Poursuite pour voies de fait: l'agresseur absent au procès

Le défendeur, Pascal Privé, ne s'est pas présenté... (archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Le défendeur, Pascal Privé, ne s'est pas présenté au tribunal.

archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Cowansville) Le procès au civil d'un homme accusé d'avoir attaqué un patrouilleur bénévole d'une réserve écologique s'est déroulé en l'absence du principal intéressé, lundi.

«Je ne suis plus comme avant», a déclaré... (La Voix de l'Est) - image 1.0

Agrandir

«Je ne suis plus comme avant», a déclaré le demandeur, Lucien Roy, qui dit avoir tout perdu à la suite de l'agression subie en juillet 2010.

La Voix de l'Est

Pascal Privé, un récidiviste de 40 ans, avait déjà annoncé qu'il ne se présenterait pas au palais de justice de Cowansville pour assurer sa défense. Selon les informations obtenues par La Voix de l'Est, l'homme de Stukely-Sud a de plus congédié son avocat, la semaine dernière, estimant qu'il avait assez dépensé dans ce dossier et qu'il «ira en prison de toute façon».

Il fait partie de la quarantaine de suspects arrêtés lors de l'opération Muraille, en juin dernier, et accusés de faire partie d'un réseau de trafic de drogue dans la région de Granby. Déjà doté d'une feuille de route criminelle bien garnie, M. Privé est présentement en liberté sous conditions.

Il s'affairerait aussi à détourner ses actifs afin d'éviter d'avoir à payer un éventuel dédommagement à Lucien Roy, 51 ans, qui a eu la malchance de le croiser dans le Parc des montagnes vertes du Canton- de Potton, en juillet 2010, et qui lui réclame aujourd'hui 1,3 M $.

L'avocat de M. Roy, Me Paul Kalash, a fait ces allégations au juge Claude Villeneuve, de la Cour supérieure, qui a entendu la cause malgré l'absence de toute défense. Le procès était prévu depuis plusieurs semaines. 

Perte

Me Kalash déposera aussi une requête pour exécuter une saisie avant jugement afin que son client s'assure d'un certain dédommagement. M. Roy était enseignant de mathématiques au cégep, mélomane et grand sportif avant d'être attaqué par-derrière par Pascal Privé. Il a tout perdu.

Ce jour-là, il avertissait un groupe de 17 randonneurs qu'ils ne pouvaient circuler en VTT dans le parc. Le coup à la tête l'a d'abord assommé, puis laissé avec une double perforation du tympan et des séquelles permanentes. Il éprouve aujourd'hui des problèmes de mémoire, d'audition, de concentration et de dépression. Il panique rien qu'à se remémorer l'attaque et peine à garder un emploi. Il ne peut évidemment plus enseigner.

«J'aimais beaucoup enseigner, a déclaré M. Roy à la cour en sanglotant. Aider les gens, c'était naturel pour moi. Là, je ne suis plus comme avant. Je n'ai plus confiance en moi et j'ai pensé au suicide. J'ai tout le temps peur que quelqu'un m'attaque. C'est tout le temps là. Et quand je pense que c'est fini, ça recommence. Je dois prendre des médicaments à vie.»

Après l'attaque, il a trouvé la force de se relever et de courir. «Je me suis dit: s'ils me rattrapent, ils vont me tuer.» Son agresseur, Pascal Privé, a déjà été trouvé coupable en cour criminelle. Costaud, tatoué et amateur d'arts martiaux mixtes, il serait «collecteur» pour un groupe de motards criminels, selon M. Roy. 

«C'est une personne très dangereuse. (...) Des gens comme ça, il faut que ça arrête à un moment donné.»

Témoins

Deux témoins de l'attaque, Steve Hutchins et Mylène Aubry, ont aussi témoigné à la demande de la poursuite. Ils faisaient partie du groupe de quadistes délinquants et ont identifié M. Privé comme étant celui qui a asséné le coup de poing principal. D'autres coups ont été portés après que la victime se fut écroulée par terre.

M. Hutchins a déclaré qu'il n'avait pas participé à l'agression, ce que M. Roy a contesté par la suite, soutenant qu'il l'avait tenu par la gorge avant que Pascal Privé ne le frappe. La poursuite ne vise toutefois que ce dernier.

En début d'audience, Me Kalash a fait témoigner une employée de Retraite Québec et une du Cégep de Sherbrooke afin de préciser les revenus que M. Roy aurait reçus s'il avait pu continuer de travailler après l'attaque, et ce, jusqu'à sa retraite. Le juge Villeneuve rendra sa décision par écrit.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer