En route vers une saison de motoneige écourtée

Jean-Maurice Saumier, ancien président des Motoneigistes du corridor... (Julie Catudal)

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Jean-Maurice Saumier, ancien président des Motoneigistes du corridor permanent, supportera les agriculteurs dans leurs moyens de pression, qui visent la fermeture des sentiers de motoneiges sur les terres agricoles dès le 1er février.

Julie Catudal

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Les motoneigistes se préparent à voir leur saison écourtée. Dès le 1er février, si l'UPA et le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis, ne trouvent pas un terrain d'entente, les agriculteurs fermeront les sentiers de motoneiges qui passent chez eux.

Le bras de fer entre le gouvernement et les agriculteurs a déjà fait couler beaucoup d'encre depuis des mois, alors que l'UPA et ses membres s'opposent à la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA), qui est entré en vigueur au début de l'année. Cette réforme ferait en sorte qu'une majorité d'agriculteurs verront leur compte de taxes grimper de près de 50 %, soutient l'UPA, ce qui représente une moyenne de 1123 $ par année, par entreprise. 

« Avant, on était remboursé à 70 % pour les taxes municipales et scolaires. On va être remboursé à 78 % des taxes municipales pour les bâtiments et terres agricoles, mais les taxes scolaires on va les assumer au complet », dénonce Jérôme Ostiguy, président du syndicat de l'UPA de la Haute-Yamaska.

L'UPA avait mandaté la firme Raymond Chabot Grant Thornton pour sortir ses chiffres, tandis que le ministre Paradis a demandé au fiscaliste Luc Godbout de mesurer les impacts de cette réforme fiscale.

Cette dernière avait la réputation d'aider les agriculteurs à financer l'achat de leur ferme sur vingt ans plutôt que sur cinq. « Le ministre dit qu'il a ouvert le programme à plus de producteurs, à des petites fermes. Ce qu'on sait, c'est que ça n'aidera pas les petites fermes, mais plutôt les gentlemen farmers qui ont une autre job et deux ou trois chevaux, ajoute Réjean Racine, président du syndicat de l'UPA Brome-Missisquoi. Ce n'est pas vraiment des agriculteurs ceux-là puisqu'ils n'en vivent pas. »

La ferme laitière et de grandes cultures de M. Racine encaissera cette année une hausse de 82 % de taxes, soit 2000 $ de plus à débourser­ en une seule année.

En guise de moyens de pression, l'UPA a donc choisi de toucher une autre industrie liée à la sienne en saison froide. « La missive est donnée qu'au 1er février il y aura la fermeture des sentiers de motoneiges et de quads, dit M. Ostiguy. Il y a eu discussions avec ceux qui sont concernés, les motoneigistes, et ils ne sont pas contents, c'est sûr, mais ils veulent nous appuyer. »

Un appui

Le principal club de motoneige de la région, les Motoneigistes du corridor permanent, appuient effectivement les agriculteurs dans leurs démarches. Le club compte plus de 300 km de sentiers de motoneige, dont 80 % se situent sur territoire agricole.

« C'est jamais le fun, mais dans notre cas, c'est un privilège de passer sur ces terres-là, souligne Jean-Maurice Saumier, qui était jusqu'à quelques heures après l'entrevue avec La Voix de l'Est, président du club. Sans les terres agricoles, on n'a rien. On n'a pas le choix de respecter ce moyen de pression là. On n'a pas vraiment le choix de les appuyer et de les aider parce que, si de leur côté ça traîne, notre saison dérape aussi. Si on perd deux ou trois semaines, on perd plus de 80 % de notre hiver avec nos températures trop variantes dans la région. » 

Soucieux de conserver une bonne entente avec ces agriculteurs qui ont accepté, année après année, de donner des droits de passage, les comportements rebelles ne seront pas tolérés si les clôtures se ferment le 1er février, ajoute celui qui a consacré plus de 35 ans de sa vie à la motoneige. Il a décidé, dimanche, de devancer sa décision de léguer la présidence des Motoneigistes du corridor permanent.

M. Saumier croit également qu'un tel moyen de pression aura des répercussions bien au-delà des motoneigistes. Les entreprises qui gravitent autour, comme la restauration et l'hôtellerie de partout au Québec, seront touchées. Et comme chaque sentier forestier ou celui sur l'ancien chemin de fer qui appartient au club débouche sur une terre agricole, les sorties possibles seront écourtées de beaucoup.

Rappelons que la saison dernière a été pratiquement inexistante en raison du manque de neige.

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