Saint-Joachim, championne de la réanimation!

Ambulancier à Granby depuis 38 ans, Sylvain Blanchard... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Ambulancier à Granby depuis 38 ans, Sylvain Blanchard a offert de former gratuitement tous les citoyens qui le souhaitaient aux techniques de réanimation cardiaque lorsqu'il s'est installé à Saint-Joachim, en 2009. Sept ans plus tard, ce sont des centaines de personnes qui ont profité de ses enseignements.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Saint-Joachim-de-Shefford) Personne ne souhaite être victime d'un malaise ou d'un arrêt cardiaque. Mais si jamais cela vous arrive, mieux vaut vous trouver à Saint-Joachim-de-Shefford.

Environ 38 % de la population de la petite municipalité de 1332 personnes a en effet été formée en réanimation cardiorespiratoire (RCR) et en défibrillation cardiaque. C'est cinq fois plus que la moyenne canadienne­, qui se situe à 7 %.

C'est donc dire que pas moins d'un citoyen sur trois - incluant le maire René Beauregard - pourrait vous porter secours et possiblement vous sauver la vie en cas de pépin.

L'homme derrière ces statistiques étonnantes est Sylvain Blanchard, le fondateur du Groupe Réanimation­ Sauve-Vie.

Ambulancier à Granby depuis 38 ans, ce dernier a offert de former gratuitement tous les citoyens qui le souhaitaient aux techniques de réanimation cardiaque lorsqu'il s'est installé à Saint-Joachim, en 2009. Sept ans plus tard, ce sont des centaines de personnes qui ont profité de ses enseignements.

« Dans le monde de l'urgence, on sait que le taux de survie des victimes d'arrêt cardiaque diminue de 7 à 10 % à chaque minute qui passe. Ça va vite. Et à Saint-Joachim, le service ambulancier le plus près se trouve à Waterloo. L'ambulance peut prendre 12-15 minutes pour arriver. Les manoeuvres de réanimation permettent donc d'augmenter les chances de survie de la victime », note M. Blanchard.

Le doyen sauvé

Les Joachimiens en ont eu la preuve vivante, le printemps dernier, lorsque le doyen de la municipalité a subi un malaise alors qu'il mangeait au restaurant Les délices du village. Cinq personnes se sont levées d'un bond pour lui prodiguer des manoeuvres de réanimation.

« Il y avait plein de monde qui n'ont pas hésité à aller chercher le défibrillateur et qui savaient comment réagir. On a vu une preuve directe des bienfaits de cette formation. Ça ne veut pas dire que ça va toujours bien se finir, mais ce monsieur est toujours en pleine santé. Il a 94 ans, je crois, et il est souvent revenu manger au resto par la suite », raconte Christian­ Marois, conseiller municipal­ de la municipalité.

Tout comme sa conjointe, ce dernier a lui-même suivi la formation de M. Blanchard il y a quelques années. Et il aurait bien aimé avoir croisé sa route un peu plus tôt.

Il y a six ans, alors qu'il conduisait son tracteur, il a aperçu sur le bord d'une route deux personnes par terre, dont une venait d'être victime d'un arrêt cardiaque. Il avait fait son possible pour la maintenir en vie, mais n'avait finalement pas réussi à la sauver.

 « Je ne peux pas le garantir, mais je pense que si j'avais eu le cours que j'ai eu trois mois plus tard, ça aurait peut-être fait une différence. J'avais notamment peur de lui faire mal en lui poussant trop fort sur le thorax alors que c'est exactement ça qu'il faut faire... »

Ses trois frères et ses voisins ont également tous appris comment tenter de sauver une vie dans le cas d'une crise cardiaque, d'un accident vasculaire cérébral ou d'un étouffement. 

« En milieu rural comme ici à Saint-Joachim et avec le vieillissement de la population, c'est rassurant d'être entouré d'autant de personnes qui ont suivi le cours. C'est une fierté pour nous d'être à l'avant-garde à ce niveau », confie M. Marois.

À Saint-Joachim, il suffit qu'un groupe de dix personnes soit formé pour que Sylvain Blanchard se déplace gratuitement afin de leur apprendre les rudiments du RCR lors d'une formation de base de quatre heures.

L'ambulancier d'expérience souligne que toute personne âgée de 12 ans et plus peut suivre ce cours. « Le RCR est si simple que n'importe qui peut l'utiliser. Cette formation n'est pas obligatoire au Québec, mais elle est tellement utile. Et même si ça fait un temps que tu ne l'as pas fait, c'est comme patiner ou faire du vélo, tu vas être rouillé, mais ça ne se perd jamais », indique le formateur, qui a commencé à dispenser son savoir dans d'autres villages du Québec, dont le fief de Fred Pellerin, Saint-Élie-de-Caxton.

« Le massage cardiaque, ça permet d'abord d'acheter du temps pour éviter que les organes vitaux cessent de fonctionner. Que la technique soit parfaite ou non, l'important c'est de faire quelque chose », ajoute-t-il.

En plus de son temps, M. Blanchard­ a fait don de trois défibrillateurs cardiaques à la ville de Saint-Joachim-de-Shefford au cours des dernières années. Il y en a un au restaurant du village, un autre au sous-sol et l'église et un dernier à la salle des loisirs. Il prévoit en offrir un quatrième à l'école primaire l'an prochain. 

La valeur de son bénévolat des sept dernières années et des appareils donnés s'élève à un peu plus de 35 000 $. Mais pour Sylvain Blanchard­, il s'agit simplement d'une façon de s'impliquer socialement dans sa communauté.

« Pour moi, cette implication se résume ainsi : c'est ma façon personnelle­ de donner au suivant ! »

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