Pont de la rue Saint-Charles Sud:  « on se sent prisonniers »

Le report de la construction du pont de... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

Agrandir

Le report de la construction du pont de la rue Saint-Charles Sud a de fâcheuses répercussions pour la Bromontoise Ginette Gallant.

Janick Marois, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) L'optimisme de citoyens qui empruntaient le pont achalandé de la rue Saint-Charles Sud, séparant Granby de Bromont en enjambant l'autoroute 10, a fait place à un amalgame de colère et de consternation au cours des dernières semaines. Initialement prévus par le MTQ cet été, les travaux ont plutôt commencé à l'automne pour finalement être stoppés pour l'hiver.

La Bromontoise Ginette Gallant ne décolère pas contre le ministère des Transports du Québec (MTQ). Matin et soir, elle doit parcourir un chemin de contournement pour se rendre à sa boutique au centre-ville de Granby et revenir à la maison en fin de journée. Ce qui rallonge considérablement son trajet.

« Ça me prend jusqu'à une heure de plus par jour pour mon voyagement au travail. Ça n'a pas de sens !, clame celle qui habite dans le chemin Belval. Chapeau le MTQ. C'est ce qu'on appelle une bonne planification de chantier. Et qui paie la note, ce sont les citoyens. [...] Ça fait des mois que la route est coupée en deux. Dans tout ça, on se sent prisonniers. »

Huguette Boisclair, qui habite dans le chemin Paquette tout juste de l'autre côté du pont en reconstruction, abonde dans le même sens. « Ça fait deux ans que l'on entend parler que le viaduc est à refaire. Pourquoi commencer des travaux en sachant qu'on ne pourra pas les terminer avant l'hiver ? C'est certain qu'on est frustrés. Alors qu'on ne vienne pas nous dire que ça a été bien planifié. Ça cause des problèmes de circulation et des inconvénients à bien du monde », déplore-t-elle.

L'entrave routière aura aussi des répercussions sur les membres du club de motoneigistes du Corridor permanent, a soutenu le président de l'organisation, Jean-Maurice Saumier. « Normalement, on passe par le viaduc pour aller vers Granby. Comme il n'y en aura pas avant des mois, il a fallu trouver une alternative. On va devoir faire plusieurs kilomètres de plus. Ce n'est pas l'idéal, mais on doit faire avec », se résigne-t-il.

Congestion routière

La conseillère municipale du district Adamsville, Sylvie Adam, a indiqué que le report des travaux prolonge les problèmes de congestion routière, notamment dans le secteur du parc scientifique de Bromont.

« Normalement, il y a des dizaines de personnes qui passent par le pont de la rue Saint-Charles pour venir travailler à Bromont. Entre autres chez IBM et dans plusieurs entreprises du secteur. La plupart doivent maintenant passer par Pierre-Laporte. Ça cause énormément de congestion le matin et le soir. »

Une réalité corroborée par plusieurs Bromontois qui doivent depuis plusieurs mois composer avec des bouchons de circulation aux intersections névralgiques (boul. de l'Aéroport et chemin Racine) de l'artère fort achalandée.

Planification

Usé et vieilli, le pont de la rue Saint-Charles devait être rebâti. En entrevue à La Voix de l'Est en mai, la conseillère aux communications à la direction de l'Estrie du MTQ, Nadège Tessier, avait évoqué que « l'objectif est de réaliser les travaux au cours de l'été ». Or, le contrat a été octroyé le 11 juillet à l'entreprise sherbrookoise Construction Longer, pour un peu plus de 2,1 M $, stipule le système électronique d'appel d'offres (SEAO) du gouvernement du Québec.

Le coup d'envoi des travaux a eu lieu le 6 septembre. Selon Nomba Danielle, du MTQ, l'entente avec le promoteur prévoit un maximum de 24 semaines pour reconstruire l'infrastructure routière. Ainsi, un premier avis émis le 31 août par Québec mentionne que l'entrave routière sera en vigueur jusqu'au 20 décembre.

Un nouveau mémo du MTQ, daté du 9 novembre, indique la suspension des travaux deux jours plus tard, alors que tout le tablier du pont est manquant, et ce, pour toute la période hivernale. En ce sens, Mme Danielle a concédé que la planification du projet n'a pas été optimale. 

Des ratés dans l'approvisionnement de poutres d'acier seraient la cause de l'arrêt de ce chantier, a fait valoir Mme Danielle. Celle-ci a mentionné que l'entrepreneur aurait passé la commande à un de ses fournisseurs en juillet, sans toutefois être en mesure de le nommer.

Contacté par La Voix de l'Est, Pierre-Luc Auclair, chargé de projets chez Construction Longer, a confirmé du bout des lèvres que la livraison de structures métalliques a posé problème. Il a refusé de commenter davantage le dossier, prétextant que le MTQ lui interdit de le faire.

Dix semaines

La représentante du Ministère a précisé que « l'entrepreneur doit reprendre les travaux au printemps, idéalement après le dégel. À partir de cette date, il aura 10 semaines pour effectuer son mandat. [...] Le contrat s'étendait jusqu'à l'an prochain. Donc, l'entrepreneur respecte toujours le calendrier. »

Étant donné l'échéancier très serré pour reconstruire le pont, a-t-on informé Granby et Bromont de la « forte probabilité » du report du chantier au printemps, avant son lancement ?

Nomba Danielle a esquivé la question, se réfugiant derrière une vague note inscrite dans tous les avis du MTQ, voulant que les travaux puissent « être reportés à une date ultérieure en raison des conditions climatiques ou de contraintes opérationnelles ». « Du moment où c'est écrit dans l'avis, c'est acquis. Quand ça arrive, personne ne peut crier à la surprise. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer