalier.

Une missive exposant la situation et réclamant une rencontre avec le ministre Barrette a été acheminée à son cabinet mercredi par le président du syndicat de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ), section Granby, Jean Papineau. « Il y a une urgence parce que la population en souffre. Il y a des conséquences à ce manque d'effectifs », dit-il. 

Ce n'est pas la première fois que les paramédics sonnent l'alarme concernant le manque de ressources à Granby. En septembre, le syndicat a dénoncé publiquement que, depuis 15 ans, le nombre de ressources n'a pas changé, c'est-à-dire que trois ambulances sont disponibles de jour et deux la nuit. Les paramédics répondent non seulement aux appels d'urgence à Granby, mais également dans quelques municipalités voisines. 

Le président revient à la charge et cette fois-ci, il interpelle le ministre. En entrevue avec La Voix de l'Est, il a cité en exemple deux récentes interventions où il n'y avait aucune ressource disponible à Granby pour répondre aux appels d'urgence. Ce sont leurs homologues de villes voisines qui sont intervenus. Et dans les deux cas, le délai a frôlé les 20 minutes. 

« On parle d'un arrêt cardio-respiratoire qui a pris près de 20 minutes et un autre patient au niveau clinique qui a régressé, ce qui a amené des complications. Une prise en charge rapide ça amène un traitement rapide et une sortie rapide de l'hôpital. Mais l'inverse est aussi vrai », explique M. Papineau, en précisant que si les paramédics avaient été en caserne à ce moment-là, le délai d'intervention estimé aurait été de cinq ou six minutes. 

Schéma de couverture de risques

Dans sa lettre adressée à Gaétan Barrette, le président du syndicat lui propose également d'élaborer un schéma de couverture de risques, similaire à celui dont disposent les services de sécurité incendie, pour mieux cibler les besoins et les ressources nécessaires. « J'aimerais intégrer le schéma au préhospitalier, ce qui permet d'évaluer les besoins sur un territoire X. Il y a des facteurs qui nous permettent d'établir un certain nombre d'ambulances qui devrait théoriquement suffire à la demande, ce qui n'est pas le cas en ce moment. »

La population, le nombre de transferts interhospitaliers - ce qui peut mobiliser une ambulance pendant deux ou trois heures selon le syndicat -, le nombre d'hôpitaux et de CHSLD seraient entre autres pris en considération dans le calcul. 

M. Papineau évoque également dans sa lettre le rapport « Services préhospitaliers : urgence d'agir» rédigé en 2014 et dans lequel des recommandations sont notamment destinées aux paramédicaux. Il est entre autres question de transports alternatifs à l'ambulance. « Avant de mettre des transports alternatifs, nous devrions statuer la quantité nécessaire pour un secteur X en évaluant les risques, les besoins. Et à partir de ce moment-là, on verra », dit-il. 

Les paramédics sont en attente du renouvellement de leur convention collective. La grève qui devait débuter jeudi a été repoussée. Jean Papineau affirme qu'une fois que la convention collective sera signée, le dossier du manque de ressources devra être complété. 

Le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux n'a pas commenté le dossier en raison des négociations actuelles. « Il faut replacer la sortie du syndicat dans le contexte actuel. Les ambulanciers sont en négociations de leur contrat de travail. Or, le ministère de la Santé n'est pas leur employeur, mais ce sont les compagnies ambulancières. Ainsi, nous ne nous immiscerons pas dans les négociations entre des employés et leur employeur », a fait savoir par courriel Julie White, l'attachée de presse du ministre Gaétan Barrette. 

M. Papineau a reçu un appel du cabinet du ministre, jeudi, qui accusait réception de sa lettre qui sera étudiée.

Sa lettre a également été acheminée au député de Granby, François Bonnardel. « Il faut qu'on s'active parce que pendant ce temps-là, des gens en paient un fort prix », conclut M. Papineau.

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