Un secret bien caché mis au jour

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Tout en haut d'un des murs du bâtiment démoli cet automne, reposait une plaque de marbre sur laquelle on peut lire l'inscription: «E.T. Co Ltd 1905».

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) La vie d'une famille césairoise ayant vécu au cours du 19e siècle a été intimement liée au complexe Imperial Tobacco pendant 111 ans sans que personne s'en doute. La récente démolition d'un de ses immeubles par l'homme d'affaires granbyen Gérald Scott a toutefois révélé au grand jour un secret bien caché au coeur de l'usine centenaire.

Sont gravées sur la plaque les épitaphes d'Elzéard... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 1.0

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Sont gravées sur la plaque les épitaphes d'Elzéard Loiselle, décédé le 2 août 1886 à l'âge de 29 ans, de sa mère Tharsile Jacques, qui s'est éteinte le 7 août 1890 à 57 ans, et de l'époux de celle-ci, Toussaint Loiselle, mort le 27 novembre 1891 à l'âge de 68 ans.

Janick Marois, La Voix de l'Est

Rappelons que l'automne dernier, le gestionnaire à la tête de l'entreprise Chasco avait dû, à contrecoeur, démolir l'édifice dont il était propriétaire depuis une quarantaine d'années pour des raisons de sécurité.

Tout en haut d'un des murs du bâtiment reposait une plaque de marbre blanc d'environ 45 cm sur 90 cm sur laquelle on peut lire l'inscription : « E.T. Co Ltd 1905 », marquant l'année de construction de l'usine. « Avant de s'appeler Imperial Tobacco, ça s'appelait Empire Tobacco », rappelle M. Scott, qui souhaitait conserver l'objet en souvenir de l'endroit.

Au moment de déplacer la lourde plaque, l'un des ouvriers assignés à cette tâche a découvert une étonnante inscription à son endos. «C'était très sale. Après coup, on s'est rendu compte que la plaque était une ancienne pierre tombale», raconte M. Scott, encore étonné de cette révélation. 

Sont en effet gravées sur la plaque les épitaphes d'Elzéard Loiselle, décédé le 2 août 1886 à l'âge de 29 ans, de Tharsile Jacques, qui s'est éteinte le 7 août 1890 à 57 ans, et de son époux Toussaint Loiselle, mort le 27 novembre 1891 à l'âge de 68 ans. 

Intrigue

L'histoire de la pierre tombale, mais surtout les circonstances l'ayant menée dans les murs de l'Imperial Tobacco, a de quoi intriguer. «Avait-elle été volée dans un cimetière? La succession l'a-t-elle remplacée? Y a-t-il eu erreur? se demande M. Scott. Le fait qu'on se trouve tout juste à côté d'un cimetière rend le tout encore plus mystérieux.»

Les recherches de La Voix de l'Est n'ont pas permis de retrouver la trace de la famille Loiselle du côté des cimetières de la Paroisse Notre-Dame. Même chose aux cimetières catholiques de la rue Cowie et de la rue Dufferin. 

«C'est assez mystérieux, a commenté Elyse Champagne, administratrice des Cimetières catholiques de Granby, qui confirme qu'à l'époque, le marbre était utilisé fréquemment dans la confection des monuments funéraires. Est-ce que ça pourrait être des gens qui sont parents avec les propriétaires de l'usine au moment de sa construction?»

Or, une visite à la Société d'Histoire de la Haute-Yamaska nous a permis de découvrir que les Loiselle reposent au cimetière de Saint-Césaire depuis 125 ans. Une autre pierre tombale similaire, celui-là nommant le père, l'épouse et le fils en cet ordre, marque leur lieu de sépulture. 

Les hypothèses les plus plausibles laissent ainsi croire que la pierre tombale a été refaite pour respecter la hiérarchie de la famille, et que la précédente a été réutilisée lors de la construction de l'usine. 

Des recherches nous ont permis d'apprendre que, outre Elzéard, Toussaint et Tharsile ont eu au moins un autre fils, Louis-Napoléon. Celui-ci s'est marié le 16 septembre 1890 à Georgiana Audet alors que cette dernière était mineure, a-t-on pu apprendre. Il n'a toutefois pas été possible de glaner davantage d'informations sur cette famille ayant habité la région il y a bientôt deux siècles.

Gérald Scott n'a pas encore décidé de ce qu'il ferait de cette fameuse plaque. Elle repose pour l'instant dans la chaufferie du complexe, un bâtiment qui, lui, ne sera pas démoli.

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